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Commerce : les taxes Trump sur l'automobile reportées de 6 mois ?

Commerce : les taxes Trump sur l'automobile reportées de 6 mois ?

Après l'échec des dernières négociations commerciales avec la Chine, les Etats-Unis pourraient accorder un délai de six mois à l'Europe sur les importations automobiles, que Donald Trump menaçait de taxer à partir de ce samedi 18 mai...

Commerce : les taxes Trump sur l'automobile reportées de 6 mois ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le dossier de la guerre commerciale reste actuellement le facteur prépondérant pour les marchés financiers... Ainsi, l'annonce d'un possible report de la taxation des importations automobiles aux Etats-Unis a entraîné, mercredi après-midi, une inversion de tendance des Bourses européenne et américaine, qui ont toutes deux terminé en hausse malgré un début de séance en berne.

Les actions ont ainsi vivement rebondi après que l'agence 'Bloomberg' et la chaîne 'CNBC' ont affirmé que Donald Trump devrait repousser de six mois l'imposition de tarifs douaniers supplémentaires dans le secteur automobile, offrant ainsi un répit bienvenu à l'Union européenne.

Pas d'ouverture de deux fronts en même temps...

Selon des sources citées par la presse, le président américain penchait initialement pour un report de trente jours, mais il aurait accepté de le prolonger à six mois (180 jours) afin de ne pas multiplier les conflits commerciaux, à un moment où les discussions sont au point mort avec la Chine.

Les dernières négociations avec Pékin se sont achevées le 10 mai sur un échec, les deux parties s'accusant mutuellement d'avoir fait capoter un accord, qui était pourtant considéré jusque là comme proche.

Sur l'automobile, la décision officielle de Washington doit intervenir d'ici samedi, la date-butoir qui avait été fixée en février par l'administration Trump pour l'entrée en vigueur de ces taxes allant jusqu'à 25% sur les automobiles et les pièces détachées automobiles importées aux Etats-Unis. Dans l'Union européenne, l'Allemagne et ses grosses cylindrées (BMW, Mercedes, Audi) serait particulièrement visée par ces taxes, tandis qu'en Asie, le Japon et la Corée du sud sont en première ligne...

L'acier et l'aluminium européen déjà taxés par Trump depuis un an

En février dernier, le ministère américain du Commerce avait remis au président Trump un rapport concluant que les importations de voitures posaient un risque pour la sécurité nationale en affaiblissant l'industrie automobile américaine. L'administration Trump avait alors décrété un délai de 90 jours avant l'imposition de nouvelles taxes douanières sur les importations automobiles.

Le dossier a tendu encore davantage les relations américano-européennes, déjà envenimées par la taxation de l'acier et de l'aluminium en 2018, puis par le retrait de Washington de l'accord multilatéral sur le nucléaire iranien, ainsi que par les exigences du président américain concernant le financement de l'Otan.

Le 1er juin 2018, les Etats-Unis avaient déjà imposé des taxes d'importation de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium, provoquant la colère des régions concernées. L'Union européenne avait répliqué en imposant des droits de douane sur 2,8 milliards d'euros (3,4 Mds$) d'exportations américaines, dont le bourbon, le beurre de cacahuètes, les Harley Davidson et les jeans. Les exportations européennes de métaux vers les Etats-Unis s'élèvent de leur côté à 6,4 MdsE.

Objectif "zéro droit de douane, zéro barrière non tarifaire et zéro subvention"

Depuis cette date, l'Union européenne, notamment via sa commissaire au Commerce Cecilia Malmström, n'a eu de cesse de demander le respect de l'accord conclu fin juillet 2018 entre Donald Trump et Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. Cet accord stipulait que les Etats-Unis et l'Union européenne ne s'infligeraient par de droits de douane supplémentaires tant que leurs discussions commerciales se poursuivaient.

Le 25 juillet 2018, à l'issue d'une rencontre à Washington entre Jean-Claude Juncker et Donald Trump, les Américains et les Européens avaient conclu une trêve, et s'étaient engagés à mettre en place un groupe de travail en faveur de plus de libre-échange transatlantique.

"Nous nous sommes mis d'accord pour travailler vers l'objectif d'avoir zéro droit de douane, zéro barrière non tarifaire et zéro subvention sur les biens industriels hors automobile", avait alors expliqué le président américain...

Trump s'immisce aussi dans le conflit Airbus-Boeing

La menace de taxer jusqu'à 25% les importations aux Etats-Unis d'automobiles européennes avait alors été suspendue, ce qui n'a pas empêché le président américain de revenir à la charge sur ce sujet, mais aussi plus récemment sur celui de l'aéronautique...

Le 9 avril dernier, Washington a ainsi ouvert le feu en brandissant la menace de taxer 11 milliards de dollars de produits européens, en représailles aux subventions que Boeing accuse Airbus d'avoir touché illégalement.

L'administration Trump s'est ainsi immiscée dans un conflit ouvert depuis 14 ans devant l'OMC (Organisation mondiale du commerce), les deux constructeurs rivaux d'avions s'accusent mutuellement de bénéficier de façon illicite de soutiens publics...

©2019,

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