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Compte pénibilité : le Medef ne veut pas des nouveaux critères

Compte pénibilité : le Medef ne veut pas des nouveaux critères

Alors que le nouveau volet doit s'appliquer à partir du 1er juillet, Pierre Gattaz juge que les entreprises ne sont pas prêtes. Marisol Touraine estime que "la démocratie ne s'arrête pas aux portes du Medef".

Compte pénibilité : le Medef ne veut pas des nouveaux critères
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le numéro du Medef a prévenu mercredi que les entreprises n'appliqueraient pas le nouveau volet du compte pénibilité, qui doit entrer en vigueur vendredi, le 1er juillet. "Nous ne savons pas appliquer la loi (...) Sur les six nouveaux critères, nous ne savons pas faire", a déclaré Pierre Gattaz, lors d'une rencontre avec la presse.

"Rendez-vous dans deux jours, on ne saura pas faire (...) On a alerté le gouvernement depuis des semaines, des mois", a ajouté Pierre Gattaz, selon qui "l'administration ne sait pas faire non plus."

Tâches pénibles

Instauré depuis 2015 et mesure emblématique de la réforme des retraites de 2013, le Compte personnel de prévention de la pénibilité (CPPP) doit permettre aux salariés du privé ayant exercé des tâches pénibles de cumuler des points afin de partir plus tôt à la retraite, se former ou travailler à temps partiel. Environ 3 millions de personnes sont concernées, selon le gouvernement.

Plafonné à 100 points sur l'ensemble de la carrière, le compte ouvre droit à une formation professionnelle pour accéder à un emploi moins exposé, à un passage à temps partiel sans baisse de rémunération ou à une retraite anticipée.

Beaucoup trop contraignant

Dix facteurs de pénibilité ont été recensés dans le cadre de la dernière réforme des retraites. Les quatre premiers (travail de nuit, en équipes alternées, répétitif ou à cadence contrainte et en milieu hyperbare) sont pris en compte depuis janvier 2015. Ce sont les six autres (manutention de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques, contact avec des agents chimiques dangereux, températures extrêmes et bruit), qui doivent entrer en vigueur à partir de vendredi.

Le patronat s'est toujours opposé à ce dispositif, qu'il juge beaucoup trop contraignant, notamment pour les PME et très petites entreprises...

Interrogée sur cette décision de ne pas prendre en compte les six nouveaux critères à partir de vendredi, la ministre de la Santé et des Affaires sociales Marisol Touraine n'a pas caché son agacement : "Le Medef ne peut pas choisir les lois qu'il applique. La démocratie ne s'arrête pas aux portes du Medef", a-t-elle estimé.

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