Covid-19 : la Tunisie va réimposer un couvre-feu nocturne pendant deux semaines

Covid-19 : la Tunisie va réimposer un couvre-feu nocturne pendant deux semaines

La Tunisie avait imposé un couvre-feu lors de la première vague de la pandémie en 2020 et pendant une grande partie de l'année dernière, mais l'a levé en septembre dernier lorsque le nombre d'infections a diminué.

Covid-19 : la Tunisie va réimposer un couvre-feu nocturne pendant deux semaines
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Afin de limiter la propagation du Covid-19, la Tunisie va instaurer de nouveau un couvre-feu nocturne et interdire tous les rassemblements pendant deux semaines à partir de jeudi, a annoncé le gouvernement ce mercredi.

"Pour faire face à l'évolution de l'épidémie", "un couvre-feu à partir de 22H00 (21H00 GMT) jusqu'à 5H00 (4H00 GMT)" sera mis en place par les autorités régionales "en fonction du taux d'infection", indique un communiqué officiel.

Pour rappel, la Tunisie avait imposé un couvre-feu lors de la première vague de la pandémie en 2020 et pendant une grande partie de l'année dernière, mais l'a levé en septembre dernier lorsque le nombre d'infections a diminué.

Appel à manifester

Cette mesure, qui intervient deux jours avant une manifestation prévue contre le président tunisien Kaïs Saïed à l'appel des principaux partis politiques, est considérée par les opposants comme étant une tentative pour contrer les mouvements de protestation dans le pays.

En juillet dernier, Kaïs Saïed avait suspendu les travaux du Parlement et s'était arrogé l'ensemble des pouvoirs, ce que ses détracteurs qualifient de "coup d'Etat". Au mépris des nouvelles restrictions, un responsable du principal parti d'opposition tunisien, Ennahda, Mohamed Goumani, a maintenu ce mercredi son appel à manifester vendredi dans la capitale Tunis.

"Protester peu importe le prix"

Les dirigeants de deux partis qui s'étaient joints à l'appel aux protestations ont également accusé le gouvernement de rétablir les restrictions sanitaires pour des raisons politiques. "Nous serons sur la rue de la Révolution pour protester peu importe le prix", a affirmé aux journalistes Ghazi Chaouachi, le chef du parti social-démocrate Attayar, qui détenait 22 des 217 sièges du Parlement suspendu, en faisant référence à l'avenue Habib Bourguiba à Tunis.

De son côté, le dirigeant du parti Joumhouri, Issam Chebbi, a estimé que ces mesures étaient destinées à "prévenir une vague de colère populaire à laquelle ils ne peuvent faire face qu'en invoquant la situation sanitaire".

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