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COVID-19 : moins de croissance en vue pour l'Europe en 2020

COVID-19 : moins de croissance en vue pour l'Europe en 2020

L'agence S&P Global Ratings estime de 0,1 à 0,2% la perte de croissance en Zone euro et au Royaume-Uni en 2020...

COVID-19 : moins de croissance en vue pour l'Europe en 2020
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — "A ce stade", l'agence S&P Global Ratings estime de 0,1 à 0,2% la perte de croissance en Zone euro et au Royaume-Uni en 2020, via la baisse des exportations et des investissements des entreprises dues au ralentissement probable de la Chine. De quoi abaisser ses prévisions de croissance à 5%, contre 5,7% avant l'épidémie.

Selon l'établissement, le coronavirus pose un risque de perturbation de la chaîne de valeur européenne, risque amplifié par le faible niveau actuel des stocks européens... Si l'on considère les liens directs de la chaîne de valeur avec la Chine, l'économie allemande est la plus exposée à des répercussions en raison de l'importance de son secteur manufacturier.

Et de rappeler qu'en 2003, le SRAS avait amputé la croissance du PIB européen sur un seul trimestre et celle des exportations sur deux trimestres...

Analogie limitée

Toutefois, l'analogie entre Coronavirus et SRAS reste pour l'instant limitée, malgré des canaux de transmission similaires à l'économie européenne (échanges commerciaux, chaînes d'approvisionnement, confiance, conditions financières).

Certes, l'économie européenne dépend aujourd'hui davantage de l'économie chinoise (environ 3 fois plus), via la demande et les chaines de valeur. Et la confiance, elle, dépend peut-être davantage des réseaux sociaux... Cependant, la demande intérieure européenne est bien plus solide qu'en 2003, notamment les dépenses de consommation. L'impact du coronavirus sur les cours du pétrole pourrait même soutenir le pouvoir d'achat des ménages !

A quand le pic ?

Le risque de répercussion sur la chaîne de valeur européenne sera plus ou moins important selon le moment du pic du coronavirus, poursuit S&P. Si le pic est atteint en mars, comme l'envisagent les hypothèses actuelles, l'effet sur l'économie européenne se ressentirait alors essentiellement au premier trimestre. Il se peut en revanche que le secteur du tourisme en pâtisse un peu plus longtemps, conclut S&P Global Ratings...

D'autres économistes avaient déjà revu en baisse leurs prévisions de croissance pour la Chine en 2020 : le cabinet Oxford Economics a ainsi abaissé sa prévision de 6% à 5,4% pour tenir compte de l'impact du coronavirus. En 2019, la croissance chinoise était déjà tombée à son plus bas niveau depuis près de 30 ans à 6,1%, plombée par les tensions commerciales avec Washington et des problèmes structurels nationaux...

De son côté, la banque ING estime que les conséquences du coronavirus seront plus importantes que celles de l'épidémie de Sras en 2003, étant donné l'importance de la propagation de la maladie. Le Sras, qui avait affecté 8.100 personnes et fait 774 morts, avait à l'époque amputé le PIB chinois de 1,2 point de pourcentage et la croissance mondiale de 20 points de base (0,2 point de pourcentage).

La Chine représente 16% du PIB mondial

La Banque mondiale dit soutenir de son côté "les efforts déployés par la Chine pour répondre à l'épidémie". L'institution s'est aussi dit "prête à soutenir tous ses pays membres, en particulier les plus pauvres et les plus vulnérables, afin d'aider à gérer les conséquences futures de cette crise sur leurs populations".

Lorsqu'on compare la situation actuelle avec celle de 2002-2003, lors de l'épidémie de Sras, "le problème, c'est que la Chine a changé de taille", a souligné Julien Manceaux, économiste d'ING, lors d'un point de presse à Paris. "En 2003, elle représentait 4% du PIB mondial, contre 16% aujourd'hui", a-t-il ajouté...

©2020,

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