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Finance solidaire et ISR, quelles différences ?

Finance solidaire et ISR, quelles différences ?

Eléments de réponses avec Sophie des Mazéry, la directrice de Finansol.

Finance solidaire et ISR, quelles différences ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La semaine de l'investissement socialement responsable (ISR) démarre ce lundi, et celle de la Finance solidaire se tiendra du 3 au 10 novembre. Quelle est la différence entre ces deux manières d'investir ? Eléments de réponses avec Sophie des Mazéry, la directrice de Finansol.

Vous remarquez que trop souvent, le grand public confond investissement socialement responsable (ISR) et finance solidaire ?

Nous avons probablement une ambition commune forte, qui est de redonner son rôle premier à l'argent, c'est-à-dire d'en faire un outil au service du développement économique, en adéquation avec un développement humain. Autre point commun : au travers du label Finansol nous demandons dans les OPCVM, qui sont des fonds 90-10, que la partie 90 soit ISR. C'est une question de cohérence, car nous sommes au service d'une économie plus vertueuse, nous partageons le même attelage.

Quels sont les outils, et en quoi sont-ils différents ?

L'ISR permet de s'engager dans des entreprises cotées en bourse, qui vont être sur des secteurs d'activité classiques, avec l'objectif de maximiser leur résultat. La différence quand on choisit le solidaire, c'est que cela permet de sélectionner des entreprises dont l'objectif principal est social, avec une réponse à un besoin humain essentiel, comme le logement, l'emploi, ou le développement des énergies renouvelables.

Autre différence notable : les investisseurs ne sont pas les mêmes ?

L'encours des fonds l'ISR atteint actuellement 170 milliards d'euros (contre 6,02 milliards pour la finance solidaire, ndlr), en très grande majorité souscrits par des investisseurs institutionnels. C'est le contraire pour l'épargne solidaire, avec une très grande majorité de particuliers. Par ailleurs, la finance solidaire peut mesurer son propre impact sur les grandes questions de société. On est capable de dire qu'en 10 ans, 200.000 emplois ont été créés ou consolidés, 100.000 entreprises soutenues, près de 40.000 personnes relogées. Pour l'ISR, ce sera un des grands enjeux : comment mesurer le poids de cet investissement sur la transformation de la société ? Par ailleurs, les entreprises cotées sont très impactées par la situation économique : la crise peut les amener à moins embaucher, voire à licencier.

63% des Français n'ont jamais entendu parler de l'ISR, d'après un récent sondage Ifop. Ce manque de notoriété constitue-t-il un point commun avec la finance solidaire ?

La finance solidaire n'est pas très connue non plus, en revanche elle est plus facile à comprendre. Le grand public se demande souvent pourquoi on trouve, par exemple, les titres de groupes pétroliers au sein d'un fonds ISR... Ce n'est pas le cas avec la Finance Solidaire : personne ne peut remettre en question les dossiers qui constituent les OPCVM solidaires, ou le caractère d'un projet comme Habitat et Humanisme, ou Terre de Liens. Dans les témoignages d'épargnants que nous recevons, nous ressentons une satisfaction à épargner solidaire, car il y a le sentiment de toucher au plus près les problèmes sociétaux, que sont par exemple le chômage ou les problèmes de logement.

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