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Deux ONG déposent une nouvelle plainte contre Samsung en France

Deux ONG déposent une nouvelle plainte contre Samsung en France

Les deux organisations souhaitent dans un communiqué que soit sanctionné "l'écart inacceptable" entre les engagements éthiques dont Samsung a fait un argument commercial et les violations présumées

Deux ONG déposent une nouvelle plainte contre Samsung en France
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Deux ONG, Sherpa et ActionAid France-Peuples solidaires ont annoncé lundi le dépôt d'une nouvelle plainte pour pratiques commerciales trompeuses, cette fois avec constitution de partie civile, contre le géant coréen de l'électronique grand public Samsung et sa filiale française, Samsung Electronics France (SEF).

Les deux organisations souhaitent dans un communiqué que soit sanctionné "l'écart inacceptable" entre les engagements éthiques dont Samsung a fait un argument commercial et les violations présumées, dénoncées par d'autres ONG, dont China Labor Watch (CLW), des droits des travailleurs de ses usines de Chine, du Vietnam et de Corée.

Deux plaintes classées sans suite

Une première plainte de Sherpa, limitée à SEF, avait été classée sans suite en 2014. La filiale française de Samsung s'était alors défaussée de sa responsabilité sur la maison mère. Sherpa et ActionAid France avaient déposé en janvier 2018 une plainte simple auprès du parquet de Paris visant aussi, cette fois, la maison mère. Samsung avait alors réagi en déclarant respecter "scrupuleusement" les normes internationales et locales en matière de travail, notamment de travail des enfants. Transmise au parquet de Bobigny, cette deuxième plainte a également été classée sans suite.

Les deux organisations non gouvernementales ont donc décidé de monter d'un cran la pression en se constituant parties civiles, ce qui permet de demander directement à un juge d'instruction d'enclencher une enquête.

Gestion éthique ?

Sur son site internet, Samsung s'engage à "appliquer un strict code de conduite" à son personnel et dit faire de la "gestion éthique" un moyen de "construire la confiance" avec ses clients, employés, actionnaires et partenaires professionnels.

Mais selon CLW, basée à New York, ou des ONG coréennes, ces principes ne sont pas respectés. Un constat sur lequel s'appuient Sherpa et ActionAid France pour demander à la justice française de reconnaître et sanctionner un "délit de pratiques commerciales trompeuses".

CLW fait ainsi état de l'emploi de jeunes de moins de 16 ans, de conditions de travail "incompatibles avec la dignité humaine" et d'horaires abusifs dans des usines où sont notamment fabriqués des smartphones, précisent Sherpa et ActionAid France. L'ONG coréenne Sharps (Supporters for the health and rights of people in the semiconductor industry) évoque pour sa part des cas d'empoisonnement par des substances toxiques utilisées dans ces usines, comme le benzène et le méthanol.

Cas de maladies graves

"Sharps a répertorié près de 320 cas de maladies graves dont 118 morts suspectes d'anciens ouvriers ou ouvrières de Samsung", écrivent Sherpa et ActionAid France dans leur communiqué. Les deux associations rappellent que le gouvernement et des tribunaux coréens, donc la Cour suprême de Corée du Sud en août 2017, ont établi des liens entre les conditions de travail chez Samsung Electronics, dont l'utilisation de substances toxiques, et les maladies incurables de salariés.

©2018,

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