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Emmanuel Macron répond aux "Gilets jaunes" toujours peu convaincus

Emmanuel Macron répond aux "Gilets jaunes" toujours peu convaincus

Une réponse attendue par les gilets jaunes après les manifestations des deux dernières semaines un peu partout en France. Les réactions sont nombreuses et majoritairement négatives...

Emmanuel Macron répond aux 'Gilets jaunes' toujours peu convaincus
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Emmanuel Macron s'est exprimé ce mardi matin pour présenter son plan de "transition énergétique" et répondre à la colère des "gilets jaunes" en direct de l'Elysée.

Le président de la République a annoncé comme prévu les grands axes de cette transition énergétique pour les années à venir... Un "Haut Conseil" pour le climat sera mis en place. Composé d'experts, il sera chargé de veiller au "maintien du cap écologique de la politique gouvernementale".

2035, la nouvelle échéance

A propos du nucléaire, Emmanuel Macron a dévoilé les nouvelles échéances établies par le gouvernement. La part du nucléaire dans la production d'électricité sera donc ramenée à 50% en 2035. L'objectif fixé est de fermer 14 réacteurs d'ici cette date...

Ce sont d'abord les deux réacteurs de Fessenheim dont les portes vont se refermer en 2020, puis normalement deux supplémentaires en 2025, 2026, si la sécurité d'approvisionnement est assurée. Le chef de l'Etat a précisé qu'il n'y aurait aucune fermeture complète de sites nucléaires, pour limiter les conséquences sociales et économiques pour les territoires...

Les taxes sur les carburants maintenues

Au cours de son allocution, le président de la République a réaffirmé sa conviction : que le gouvernement garderai le cap qu'il s'était fixé. "Je dois assumer mes convictions et mes actions. On ne peut pas être le lundi pour le climat et le mardi contre la hausse des prix des carburants", a-t-il affirmé.

Malgré la grogne et les manifestations un peu partout en France, Emmanuel Macron ne compte donc pas revenir en arrière sur les taxes sur le carburant... Il souhaite néanmoins que le pouvoir d'achat ne soit pas impacté et que des concertations et un dialogue ai lieu entre les politiques, les associations et les entreprises dans les trois mois à venir afin d'établir "une stratégie d'accompagnement, partout sur nos territoires et sur les réseaux sociaux pour faire des propositions".

Emmanuel Macron veut ainsi adapter la hausse des taxes aux fluctuations des cours du brut afin de limiter l'impact de la fiscalité des carburants pour les Français contraints d'utiliser leur voiture. Le dispositif sera discuté lors de l'examen en deuxième lecture, courant décembre, du projet de loi de finances pour 2019.

L'opposition réagit

Les réactions politiques ont été nombreuses sur Twitter. Alexis Corbière, député La France Insoumise, a déclaré : "à la fin, il reste toujours plusieurs milliers d'euros à régler par l'acheteur : comment font les gens au RSA, au SMIC, en temps partiel ou en CDD ?". Du côté des Républicains, Eric Ciotti considère que "l'allocution d'Emmanuel Macron traduit l'aveuglement coupable d'un président technocrate qui ne veut pas changer de cap et n'apporte aucune solution réelle pour le pouvoir d'achat des Français en colère". Enfin, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen a twitté : "À ceux qui se demandent comment boucler leur budget dans trois jours, Emmanuel Macron répond : rendez-vous dans trois mois...".

L'association 40 millions d'automobilistes a rapidement réagi à cette prise de parole. Selon elle, Emmanuel Macron "continue de mépriser" les conducteurs et "ne leur promet que la poursuite d'une politique économiquement et socialement injuste".

Lancement d'un débat national dans les territoires, avec les gilets jaunes

Dans les trois mois, le président souhaite que les associations et les politiques puissent mettre au point une méthode débouchant sur des solutions concrètes... "Je souhaite un débat national inscrit dans les territoires" a expliqué E. Macron, qui refuse "que la transition écologique accentue l'inégalité entre les territoires"... "Je souhaite aussi que des représentants des 'gilets jaunes' puissent proposer des solutions".

Fermeture de l'ensemble des centrales à charbon

Le chef de l'Etat a par ailleurs indiqué que l'ensemble des centrales a charbon seront fermées d'ici 2022 : "Il faut réduire nos consommations d'énergie et le faire de manière concertée en prévoyant les investissements publics et en apportant des solutions adaptées et concertées", a-t-il expliqué.

Le chef de l'État a demandé à EDF d'intensifier ses recherches dans les énergies renouvelable et dans le stockage de l'énergie. "Dans les batteries électriques, il faut au moins une stratégie franco-allemande et au mieux une stratégie européenne".

Mix-électrique

"Nous devons transformer notre production d'électricité", a poursuivi Emmanuel Macron qui a évoqué "un mix-électrique" qui s'appuiera sur les énergies renouvelables. Le parc éolien devra tripler et le photovoltaïque devra être multiplié par 5 d'ici 2030. L'éolien en mer sera aussi favorisé, de même que l'hydraulique...

Ce soutien aux énergies renouvelables représentera 7 et 8 milliards d'euros d'ici la fin de la programmation pluriannuelle de l'énergie en 2028, de quoi peser un total 71 milliards d'euros en guise de soutien aux énergies renouvelables sur la période 2019-2028.

"Nous devons encourager de meilleures isolations des vieux bâtiments, des commerces et des logements" a enfin déclaré le président de la République qui a aussi rappelé l'objectif de "renouveler toutes les chaudières au fioul d'ici 10 ans".

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