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Consultation

Il y a le feu à la planète Terre !

Il y a le feu à la planète Terre !

Le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat tire le signal d'alarme...

Il y a le feu à la planète Terre !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — De plus en plus nombreux sont les experts qui envisagent un futur très sombre à notre planète si rien ne change. Ils estiment ainsi que 2050 pourrait correspondre à une époque charnière, à partir du moment où, si l'être humain ne change pas ses habitudes de production et de consommation, la Terre pourrait se retrouver dans une situation dramatique et irréversible...

Les habitudes doivent changer !

Le dernier rapport du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), est en effet alarmant... Paru jeudi, il insiste sur le fait que la gestion de l'agriculture et de l'alimentation doit impérativement changer. Car la planète va être de plus en plus peuplée, et une grande partie des denrées aujourd'hui consommées en grande quantité risque de s'épuiser...

"C'est un enchaînement désastreux : des terres limitées, une population humaine en expansion en direction des 10 milliards d'habitants a relativement brève échéance, le tout enveloppé dans la couverture suffocante de l'urgence climatique", commente Dave Reay, membre du comité d'experts du Giec.

Consommer moins de viande

Le rapport propose quelques solutions qui pourraient permettre d'éviter que la situation ne dégénère. Il y a notamment trop de gaspillage dans le mode de production alimentaire des pays développés.

Par ailleurs, les pays de l'hémisphère nord consomment aujourd'hui trop de viande, un déséquilibre qu'il serait pourtant possible de rectifier si chacun diminuait sa consommation... Le Giec préconise ainsi que les pays d'Europe de l'ouest et d'Amérique du nord réduisent leur consommation de viande de 70 à 90% par endroit...

Canicules à répétition

D'ici 2050, le nombre de canicules sera multiplié par deux en France si les émissions mondiales de gaz à effet de serre ne baissent pas fortement, a prévenu la co-présidente du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat Valérie Masson-Delmotte.

L'Hexagone a été traversé par deux vagues de chaleur extrême, fin juin et fin juillet. La climatologue française et présidente du groupe de travail numéro 1 du Giec, se base sur des données de Météo France. Dans ce contexte, “les mouvements de jeunesse pour le climat ont raison d'exprimer une impatience légitime face à l'absence d'action ambitieuse et efficace pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. En 2050, nos enfants auront notre âge”, a-t-elle commenté.

Face à ces situations de forte chaleur appelées à se répéter, Emmanuel Macron a annoncé fin juin avoir demandé au gouvernement de travailler sur l'”adaptation de la société et de ses pratiques”, afin de changer son organisation, sa façon de travailler et de construire...

Signal d'alarme

Fin 2018, le Giec avait déjà tiré le signal d'alarme : "Toute augmentation supplémentaire de la température, aussi minime soit-elle, a son importance, d'autant plus qu'un réchauffement de 1,5 degré ou plus augmentera le risque associé à des changements pérennes ou irréversibles, tels que la disparition de certains écosystèmes", avait indiqué Hans-Otto Pörtner, coprésident d'un groupe de travail du Giec.

Sur 105.000 espèces étudiées, 8% des plantes, 6% d'insectes et 4% des vertébrés perdraient la moitié de leurs habitats... Ils seraient deux fois plus si le seuil atteint 2 degrés. Avec un réchauffement de 1,5 degré, 70 à 90 % des récifs coralliens disparaîtraient, alors qu'avec 2 degrés supplémentaires, la quasi-totalité serait anéanti !

Réfugiés climatiques

De même, le réchauffement climatique a un impact sur la hausse du niveau des océans. D'ici à 2100, la fonte totale en été de la banquise arctique arriverait une fois par siècle si le réchauffement est limité à 1,5 degré, mais au moins une fois tous les dix ans s'il est de 2 degrés...

La hausse du niveau de la mer a également des conséquences économiques et migratoires importantes. Plusieurs millions de personnes devront quitter leurs maisons menacées par la montée des eaux...

Réduire les émissions de CO2 de 45%

Les experts appellent donc à "des changements sans précédent"... Pour cela, il faudrait que les émissions mondiales de CO2 soient réduites de 45% d'ici 2030 par rapport à leurs niveaux de 2010. Les scientifiques indiquent également qu'il faudrait atteindre en 2050 un "bilan nul". Les émissions devraient être compensées par des dispositifs éliminant du CO2, comme le fait de planter de nouvelles forêts...

"Si l'on regarde le bon côté des choses, certains des types de mesures qui seraient nécessaires pour limiter le réchauffement à 1,5 degré sont déjà mis en oeuvre dans le monde, mais il faudrait néanmoins accélérer le rythme", précise Valérie Masson-Delmotte, la coprésidente d'un groupe de travail. Des mesures sont nécessaires dans tous les domaines : aménagement du territoire, énergie, industrie, bâtiment, transport et urbanisme.

©2019,

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