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Grèce : fini de jouer ?

Grèce : fini de jouer ?

Crispation entre Athènes et ses créanciers à l'approche d'un défaut de la Grèce sur sa dette

Grèce : fini de jouer ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Depuis quelques jours, l'hypothèse d'une sortie de la Grèce de la zone euro est sérieusement envisagée, compte tenu de l'impossibilité de parvenir à un compromis entre Athènes et ses créanciers. Si aucun accord est trouvé d'ici à la fin du mois, Athènes sera dans l'impossibilité d'honorer ses engagement intérieurs (retraite, salaires) et extérieurs, à savoir un remboursement de 1,6 milliard d'euros dû au FMI le 30 juin. Signe de la montée des tensions, le dernier sondage réalisé par l'agence 'Reuters' auprès d'économistes montre que le risque que la Grèce fasse défaut sur sa dette est monté à 50/50, tandis que le risque d'un "Grexit" est désormais estimé à environ 33%...

70% des Grecs veulent garder l'euro, 58% des Allemands en faveur d'un "Grexit" !

En Grèce, l'opinion publique grecque s'inquiète de plus en plus d'un possible "Grexit", qui aurait pour conséquence une forte dévaluation de la drachme, et sans doute un contrôle strict des mouvements de capitaux. Selon un sondage réalisé l'institut de sondage grec GPO, et publié mardi par la chaîne privée 'Mega TV' (proche de l'opposition), près de 70% des Grecs (69,7%) veulent que leur pays soit maintenu "à n'importe quel prix" dans la zone euro. Moins de 30% (28,9%) veulent revenir à la drachme grecque. En cas de référendum, 68,5% voteraient pour conserver la monnaie commune européenne et 7,6% choisiraient de revenir à la drachme...
 
A noter cependant que la part des Grecs estimant que la Grèce devrait rester dans la zone euro "à n'importe quel prix" a baissé de 10,6% depuis janvier dernier, où ils étaient 80,3% à vouloir rester à tout prix dans la zone euro, et 17,2% à vouloir sortir.
 
A l'inverse, en Allemagne, le principal créancier européen de la Grèce, l'opinion publique devient de plus en plus hostile à la Grèce. Un sondage de l'institut Yougov, publié mercredi matin dans le quotidien 'Die Zeit', montre que 58% des Allemands se prononcent pour un "Grexit" contre 28% qui s'y opposent et 14% qui n'émettent pas d'opinion sur le sujet.

Alexis Tsipras accuse le FMI de "responsabilité criminelle"

Après l'échec du dernier round de négociations du week-end dernier, le ton est monté mardi entre Athènes et ses créanciers. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a accusé le FMI de porter une "responsabilité criminelle" dans l'impasse actuelle, et a estimé que les créanciers voulaient "tendre des pièges" à son pays.
Par ailleurs, il a aussi semé la confusion en se disant prêt à faire "deux ou trois gestes" dans la négociation avec les créanciers (FMI, UE, Banque centrale européenne) sur un train de réformes qui permettrait le déblocage d'une nouvelle tranche de prêts.
 
De leur côté, les Etats-Unis sont intervenus dans le débat en appelant la Grèce à prendre une "initiative sérieuse" pour trouver "un compromis pragmatique avec ses créanciers" et éviter de plonger l'économie mondiale dans "l'incertitude". Après s'être entretenu au téléphone avec le premier ministre grec, le secrétaire américain au Trésor, Jacob Lew a publié un communiqué soulignant que "l'incapacité à trouver un accord créerait des difficultés immédiates pour la Grèce et une incertitude générale pour l'Europe et l'économie mondiale".
 
La chancelière allemande, Angela Merkel, a relevé que "malheureusement, il n'y a pas grand-chose de neuf" depuis dimanche, tandis que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a rejeté les accusations de M. Tspiras et a affirmé être sensible au sort des "Grecs les plus pauvres, qui souffrent plus que les autres en Europe des ajustements qu'ils ont dû subir".

Etape décisive

La prochaine étape décisive aura lieu jeudi, date de la prochaine réunion de l'Eurogroupe, même si peu d'observateurs se risquent à parier sur un accord. Si Athènes n'accepte pas de mener des réformes structurelles supplémentaires, notamment en matière de retraites et de la TVA, les créanciers refuseront de lui verser le solde de leur plan d'aide (7,2 MdsE), ce qui devrait précipiter le pays dans la défaillance à très court terme. Cette situation pourrait forcer la Grèce à quitter la zone euro, ce qui entraînerait des turbulences sur les marchés mondiaux et pourrait provoquer des tensions sur la dette d'autres pays de la zone euro comme le Portugal, l'Espagne ou l'Italie...

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