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Consultation

Commerce : encore une chance de trouver un accord entre les Etats-Unis et la Chine ?

Commerce : encore une chance de trouver un accord entre les Etats-Unis et la Chine ?

La hausse des droits de douane sur 200 milliards de produits chinois décidée par Donald Trump entre en vigueur ce vendredi...

Commerce : encore une chance de trouver un accord entre les Etats-Unis et la Chine ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — C'est aujourd'hui vendredi que la hausse des droits de douane sur 200 milliards de produits chinois décidée par le président Donald Trump entre en vigueur, alors que les négociations se poursuivent à Washington.

Ces produits jusque-là soumis à des droits de douane de 10% sont désormais taxés à hauteur de 25% depuis 00h01 heure de New York (04h01 GMT) vendredi. Il s'agit des produits chimiques, des matériaux de construction, du mobilier et des produits électroniques grand public...

Pékin "regrette profondément" la décision américaine

La Chine a indiqué ce vendredi qu'elle regrettait profondément la décision américaine et qu'elle prendrait des contre-mesures, sans fournir plus de détails. Dans un communiqué, le ministère chinois du Commerce dit espérer que Washington et Pékin trouveront un compromis et régleront le contentieux par le biais de la coopération et de consultations.

Hier jeudi, le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin et Liu He se sont rencontrés pendant 90 minutes à Washington. Les discussions vont reprendre ce vendredi matin, a annoncé un porte-parole de la Maison blanche, alors que le président américain Donald Trump a adopté ces derniers jours la stratégie de la "carotte et du bâton", entraînant au passage d'importantes turbulences sur les marchés financiers.

Un accord est "toujours possible"...

Jeudi, alors qu'une délégation chinoise arrivait à Washington, M. Trump s'est toutefois voulu apaisant, jugeant un accord encore "possible" lors de ces discussions prévues pour durer 48 heures.

Le président américain a déclaré qu'il venait de recevoir une "très belle lettre" de son homologue Xi Jinping, qu'il pensait avoir bientôt au téléphone...

Pour le FMI, "tout le monde est perdant en cas de conflit prolongé"

Il a ajouté qu'il estimait encore "possible" de nouer cette semaine un accord commercial avec Pékin malgré le regain de tensions des derniers jours. En cas d'échec, Washington compte cependant bien mettre à exécution sa menace de relever, de 10% à 25% les taxes d'importation sur 200 milliards de dollars de biens importés de Chine...

De son côté, le FMI a mis en garde jeudi contre les risques d'un conflit commercial "prolongé" entre les Etats-Unis et la Chine. Un tel conflit constitue "une menace pour la croissance mondiale", a déclaré Gerry Rice, porte-parole du Fonds Monétaire International, tout en espérant "qu'il y aura une résolution rapide à ces discussions". "Tout le monde est perdant en cas de conflit prolongé", a ajouté M. Rice...

Pour Donald Trump, la Chine souffrira plus des taxes que les Etats-Unis

Mercredi soir, Donald Trump avait accusé la Chine d'avoir "rompu l'accord" commercial, ajoutant qu'elle devrait le payer par l'intermédiaire des tarifs douaniers.

Sur Twitter, le président américain avait maintenu la pression en citant l'ex-économiste en chef de la Commission du commerce international des Etats-Unis, Peter Morici, selon lequel "la réalité est qu'avec les Tarifs (douaniers), l'économie a progressé plus rapidement aux Etats-Unis et bien plus lentement en Chine".

Ces commentaires ont entraîné une forte volatilité sur les marchés financiers, au moment où la délégation chinoise, menée par le vice-Premier ministre Liu He, est attendue à Washington pour s'entretenir jeudi et vendredi avec les responsables américains.

Jusqu'à la fin de la semaine dernière, cette visite était présentée comme la dernière avant un sommet entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, destiné à sceller un accord historique entre les deux principales puissances économiques mondiales...

La Chine ne "capitulera pas", mais prône le dialogue

Quelques heures avant le début des discussions, Gao Feng, porte-parole du ministère chinois du Commerce, a affirmé que "la Chine ne capitulera pas face à la pression et nous avons la détermination ainsi que les moyens de défendre nos intérêts"...

Le porte-parole, cité par l'agence 'Reuters', a toutefois appelé au dialogue, espérant que les Etats-Unis pourront faire "la moitié du chemin" en vue d'un accord, et qu'il "pourront résoudre les problèmes actuels par la coopération et la consultation plutôt que par des mesures unilatérales".

Selon la presse, Pékin se prépare toutefois à un échec et est en train de dresser, en représailles, une liste de produits américains à taxer si Washington appliquait vendredi sa menace de taxer à 25% 200 Mds$ de produits chinois, qui supportent déjà actuellement un prélèvement de 10%.

Pékin aurait supprimé de nombreux passages du projet d'accord

Selon des sources citées par 'Reuters', la colère de Washington aurait été déclenchée par un pli diplomatique adressé vendredi dernier par Pékin, qui comprenait "des passages supprimés à quasiment chaque point du projet d'accord de près de 150 pages qui devait couronner des mois de négociations commerciales"...

Dans les sept chapitres du projet, la Chine aurait en outre retiré son engagement à légiférer pour répondre aux griefs qui ont amené l'administration Trump à déclencher une guerre commerciale (vol de propriété intellectuelle et de secrets commerciaux, transfert de technologies, concurrence, accès aux marchés financiers et manipulation de sa devise).

Washington exige de Pékin des engagements législatifs contraignants

C'est donc à la lecture de ce document que Donald Trump a annoncé dimanche avec fracas son intention de relever dès ce vendredi 10 mai les taxes d'importation sur 200 Mds$ de produits chinois, menaçant en outre de taxer ensuite à 25% 325 Mds$ supplémentaires de marchandises chinoises importées aux Etats-Unis.

La suppression par Pékin de toute mention relative à une obligation législative aurait été en particulier jugée inacceptable par le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer, qui désire un cadre clair et contraignant évitant les promesses en l'air...

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