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Commerce : possible rencontre Trump-Xi au G20 d'Osaka

Commerce : possible rencontre Trump-Xi au G20 d'Osaka

Malgré la hausse des droits de douane, vendredi, sur 200 Mds$ de biens chinois importés aux Etats-Unis, l'espoir d'un accord commercial demeure... Washington parle de dialogue constructif, et les marchés financiers veulent y croire !

Commerce : possible rencontre Trump-Xi au G20 d'Osaka
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le dernier round de négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine s'est achevé vendredi à Washington sans accord, et les Etats-Unis ont officiellement imposé des droits de douane de 25% (contre 10% auparavant) à 200 milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis...

Pékin a aussitôt indiqué qu'il regrettait "profondément" la décision américaine et a annoncé qu'il prendrait des contre-mesures, sans les détailler...

Une rencontre Trump-Xi au sommet du G20 d'Osaka ?

Toutefois, malgré la montée des tensions, les deux plus grandes puissances économiques mondiales continuent de travailler en vue d'un accord. A l'issue de deux nouvelles journée de discussions à haut niveau, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a ainsi qualifié le dialogue de "constructif", sans donner de précisions.

Dimanche Larry Kudlow, conseiller économique de Donald Trump, a affirmé qu'une rencontre entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping était envisagée en marge du sommet du G20 prévu les 28 et 29 juin à Osaka, au Japon, afin de tirer les négociations commerciales de l'impasse. "Les chances que le président Trump et le président Xi se retrouvent ensemble lors de cette réunion sont probablement assez grandes", a ainsi déclaré Larry Kudlow sur la chaîne 'Fox News'.

Un délai de grâce pour les droits de douane

Par ailleurs, sur les droits de douane, Washington a fait une concession, en accordant un délai de grâce à la Chine. Ainsi, les marchandises expédiées de Chine par la mer avant ce vendredi minuit heure de Washington ne seront pas taxées à leur arrivée aux Etats-Unis. Cela laisse en pratique un délai de quelques semaines pour poursuivre le dialogue entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales.

L'espoir demeure donc d'éviter une guerre commerciale de grande envergure entre les Etats-Unis et la Chine, une perspective qui pourrait plomber l'économie mondiale et qui a fait vivre aux Bourses mondiales leur plus mauvaise semaine depuis le début 2019.

Les Bourses mondiales sur des charbons ardents

Vendredi à Wall Street, l'indice Dow Jones est parvenu à finir en hausse de 0,44% et le Nasdaq a grappillé 0,08%, alors que les deux indices chutaient respectivement de 1,4% et de 1,9%, avant les déclarations de Steven Mnuchin... Les marchés américains ont malgré tout signé leur pire semaine depuis le début de l'année, avec des indices en recul d'un peu plus de 2% (DJIA et S&P 500) et de 3% pour le Nasdaq sur 5 séances.

En Asie, le Nikkei a chuté de 4,1% sur la semaine à Tokyo, et le CSI 300 a plongé de 4,6% à Shanghai, tandis qu'en Europe, l'EuroStoxx 50 et le CAC 40 ont tous deux abandonné 4% en 5 séances, là aussi leur pire performance hebdomadaire de 2019.

Une guerre commerciale dangereuse pour l'économie mondiale

Alors que Donald Trump affirme que la Chine a plus à perdre d'une montée des barrières douanières que les Etats-Unis, les économistes jugent au contraire que les deux parties seraient perdants et que l'ensemble de l'économie mondiale en pâtirait. Le Fond monétaire international a une nouvelle fois mis en garde, jeudi, contre les risques d'un conflit commercial "prolongé" entre les Etats-Unis et la Chine.

Un tel conflit constitue "une menace pour la croissance mondiale", a déclaré Gerry Rice, porte-parole du FMI, tout en espérant "qu'il y aura une résolution rapide à ces discussions". "Tout le monde est perdant en cas de conflit prolongé", a ajouté M. Rice...

Washington menace de taxer la totalité des importations chinoises

En début de semaine, Washington a accusé la Chine d'être revenue sur ses engagements pris lors de précédentes sessions de négociations, une accusation infondée selon Pékin. Outre la taxation à 25% de 200 Mds$ de biens chinois déjà taxés à 10%, Donald Trump brandit la menace de taxer également à 25% 325 Mds$ supplémentaires, ce qui équivaudrait à taxer la totalité des produits chinois importés.

Le président américain a ainsi annoncé vendredi dans un tweet que la procédure en vue de ces nouvelles taxations a débuté, ajoutant que selon lui, "il n'y a absolument aucune nécessité de se précipiter" à signer un accord avec Pékin.

Vendredi, le président américain a aussi tweeté que les droits de douane "vont rendre notre pays BEAUCOUP PLUS FORT, pas plus faible. Restez assis et observez ! Entre-temps, la Chine ne devrait pas renégocier avec les Etats-Unis à la dernière minute. Ceci n'est pas l'administration Obama ni l'administration de Joe l'Endormi (allusion à Joe Biden, ancien vice-président d'Obama : ndlr) qui a laissé la Chine s'en tirer à bon compte".

Le futur accord, très ambitieux, prévoit de refonder la relation commerciale entre les Etats-Unis et la Chine afin de rééquilibrer les échanges en faveur de Washington.

L'administration Trump exige la réduction du colossal déficit commercial américain avec la Chine, mais aussi des "changements structurels" sur toute une série de griefs américains : vol de propriété intellectuelle et de secrets commerciaux, transfert de technologies, concurrence, accès aux marchés financiers et manipulation de la devise chinoise.

Pékin refuserait de légiférer pour mettre en oeuvre l'accord

Selon des sources citées par 'Reuters', la colère de Washington aurait été déclenchée par un pli diplomatique adressé vendredi dernier par Pékin, qui comprenait "des passages supprimés à quasiment chaque point du projet d'accord de près de 150 pages qui devait couronner des mois de négociations commerciales"...

Dans les sept chapitres du projet, la Chine aurait en outre retiré son engagement à légiférer pour répondre aux griefs qui ont amené l'administration Trump à déclencher une guerre commerciale. Ce refus de légiférer a été jugé inacceptable par Washington, qui exige des garanties sur l'application de l'accord, d'autres traités étant restés par le passé lettre morte...

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