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Cookies : la CNIL veut durcir les règles, les publicitaires protestent !

Cookies : la CNIL veut durcir les règles, les publicitaires protestent !

Le gendarme français des données personnelles a publié mardi un projet de recommandation renforçant les modalités du consentement des internautes à la publicité ciblée, via l'installation de cookies sur leurs appareils...

Cookies : la CNIL veut durcir les règles, les publicitaires protestent !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Plus de 18 mois après l'entrée en application du règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD), la CNIL entend imposer de meilleures pratiques aux acteurs du numérique en matière de cookies, ces petits fichiers qui tracent le passage et le comportement des internautes.

Le régulateur français des données personnelles a ainsi publié mardi un projet de recommandation appelant les professionnels à mieux appliquer les règles du jeu et à renforcer les modalités du consentement des internautes à la publicité ciblée, via l'installation de cookies sur leurs appareils.

Rendre durable le refus du consentement

Ce projet est désormais soumis à consultation publique jusqu'au 25 février. Le texte définitif, prévu en mars, ne sera pas contraignant mais il fixera un cadre de bonnes pratiques, a précisé la Commission nationale de l'informatique et des libertés.

La CNIL insiste notamment pour que les sites Web enregistrent le refus d'un internaute face au dépôt sur son ordinateur de cookies (ou traceurs) destinés à suivre sa navigation, et qu'ils cessent ensuite de requérir son consentement, au moins pour un certain temps. Pour l'autorité indépendante dirigée par Marie-Laure Denis, le recueil d'un consentement "libre et éclairé" (exigé par la réglementation européenne) ne peut pas résulter de demandes répétitives à chaque nouvelle visite d'un site Web.

Le taux d'acceptation des cookies pourrait tomber de 70% à 10%

La Cnil recommande aussi de ne pas recourir à des techniques de masquage de l'origine des traceurs, telles que la délégation de sous-domaine qui s'est récemment développé dans l'industrie.

Les représentants de la publicité en ligne ont immédiatement fait connaître leur opposition à ce texte, en particulier, le fait de renoncer à placer des traceurs pour une longue durée... Cette contrainte pourrait faire plonger le taux d'acceptation des cookies de 70% aujourd'hui à seulement 10%, selon les estimations de la profession.

"Stocker durablement le refus va changer la donne économique", note ainsi Etienne Drouard, l'avocat-conseil de 9 associations professionnelles du secteur, cité par le quotidien 'Les Echos'. La perspective d'un taux d'acceptation des cookies si faible empêcherait les sociétés du secteur de personnaliser leurs publicités auprès d'une majorité d'internautes...

Vers une chute des ventes et de la publicité en ligne ?

Or, ces publicités ciblées sont vendues plus cher que la publicité contextuelle, car elles sont réputées plus efficaces. La profession craint donc que les sites d'e-commerce voient leurs ventes baisser et que la valeur des espaces publicitaires vendus par les médias en ligne recule elle aussi.

De son côté, la CNIL reconnaît qu'il y aura un impact économique, mais estime qu'il est temps de faire appliquer la loi européenne. Etienne Drouard estime cependant que "la CNIL invente une interdiction locale supplémentaire par rapport au texte européen".

Le secteur de la publicité Web a d'ores et déjà déposé un recours auprès du Conseil d'Etat, via plusieurs associations professionnelles, contre des lignes directrices déjà publiées par la CNIL l'été dernier et qui ont servi de base aux recommandations du jour. Une audience est attendue en mars prochain...

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