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Economie : le gouvernement (un peu) plus pessimiste sur le déficit public

Economie : le gouvernement (un peu) plus pessimiste sur le déficit public

Il a parallèlement maintenu sa prévision d'une croissance de 1,4% de l'économie française sur les années 2020, 2021 et 2022...

Economie : le gouvernement (un peu) plus pessimiste sur le déficit public
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le gouvernement français a revu en très légère hausse sa prévision de déficit pour 2020, à 2,1% du produit intérieur brut (PIB) selon des chiffres publiés par Bercy... Dans ses dernières prévisions - publiées début avril et ne prenant donc pas en compte la baisse de 5 milliards d'euros de l'impôt sur le revenu et la revalorisation des petites pensions de retraite promise par Emmanuel Macron dans la foulée du mouvement des "Gilets jaunes" - le gouvernement se fixait pour objectif de ramener le déficit public à 2% du PIB l'an prochain.

Le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, avait réaffirmé la semaine dernière viser un "déficit autour de 2,0%" en 2020 mais la Cour des comptes s'était montrée sceptique sur cet objectif, évoquant un déficit 2020 plutôt compris entre 2,1% et 2,3% du PIB. A ce niveau de 2,1%, la France ne devrait connaître qu'une amélioration minime de son déficit public l'an prochain...

Les modalités non précisées

Bercy confirme tabler sur un déficit public à 3,1% du PIB cette année (après 2,5% en 2018) mais si on exclut l'impact ponctuel de la transformation du CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) en baisse de charges pérenne, le déficit public se situerait à 2,2% du PIB.

Alors que la Cour des comptes se montrait dubitative sur la capacité du gouvernement à compenser les mesures annoncées par le président de la République fin avril, le rapport préparatoire au débat d'orientation des finances publiques publié dimanche par Bercy ne précise pas les modalités de financement au-delà des pistes déjà évoquées...

Quelles économies ?

En plus des recettes supplémentaires dégagées par la réduction des niches fiscales "anti-écologiques" et "anti-sociales" pour les entreprises, des économies seront réalisées sur la dépense publique "notamment dans les secteurs du logement, des contrats aidés, de l'audiovisuel public, ainsi que le champ social dont l'assurance chômage, en plus de la revalorisation modérée de certaines prestations sociales, contenue à +0,3%", est-il précisé dans le rapport publié par le ministère de l'Economie et des Finances.

Au-delà de 2020, ce document amende aussi légèrement la trajectoire de baisse du déficit public pour les années suivantes, avec une cible à -1,7% du PIB en 2021 et -1,3% du PIB en 2022 (contre respectivement -1,6% et -1,2% dans les prévisions d'avril).

Les prévisions très dégradées

Le gouvernement tablait encore sur un déficit ramené à 0,3% du PIB en 2022 à l'automne dernier, au moment du début des travaux sur la loi de finances 2019, comme fixé dans la loi de programmation des finances publiques promulguée en janvier 2018.

Depuis, l'exécutif avait déjà annoncé plus de 10 milliards d'euros de mesures d'urgence en décembre, à l'issue d'une année 2018 marquée par une grogne croissante autour des questions de pouvoir d'achat, jusqu'à l'émergence de la contestation des "Gilets jaunes" mi-novembre.

En 2018, les principales hausses de prélèvements prévues dans le budget (tabac, carburants, CSG) étaient intervenues en début d'année tandis que les baisses (taxe d'habitation, suppression de certaines cotisations salariales dans le privé), n'ont pris effet que progressivement ou en fin d'année.

Avec les mesures supplémentaires annoncées en avril, "la baisse de la fiscalité bénéficie en premier lieu aux ménages, pour un montant total de 27 milliards d'euros sur la durée du quinquennat", est-il souligné dans le rapport publié par Bercy.

©2019,

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