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Gilet jaunes : quels sont les secteurs impactés ?

Gilet jaunes : quels sont les secteurs impactés ?

Grande distribution, jouets, luxe, automobile... Les revenus ont fondu dans plusieurs secteurs, entre manifestations et blocages.

Gilet jaunes : quels sont les secteurs impactés ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les "Gilets jaunes" vont-ils poursuivre leurs actions en France et lancer une nouvelle mobilisation samedi ? C'est la question que se posent de nombreux secteurs économiques, qui observent d'importantes pertes de chiffre d'affaires depuis ces trois dernières semaines. Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a fait un point lundi sur les domaines les plus impactés.

La grande distribution est en première ligne, avec les perturbations sur les routes. Avec les problèmes de livraisons et les blocages d'entrepôts, la baisse de chiffre d'affaires atteint 15% à 25%. Des difficultés de livraisons ont également été enregistrées pour les commandes passées en ligne sur les sites de certaines enseignes. Dans le secteur du jouet, un report sur le commerce en ligne, notamment Amazon ou CDiscount, propriété de Casino, est anticipé, alors que la période est cruciale avec les fêtes de Noël. Le commerce de détail accuse de son côté un repli des revenus compris entre 20% et 40%.

L'hôtellerie est confrontée à une baisse des réservations atteignant 15% à 20%. Selon la fédération professionnelle UMIH, le taux d'annulation varie entre 20% et 50% dans certains hôtels parisiens, tandis que le volume de réservations prévisionnelles est en chute de 10% à 15% Dans la restauration, les baisses de chiffre d'affaires s'échelonnent de 20% à 50% en fonction des lieux.

Le luxe et l'automobile touchés

Le luxe est également touché. Après les boutiques Dior et Givenchy (propriété de LVMH), le 24 novembre, un magasin Chanel a subi d'importants dégâts le 1er décembre, tandis que sur le boulevard Haussmann, le Printemps et les Galeries Lafayette ont baissé leur rideaux samedi en fin d'après-midi. Compte-tenu de sa forte exposition au tourisme, de nouvelles violences risquent d'avoir un impact fort sur le secteur à l'entame d'un mois de décembre particulièrement important, estiment les analystes de Berenberg, qui pointent en particulier les groupes les plus exposés à la France comme SMCP (40% des ventes), Hermès (environ 14%) ou LVMH (environ 10%).

L'industrie automobile subit elle aussi "des pertes de commandes de véhicules chez Renault et chez Peugeot, a souligné Bruno Le Maire sans donner de chiffres. Du côté de la production, PSA et Renault ont indiqué ne pas avoir de perturbation dans l'approvisionnement ou dans l'activité de leurs usines à la mi-journée lundi. Chez PSA, le site de Sochaux a connu une demi-journée de perturbation il y a 15 jours, mais la production des voitures est en train d'être rattrapée, a dit un porte-parole. * Certains MARCHÉS DE GROS sont également très touchés, avec une perte de CA évaluée autour de 15%, du fait de problèmes de livraison des marchandises.

Enfin, le concessionnaire autoroutier SANEF estime l'impact "en millions d'euros", un bilan provisoire qui correspond surtout aux manques de recettes mais aussi aux dégradations matérielles sur les chaussées et les portiques de signalisation.

Durant son point presse, Bruno Le Maire a annoncé la réactivation de la cellule de continuité économique proposée la semaine dernière pour soutenir les entreprises les plus pénalisées par ces événements s'est déjà concrétisée par différentes mesures d'aides aux entreprises, qui peuvent désormais par exemple, si elles le souhaitent, avoir recours au chômage partiel ou demander des ouvertures dérogatoires le dimanche.

"Bienveillance et compréhension"

Bruno Le Maire a également souligné que l'administration fiscale ferait preuve de "bienveillance" et de "compréhension" à l'égard des demandes d'entreprises défaillantes, "soit sous forme de délai de paiement, soit sous forme de remise de pénalités" et qui concerneront désormais également les échéances de cotisation foncière des entreprises (CFE) et du dernier acompte d'impôt sur les sociétés (IS), exigibles au 15 décembre.

Voici les données communiquées lundi par le ministre lors d'un point presse à l'issue d'une réunion avec les représentants des organisations patronales et de différentes fédérations représentant des professionnels particulièrement pénalisés par ce mouvement.

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