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Donald Trump veut croire à la chloroquine pour endiguer d'épidémie

Donald Trump veut croire à la chloroquine pour endiguer d'épidémie

Dans la course contre le coronavirus Covid-19, un traitement semble se distinguer : la chloroquine, une molécule très connue comme traitement du paludisme. Les Etats-Unis vont lancer des essais cliniques, de même que la France.

Donald Trump veut croire à la chloroquine pour endiguer d'épidémie
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Alors que la pandémie de Covid-19 se propage à grande vitesse, touchant à ce jour plus de 240.000 personnes et faisant près de 10.000 morts dans le monde, les équipes de recherche s'efforcent en urgence de trouver un traitement efficace contre le nouveau coronavirus...

Dès janvier en Chine, les équipes médicales ont testé des combinaisons de médicaments existants, notamment des anti-viraux utilisés dans la lutte contre le virus Ebola et le VIH (Sida), sans succès évident jusqu'à présent. Toutefois, un traitement semble se distinguer : il s'agit de la chloroquine, une molécule très connue en tant que traitement du paludisme et de l'arthrite, et de surcroît disponible et peu onéreuse à produire...

La FDA américaine va procéder à des essais cliniques accélérés

Jeudi, les Etats-Unis ont ouvert la voie au recours à la chloroquine comme traitement contre le coronavirus. Ce traitement a "montré des résultats préliminaires très, très encourageants", a ainsi annoncé le président Donald Trump. "Nous allons pouvoir rendre ce médicament disponible quasiment immédiatement", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, estimant que cela pourrait "changer la donne" face à la pandémie.

Les autorités sanitaires américaines ont cependant temporisé jeudi dernier, en précisant qu'elles n'avaient pas autorisé ce traitement à grande échelle. En revanche, le patron de la FDA (Food and Drugs Administration), Stephen Hahn, a annoncé que l'agence américaine allait tester en procédure accélérée ("fast-track") la chloroquine dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.

"Le président nous a demandé de regarder de plus près ce médicament. Nous voulons faire cela en mettant en place un essai clinique étendu et pragmatique pour recueillir ces informations et répondre à toutes les questions qui se posent", a déclaré Stephen Hahn, sans préciser à quelle échéance ces tests pourraient fournir des conclusions fiables...

Essai prometteur mené à Marseille par l'infectiologue Didier Raoult

En France, l'infectiologue Didier Raoult, directeur de l'IHU Méditerranée Infection, a procédé à un test clinique prometteur sur un petit échantillon de 24 patients. Après six jours de prise de Plaquenil, l'un des noms commerciaux de la chloroquine, seulement un quart (6) des 24 patients tests du professeur Raoult étaient encore porteurs du virus...

Mieux : "associé à la prise d'antibiotiques ciblés contre la pneumonie bactérienne (l'azythromycine), le traitement a totalement guéri les sujets dans la semaine, alors que 90% des malades qui n'ont pas pris de traitement sont toujours positifs", a affirmé l'infectiologue, dans un entretien publié mardi par 'Les Echos'.

En février, trois équipes chinoises avaient publié dans la revue scientifique 'Nature' une étude concluant à des "résultats encourageants sur l'homme" après des traitements à base de chloroquine. Le Dr Zhong Nanshan, président de l'Association Médicale Chinoise et directeur de l'Institut des maladies respiratoires de Guangzhou, avait alors précisé que l'administration de ce traitement avait réduit de 14 à 4 jours le portage naturel du Covid-19.

Paris préconise de nouveaux tests cliniques

Le gouvernement français s'est engagé à mener de nouveaux tests cliniques sur la chloroquine, a affirmé le ministre de la Santé, Olivier Véran, précisant qu'il est fondamental d'avoir des processus validés de façon totalement indépendante. "Si les résultats sont favorables, on aura tous l'occasion de s'en réjouir", a ajouté le ministre.

La porte parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a précisé que ces nouveaux essais cliniques "seront réalisés avec une équipe indépendante du professeur (Didier) Raoult, qui mène ces essais à Marseille et en a réclamé l'extension". Didier Raoult fait partie du comité scientifique indépendant chargé de conseiller le gouvernement.

Sanofi prêt à fournir son anti-paludique Plaquenil

A la suite de l'annonce de l'équipe marseillaise, le laboratoire Sanofi s'est engagé cette semaine à offrir plusieurs millions de doses de l'anti-paludique Plaquenil pour traiter l'équivalent de 300.000 patients si ses résultats étaient attestés. Le groupe pharmaceutique a également précisé qu'il se tenait prêt à travailler avec les autorités de santé françaises "pour confirmer ces résultats".

Dans le même temps, Sanofi travaille avec le groupe américain Regeneron. Ils vont lancer un essai clinique sur un de leurs médicaments contre la polyarthrite rhumatoïde, le Kevzara, en tant que possible traitement du coronavirus, selon le 'Wall Street Journal'.

"L'objectif serait dans les deux semaines de disposer d'un essai opérationnel et, quelques semaines ou mois après, de disposer des données", a précisé le directeur scientifique de Regeneron, George Yancopoulos, au 'WSJ'.

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