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General Electric : Bruno Le Maire attendu à Belfort

General Electric : Bruno Le Maire attendu à Belfort

"On ne se laissera pas embobiner par de belles paroles mais on sera, emploi par emploi, à demander des explications et des développements industriels", a estimé ce weekend sa secrétaire d'Etat, Agnès Pannier-Runacher.

General Electric : Bruno Le Maire attendu à Belfort
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Bruno Le Maire a invité lundi General Electric à "revoir sa copie" s'agissant des 1.044 suppressions d'emplois annoncées il y a moins d'une semaine par l'entreprise américaine, principalement à Belfort, dont 792 dans l'activité turbines à gaz.

Sur le site belfortain où le groupe emploie 4.400 salariés, le ministre de l'Economie et des Finances a rencontré des membres de la direction du groupe avant de s'entretenir avec les représentants de l'intersyndicale CFE-CGC, CGT et Sud.

Accueilli par des sifflets

"Le plan social, en l'état, ne va pas. Mille-cinquante emplois supprimés, c'est trop et je pense que GE peut et doit faire mieux et que c'est un préalable pour que les choses s'apaisent sur le site", leur a-t-il dit dès l'ouverture. "GE doit revoir sa copie", a-t-il ajouté.

Le ministre a été accueilli à son arrivée par des sifflets alors que plusieurs centaines de salariés, renforcés par un groupe de "Gilets jaunes", étaient rassemblés devant les bâtiments, après une assemblée générale organisée par les syndicats.

Ceux-ci devaient expliquer à Bruno Le Maire pourquoi, à leurs yeux, la décision du conglomérat américain relève d'une logique de délocalisation et de maximisation des profits plutôt que d'une nécessité économique ou industrielle. "Supprimer 800 emplois, c'est supprimer le business gaz", a estimé Philippe Petitcolin, élu CFE-CGC et secrétaire du Comité social et économique, devant les salariés.

Toujours un site majeur ?

Belfort restera un site majeur du groupe américain, a promis le directeur général de GE France, Hugh Bailey, dans un entretien accordé au 'Journal du Dimanche'.

Le conglomérat a annoncé l'ouverture à la mi-juin de négociations sur ces suppressions d'emplois. Ce plan était attendu depuis plusieurs mois, le marché de l'énergie et notamment des turbines à gaz traversant une période difficile à l'échelle mondiale.

"C'est une décision difficile"

"Belfort ne fermera pas. Il restera le premier site industriel de GE Power en Europe. Nous y avons des compétences d'excellence", déclare Hugh Bailey. "Belfort restera un site majeur de GE. Mais pour cela, nous devons nous adapter."

"Présenter ce projet, c'est une décision difficile, mais qui nous permettrait d'assurer la pérennité de l'outil industriel, des savoir-faire et de l'emploi", poursuit-il.

Hugh Bailey reconnaît que le groupe n'a pas tenu sa promesse de créer 1.000 postes en France, faite lorsqu'il a racheté la division énergie d'Alstom en 2015.

"Dans un contexte difficile, nous avons recruté près de 3.000 personnes en trois ans. Mais nous ne sommes pas parvenus à la création des 1?.000 emplois nets", dit-il, en précisant que le groupe avait "une forte ambition dans le renouvelable, qui n'est que décalée dans le temps", dans l'attente en particulier du démarrage de chantiers dans l'éolien en mer.

Le DG France, qui était dans les cabinets d'Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et d'Emmanuel Macron, ministre de l'Economie au moment de la vente d'Alstom à GE, déclare ne pas avoir travaillé à l'époque sur ce dossier "qui était hors de (son) champ de compétence".

Pris "au mot"

Le gouvernement "prendra au mot" le DG France de GE, avait fait savoir dimanche la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, sur Europe 1. "Il s'engage à maintenir l'outil industriel, les savoir-faire et l'emploi. C'est splendide. On sera derrière lui et on s'assurera que ces trois belles propositions soient mises en oeuvre concrètement dans les mois qui viennent", avait-elle dit.

"On ne se laissera pas embobiner par de belles paroles mais on sera, emploi par emploi, à demander des explications et des développements industriels", ajoute-t-elle. Les syndicats de GE en France ont contesté mercredi le plan social envisagé dans l'activité turbines à gaz, y voyant une volonté de délocalisation

©2019,

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