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Coronavirus : l'Institut Montaigne propose de supprimer des congés pour relancer l'économie

Coronavirus : l'Institut Montaigne propose de supprimer des congés pour relancer l'économie

Alors que le Medef avait déjà lancé le débat sur le temps de travail, l'Institut Montaigne, centre de réflexion libéral, a révélé ses propositions chocs pour relancer l'économie après la crise du coronavirus.

Coronavirus : l'Institut Montaigne propose de supprimer des congés pour relancer l'économie
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le débat est relancé !... Alors que le Medef avait déjà souhaité "poser la question du temps de travail, des jours fériés et des congés payés" pour faire face à la crise du Covid-19, l'Institut Montaigne est revenu à la charge dans une note publiée mercredi. Le "think tank" libéral a en effet avancé des pistes pour relancer l'économie française, notamment en flexibilisant le travail. L'objectif est de compenser les pertes de productivité passées et à venir...

"En matière de travail, il paraît en effet évident que les périodes de confinement strict ou assoupli, et la nécessité de travailler en coexistant durablement avec un virus en circulation vont bouleverser durablement nos organisations productives", estime l'auteur de la note, Bertrand Martinot, spécialiste des politiques de l'emploi...

Parmi ses propositions, l'Institut Montaigne a ainsi évoqué la suppression du "jeudi de l'Ascension comme jour férié". "Si la France est dans une situation moyenne par rapport à ses partenaires européens pour le nombre de jours fériés, elle se caractérise par un nombre particulièrement élevé de jours au cours du mois de mai", précise la note...

"Assouplir quelques verrous juridiques persistants"

Bertrand Martinot, qui a été conseiller social de Nicolas Sarkozy en 2007-2008, propose d'"assouplir quelques verrous juridiques persistants" en permettant aux entreprises de "déroger au temps de repos minimum quotidien de 11 heures minimum par jour dans le cadre d'un accord sur le droit à la déconnexion”, ou en autorisant l'employeur "à titre temporaire (par exemple jusqu'en 2022) à imposer le rachat de jours de RTT pour les salariés au forfait sans majorations".

L'Institut Montaigne, qui dit "s'inspirer de la réaction de Singapour à la crise du SRAS en 2003", a notamment appelé à supprimer la première semaine vacances de la Toussaint de l'automne 2020 pour les élèves, afin de leur permettre de "rattraper les semaines de scolarité en partie perdues durant le printemps et l'été 2020".

Selon la note, "toute formation figurant sur le plan de développement des compétences de l'entreprise" pourrait également être effectuée "en dehors du temps de travail du salarié avec l'accord de celui-ci", à condition que la formation en question ne soit pas obligatoire. Enfin, dans la fonction publique, le think tank recommande de diminuer d'"une dizaine" le nombre de RTT "à titre provisoire" et sans compensation salariale obligatoire.

De "la poudre aux yeux" pour la CGT

Face à ces propositions chocs, les réactions ne se sont pas fait attendre. La CGT a qualifié ces mesures de "poudre aux yeux". "On connaît très bien comment ça se passe, on propose une 'dégueulasserie', c'est du provisoire qui dure longtemps et le provisoire se transforme en pérenne", a affirmé le porte-parole de l'organisation syndicale Benjamin Amar à 'LCI'.

Pour sortir de la crise, l'Ugict-CGT a d'ailleurs dévoilé ses propositions et a appelé à plus d'embauches. "Plutôt que d'augmenter la durée hebdomadaire ou annuelle de travail, au risque de surexposer et d'affaiblir les personnels par une charge et un temps de travail excessifs, il convient de débloquer les budgets pour opérer des recrutements, réduire le temps effectif de travail et répartir l'activité sur un plus grand nombre d'individus pour la sécuriser", a expliqué le syndicat.

©2020,

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