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Evasion fiscale : 'SwissLeaks' révèle les noms de certains fraudeurs

Evasion fiscale : 'SwissLeaks' révèle les noms de certains fraudeurs

Des centaines de milliards auraient transité illégalement via la filiale suisse de HSBC.

Evasion fiscale : 'SwissLeaks' révèle les noms de certains fraudeurs

(Boursier.com) — Un consortium de journaux de référence mondiaux, dont 'Le Monde', ont fait état de nouvelles révélations sur les pratiques d'évasion fiscale en Europe. Ces journaux, qui avaient déjà révélé en novembre dernier l'affaire "LuxLeaks" concernant les entreprises, démantèlent cette fois un système concernant l'évasion des riches particuliers et entrepreneurs, via la filiale de HSBC en Suisse...

Selon cette enquête, baptisée "SwissLeaks", et menée par 55 médias internationaux, plus de 180 milliards d'euros auraient transité illégalement durant la période de 2005 à 2007, à Genève, par les comptes HSBC de plus de 100.000 clients, dont 3.000 contribuables français. Cette liste n'est en fait pas nouvelle : il s'agit de celle qui avait été dérobée et remise aux autorités françaises par un ancien informaticien de HSBC, Hervé Falciani, en 2008. Mais c'est la première fois que grâce aux informations fournies par 'Le Monde', elle est exploitée de façon exhaustive par un groupe de médias dans de nombreux pays...

De J. Dessange au roi du Maroc...

En France, 'Le Monde'  cite ainsi l'humoriste Gad Elmaleh, le joueur de football Christophe Dugarry ou encore le coiffeur Jacques Dessange... L'acteur disposait ainsi d'un compte à Genève, doté d'environ 80.000 euros entre 2006 et 2007, mais a régularisé depuis sa situation auprès du fisc français. Pour le champion du monde 98, C. Dugarry, le journal lui consacre un paragraphe croustillant :Le champion du monde de football en 1998, reconverti en consultant sportif, a ouvert en 2005 un compte associé à une société offshore - Faroe Capital, ouverte par la filiale de HSBC dans les Iles Vierges britanniques - nanti de plus de 2 millions d'euros selon les données de la banque. Celui-ci n'a pas souhaité répondre aux questions du Monde, écrit ainsi le quotidien. Quant à l'entrepreneur Jacques Dessange, il possédait un compte dans la filiale suisse de HSBC sur lequel il aurait détenu jusqu'à 1,6 million d'euros entre 2006 et 2007, selon les fichiers auxquels 'Le Monde' a eu accès. Lui aussi fait partie des clients qui ont depuis régularisé leur situation et s'est acquitté d'une amende, précise le quotidien...

Parmi les noms cités dans les différents médias figurent notamment le roi du Maroc Mohammed VI ou le roi de Jordanie Abdallah II, ainsi que de nombreuses personnalités de la mode telle que le mannequin Elle McPherson ou la créatrice Diane von Fürstenberg, du spectacle à l'instar de l'actrice Joan Collins ou encore du sport comme le coureur automobile Valentino Rossi.

HSBC reconnait des "manquements passés"

Le journal suisse 'Le Temps', un des journaux partenaires pour ces révélations, a mis l'accent sur les personnalités politiquement exposées, évoquant entre autres Rami Makhlouf, cousin du président syrien Bachar al-Assad, l'ancien ministre haïtien Frantz Merceron ou encore l'ancien ministre égyptien du Commerce et de l'industrie Rachid Mohamed Rachid, qui avait été condamné à cinq ans de prison en juin 2011 pour abus de biens sociaux issus des fonds pour le développement du pays.

Le consortium des journalistes d'investigation dénonce l'attitude d'HSBC Private Bank (Suisse), qui "a continué d'offrir des services à des clients qui avaient été cités défavorablement par les Nations Unies, dans des documents légaux et dans les médias pour leur lien avec le trafic d'armes, les diamants de guerre ou la corruption". Interrogée, HSBC se défend en reconnaissant les "manquements passés", mais en affirmant avoir pris depuis plusieurs années de nombreuses initiatives pour empêcher l'utilisation de ses services à des fins d'évasion fiscale ou de blanchiment d'argent.

Pourtant, selon Reuters, le juge belge chargé d'une enquête sur la filiale suisse HSBC a déclaré lundi qu'il envisageait de lancer un mandat d'arrêt contre la direction de cette filiale en raison de son refus de coopérer. En novembre dernier, la justice a inculpé cette filiale pour fraude fiscale et blanchiment d'argent, accusant l'établissement d'avoir aidé des courtiers en diamants et d'autres riches clients à dissimuler une partie de leur patrimoine et de leurs revenus pour échapper au fisc...

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