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General Electric : à Belfort, la diversification est "une porte de sortie pour le site"

General Electric : à Belfort, la diversification est "une porte de sortie pour le site"

Quel avenir pour les ouvriers qui seront maintenus sur le site General Electric, spécialisé dans les turbines à gaz en Territoire de Belfort. Patrick Maffeis, directeur des opérations industrielles Europe de GE, livre les principales pistes suivies..

General Electric : à Belfort, la diversification est 'une porte de sortie pour le site'
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Dans un entretien accordé à L'Est Républicain, Patrick Maffeis, directeur des opérations industrielles Europe de General Electric refait le point sur le devenir du site de Belfort qui fait l'objet d'un plan social.

Le dirigeant confirme un maintien d'activité sur le site et l'intérêt porté à une reconversion en aéronautique, la production de batteries et le développement de compétences en l'hydrogène présentant un moindre intérêt...

"GE a été, est et restera présent à Belfort"

Patrick Maffeis a ainsi indiqué : "GE est présent à Belfort depuis 1959, cela fait 60 ans. GE y a investi ces 3 dernières années, malgré une situation hypertendue... L'année dernière, on a enregistré près de 1 milliard de pertes dans la division GE Power, ce qui correspond à 3 millions par jour. On a quand même investi sur le site de Belfort, rien que pour l'activité gaz, 150 millions sur 3 ans. Un industriel responsable n'aurait pas investi 150 millions sur le site, s'il n'y avait pas d'avenir pour celui-ci... N'oublions pas que GE à Belfort c'est un site diversifié, dans les activités turbines à gaz, turbines vapeur, hydroélectricité et systèmes de conversion électrique. GE a été, est et restera présent à Belfort".

"Tous les pays ont fait des efforts considérables"

Le Ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, avait demandé à GE, lors de sa visite sur le site de Belfort, il y a un mois, d'améliorer son plan social. Dans un contexte de plan social de vaste ampleur, touchant 12.000 personnes dans le monde, 1.044 salariés sont en effet concernés en France, dont 792 sur le site de turbine à gaz de Belfort et 252 au sein des services partagés, principalement dans les fonctions finance en Bourgogne.

"Il faut regarder la structure de l'ensemble des autres sites de GE Gaz qui ont subi, absolument, les mêmes contraintes et certains ont largement dépassé le seuil de contraintes qu'on envisage pour le site de Belfort, que ce soit les Etats-Unis, l'Angleterre, l'Allemagne, la Suisse. Tous les pays ont fait des efforts considérables", relativise Patrick Maffeis dans son entretien à L'Est Républicain.

"23% de sous charge dans nos ateliers"

"Pour Belfort, dans un contexte où la charge globalement a diminué, on ne va pas retrouver les volumes d'ailettes qu'on avait avant", prévient Patrick Maffeis. Antoine Peyratout, DG de GE Belfort Gaz, ajoute : "A Belfort, on fait beaucoup moins de machines qu'avant. On fabrique 30 machines contre 45, 50 il y a encore 2 ou 2 ans. Mais ce ne sont pas les mêmes machines, elles sont plus grosses. Mais même avec ce mix, cela nous fait beaucoup moins d'heures de travail. A ce jour, nous avons 23% de sous charge dans nos ateliers".

"On a mal anticipé la bascule"

"Notre volonté, c'est d'essayer de rester un industriel compétitif dans un secteur qui est sous pression. Cinq ans, 50% de moins en volume. Les mêmes qui, avant-hier parlaient d'une niche gaz qui allait perdurer, n'avaient pas vu la montée des énergies renouvelables qui, aujourd'hui, représente 70% des nouvelles capacités installées. On a mal anticipé la bascule qui s'est opérée, mais nous ne sommes pas les seuls : Siemens et Mitsubishi sont dans la même situation", indique Patrick Maffeis qui se défend de tout transfert de production depuis Belfort vers les Etats-Unis : "On n'est pas en train de spolier Belfort pour favoriser le reste du monde", assure-t-il. "Nous avons redimensionné un certain nombre de sites en dehors de Belfort, avec la même approche et, aujourd'hui, ils fonctionnent".

"On n'est pas en train de spolier Belfort"

Selon Antoine Peyratout, DG de GE Belfort Gaz : "Dans le projet que nous présentons, toutes les fonctions principales seront sauvegardées. Les compétences restent les mêmes mais sont adaptées à un nouveau périmètre, soit géographique, soit de volume. (...) On a l'obligation de s'adapter à un marché, à des exigences clients. On n'a pas le choix. On le fait comme nos concurrents. Je dirais même, on le fait un peu après nos concurrents".

"Une vraie réflexion sur l'aéronautique"

General Electric compte bien maintenir une activité sur le site de Belfort, mais n'a pas encore résolu la problématique stratégique de son devenir au-delà de son segment de marché gazier. Quelque pistes se dessinent néanmoins, alors que les engagements pris lors de la cession de la branche énergie d'Alstom semblent bel et bien enterrés...

Le projet de GE est maintenant de faire évoluer la production de turbines pour centrales thermiques et électriques du site de Belfort vers l'aéronautique et la fabrication d'ailettes d'avions, puisqu'il existe une véritable proximité technologique de fabrication entre les deux secteurs. "On a une vraie réflexion sur l'aéronautique. On a commencé à travailler en interne", confirme Patrick Maffeis.

"On regarde..."

En revanche, les pistes du développement de batteries et de l'hydrogène sur le site de Belfort semblent au point mort : "C'est deux sujets qu'on regarde. Sur les batteries, on n'a pas la technologie... Je ne vois pas ce qu'on pourrait amener de neuf dans ce domaine-là. Sur la partie hydrogène, je pense que cela rentre beaucoup plus dans le savoir-faire d'une entreprise comme Faurecia", indique Patrick Maffeis.

"Nous allons travailler sur la diversification"

Le dirigeant conclut : "Nous allons travailler sur la diversification parce que c'est une porte de sortie pour le site et pour le Territoire de Belfort. Pour le faire, on a un vrai problème de compétitivité pour rentrer sur de nouveaux marchés très compétitifs, et aller chercher d'autres éléments de diversification. On a parlé essentiellement de l'aéronautique, mais on étudie d'autres industries autour, sur des marchés où nous ne sommes pas présents".

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