Grèce : vers un accord, ou pas ?

Grèce : vers un accord, ou pas ?

Athènes assure qu'un accord est proche, mais l'Europe et le FMI temporisent...

Grèce : vers un accord, ou pas ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Alors que les caisses de la Grèce sont quasiment vides, les informations confuses, voire contradictoires, continuent de circuler au sujet d'un possible accord entre Athènes et ses créanciers... Ainsi, depuis lundi soir, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, et son ministre des Finances, Yanis Varoufakis, assurent tous les deux qu'un accord sur la dette sera conclu dans les prochains jours... M. Varoufakis promet cet accord "d'ici à la fin de la semaine", dans une interview à la chaîne de télévision privée grecque 'Star'.

Ces informations ne sont toutefois pas confirmées du côté de l'Europe et du FMI... Selon des sources européennes, un projet circule actuellement entre Bruxelles et Athènes, mais c'est encore un document de travail. Il n'a pas encore été soumis officiellement au gouvernement Tsipras et doit d'abord faire l'objet d'un accord entre les créanciers, selon ces sources.

Un projet d'accord prévoirait le versement de 5 MdsE d'ici à juin

Du côté du FMI, le ton reste aussi à la fermeté, le fonds exigeant une nouvelle réforme du système des retraites grec, que le gouvernement Tsipras refuse de mener à court terme. Selon un texte daté du 14 mai, et qui a été publié dans la presse ce week-end, le FMI estime qu'il n'est pas question d'accepter un accord "bâclé".

Lundi, un autre document a circulé dans la presse grecque : attribué à la Commission Junker, il était jugé plutôt favorable à Athènes. Les créanciers de la Grèce proposeraient ainsi de débloquer d'ici à juin 5 milliards d'euros. Ce montant correspondrait à 1,8 MdE sur les 7,2 MdsE de prêts encore prévus dans le cadre du plan d'aide en cours, auquel s'ajouteraient des profits de 3,2 MdsE réalisés par la BCE sur la dette grecque qu'elle détient. Des plus-values que la Banque centrale européenne  s'est engagée à rendre au pays.

Concernant les déficits, les objectifs d'excédent primaire du budget grec (avant charge de la dette) seraient fixés par ce projet d'accord à 0,75 % du PIB pour 2015, 2% pour 2016 et 3,5% pour 2017 et 2018.

"Je préférerais faire défaut devant le FMI que devant les retraités"

En échange, Athènes s'engagerait à revoir son système de TVA ou encore à maintenir l'impôt sur la propriété immobilière mis en place par le précédent gouvernement. En revanche, les questions plus polémiques, comme les retraites ou la réforme du droit du travail seraient reportées à l'automne...

En attendant le dénouement de ce feuilleton qui dure depuis la fin janvier, l'état des finances publiques grecques ne cesse de se dégrader. Yanis Varoufakis a prévenu lundi soir que si un accord n'était pas trouvé rapidement, la Grèce ne pourrait pas payer en juin à la fois les salaires des fonctionnaires, les retraites et les échéances de remboursement au FMI, à qui Athènes doit encore 1,5 MdE en juin. Face à cette menace, "je préférerais faire défaut devant le FMI que devant les retraités", a martelé le ministre des Finances, faisant resurgir le spectre d'un défaut de la Grèce, en sachant qu'un tel accident de crédit pourrait forcer le pays à quitter la zone euro...

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