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"Immense soulagement" pour le patron d'Orange dans l'affaire Tapie

"Immense soulagement" pour le patron d'Orange dans l'affaire Tapie

Stéphane Richard avait prévenu qu'il remettrait son mandat au conseil d'administration du groupe en cas de condamnation...

'Immense soulagement' pour le patron d'Orange dans l'affaire Tapie
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Stéphane Richard va pouvoir poursuivre l'aventure à la tête d'Orange. L'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde a été relaxé par le Tribunal de Paris dans l'affaire de l'arbitrage rendu en faveur de Bernard Tapie dans son contentieux avec le Crédit Lyonnais. Le patron de l'opérateur télécoms était jugé pour complicité d'escroquerie et détournement de fonds publics...

Le dirigeant a exprimé son "immense soulagement" après l'annonce du jugement. "J'ai vécu pendant des années avec cette accusation contre moi dont je me suis toujours défendu avec la plus grande vigueur. Aujourd'hui, c'est un immense soulagement de voir mon innocence totalement reconnue par ce tribunal", a déclaré Stéphane Richard à la sortie de l'audience.

Stéphane Richard était à l'époque directeur de cabinet de Christine Lagarde, jugée coupable de négligence le 19 décembre 2016 par la Cour de justice de la République pour avoir renoncé à un recours contre cet arbitrage mais dispensée de peine. Pour le tribunal, la preuve n'a pas été apportée qu'il ait utilisé ses fonctions de directeur de cabinet ou manoeuvré pour favoriser les intérêts de Bernard Tapie.

Saga judiciaire

Le patron de l'opérateur historique avait prévenu qu'il remettrait son mandat au conseil d'administration du groupe en cas de condamnation et l'actuel ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, avait averti qu'une condamnation, même légère, ne lui permettait pas de rester en fonctions...

Cette saga judiciaire, qui dure depuis 26 ans, a débouché sur une relaxe générale. Bernard Tapie et son épouse restent cependant condamnés à rembourser les 403 millions d'euros, comme l'a confirmé le 18 mai 2017 la Cour de cassation dans le volet civil de cette affaire. Le procureur Nicolas Baietto avait requis le 1er avril cinq ans de prison ferme à l'encontre de Bernard Tapie et trois ans de prison dont 18 mois pour Stéphane Richard.

Les six prévenus étaient initialement jugés pour escroquerie, détournement de fonds publics et complicité de ces deux infractions. Mais le tribunal n'a retenu finalement que la qualification d'escroquerie et de complicité d'escroquerie, pour décider en fin de compte que l'accusation n'avait pas apporté la preuve de la culpabilité de l'ensemble des prévenus.

Il a aussi jugé que le recours à la procédure arbitrale choisie en 2008 était "tout à fait légal", qu'il procédait d'un "choix politique affirmé et assumé par les pouvoirs publics" et n'était pas "par principe contraire aux intérêts de l'Etat".

Des salariés en larmes

Immédiatement après l'annonce de sa relaxe, des salariés d'Orange et des cadres de l'entreprise, certains en larmes, ont entouré Stéphane Richard dans la salle d'audience pour le féliciter.

"Cela va nous permettre de gérer l'avenir et les nouveaux défis du numérique avec plus de tranquillité (...), avec un président qui n'aura pas d'épée de Damoclès au-dessus de lui", a dit à Reuters Sébastien Crozier, responsable de la CFE-CGC.

Nouveau plan stratégique

La CFDT s'est aussi félicitée de cette continuité dans un "contexte concurrentiel et sectoriel bousculé" et dans l'attente de l'annonce d'un nouveau plan stratégique à 5 ans fin 2019. Dans un message interne, Stéphane Richard, reconduit l'an dernier pour un troisième mandat, a remercié "les femmes et les hommes d'Orange qui (l'ont) soutenu sans faille".

Bernard Tapie, 77 ans, figure centrale de cette saga, souffre d'un cancer et n'était pas à l'audience pour entendre la décision du tribunal de le relaxer. S'estimant floué par le Crédit Lyonnais lors de la vente du fabricant d'équipements de sports Adidas en 1993, il avait obtenu 15 ans plus tard 403 millions d'euros. Mais il était accusé, avec son avocat Maurice Lantourne, d'avoir obtenu frauduleusement cet arbitrage en collusion avec un des arbitres, Pierre Estoup, 92 ans, et avec l'aide de Stéphane Richard...

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