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Commerce : la "méthode Trump" pour faire plier ses adversaires

Commerce : la "méthode Trump" pour faire plier ses adversaires

Après son bruyant coup de poing sur la table contre la Chine, Washington a entamé des négociations secrètes avec Pékin pour éviter une guerre commerciale. Une méthode déjà éprouvée par Donald Trump, mais qui irrite Pékin...

Commerce : la 'méthode Trump' pour faire plier ses adversaires
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Donald Trump continue de souffler le chaud et le froid sur le commerce mondial et les marchés financiers... La méthode musclée du président américain est désormais éprouvée : la première étape consiste à proférer des menaces tonitruantes (contre la Corée du Nord, la Chine, l'Iran, l'Allemagne, l'Otan etc...), suivie d'une seconde étape, plus discrète, de négociations, au cours desquelles Washington cherche à obtenir "le meilleur deal possible", pour reprendre une des expressions préférées de Donald Trump.

Le dernier épisode en date concerne la Chine, trois semaines après les annonces de taxes sur l'acier et l'aluminium (qui concernaient surtout le Canada, l'Union européenne et la Corée du Sud).

Dans un premier temps, la Bourse a paniqué suivant l'annonce, jeudi dernier, de l'imposition de droits de douanes sur 50 à 60 milliards de dollars de produits chinois par le locataire de la Maison Blanche. A Wall Street, le S&P 500 a vécu sa pire semaine depuis environ 2 ans, avec une chute hebdomadaire de l'ordre de 6% !

Bras de fer et négociations secrètes...

La première réaction de Pékin a été de menacer de riposter en relevant à son tour les barrières douanières, tandis que l'ambassadeur de Chine à Washington a agité vendredi la menace de réduire les achats de Bons du trésor américains par Pékin... Or, la Chine étant le premier créancier des Etats-Unis, une telle décision pourrait avoir des conséquences importantes pour Washington, au moment où la dette américaine est appelée à s'alourdir pour financer la réforme fiscale de Donald Trump.

En octobre 2017, la Chine détenait pour non moins de 1.190 milliards de dollars de bons du Trésor américains.

Cependant, pendant le week-end, le ton a baissé d'un cran, et Pékin comme Washington ont entamé, selon la presse, des négociations secrètes qui pourraient déboucher sur un assouplissement des mesures envisagées. Ainsi, selon le 'Wall Street Journal', les Etats-Unis ont envoyé une lettre à leurs homologues chinois pour négocier davantage d'accès à leur marché.

Les Etats-Unis affichent un déficit commercial de 375 Mds$ avec la Chine

Washington auraient ainsi demandé à la Chine d'abaisser ses droits de douane sur les voitures américaines, d'acheter davantage de semi-conducteurs américains et de faciliter l'accès de leurs entreprises à son secteur financier. En cas d'accord sur ces questions, les Etats-Unis appliqueraient avec moins de rigueur les barrières douanières envisagées. L'objectif affiché étant de réduire le déficit commercial colossal des Etats-Unis face à la Chine, qui a progressé de 10% en 2017, pour atteindre 375 milliards de dollars.

Selon le 'WSJ', les négociations sont menées par le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin et le représentant au commerce Robert Lighthizer côté américain et par Liu He, le "tsar" de l'économie en Chine. Steven Mnuchin s'est déclaré dimanche "prudemment optimiste sur la possibilité d'un accord", sur la chaîne TV américaine 'Fox News'.

Du côté de Pékin, le ton est cependant loin d'être aussi optimiste... Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a appelé lundi Washington, à "cesser l'intimidation et l'hégémonie économiques". Selon elle, "les Etats-Unis doivent comprendre qu'au 21e siècle, le commerce international a besoin de règles, et non de suprématie".

Séoul exempté de taxes sur l'acier, l'UE réclame une exemption "permanente"

Début mars, Donald Trump avait utilisé la même méthode, infligeant des lourdes taxes sur l'acier (25%) et l'aluminium (10%), avant de faire miroiter des exemptions, sous conditions, à négocier point par point avec les pays concernés. C'est ainsi que la plupart des pays, à commencer par le Canada et le Mexique, mais aussi l'Union européenne, ont été exemptés, au moins temporairement, en attendant des concessions réclamées par Washington.

Lundi, la Corée du Sud a été à son tour exemptée définitivement des taxes sur l'acier, après avoir accepté une série de concessions. Le pays réduira de 30% ses exportations d'acier vers les Etats-Unis, ouvrira son marché automobile aux constructeurs américains, et a accepté de prolonger de 20 ans, jusqu'à 2041, les taxes américaines de 25% sur les pick-ups sud-coréens.

Du côté de l'Union européenne, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission a réclamé que l'UE soit exemptée de façon permanente des droits de douane américains sur l'acier et l'aluminium, alors que les exemptions temporaires expireront le 1er mai prochain...

©2018,

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