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Carlos Ghosn restera bien en prison jusqu'au 22 avril, recours rejeté...

Carlos Ghosn restera bien en prison jusqu'au 22 avril, recours rejeté...

Libéré le 6 mars dernier contre le versement d'une caution de 9 millions de dollars après 108 jours de détention, Carlos Ghosn a été de nouveau arrêté la semaine passée sur ordre du parquet de Tokyo...

Carlos Ghosn restera bien en prison jusqu'au 22 avril, recours rejeté...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Cour suprême du Japon a rejeté ce lundi le recours déposé par Carlos Ghosn contre la prolongation de sa détention en prison après avoir été de nouveau arrêté le 4 avril dernier.
Carlos Ghosn a dans un premier temps été placé en détention jusqu'au 14 avril, période qui a été prolongée vendredi jusqu'au 22 pour permettre au procureur d'engager des poursuites contre l'ancien patron de Renault et de Nissan.

Libéré le 6 mars dernier contre le versement d'une caution de 9 millions de dollars (7,9 millions d'euros) après 108 jours de détention, Carlos Ghosn a été de nouveau arrêté sur ordre du parquet de Tokyo...

Il est soupçonné d'enrichissement personnel et accusé d'avoir causé à Nissan des pertes financières de cinq millions de dollars entre décembre 2015 et juillet 2018... L'ancien patron, également inculpé d'abus de confiance aggravé et pour avoir minimisé ses revenus chez le constructeur automobile japonais Nissan pendant près de 10 ans, dément toutes les accusations. Ses avocats estiment que sa nouvelle détention est "illégale".

Vidéo accusatrice

Une vidéo de Carlos Ghosn a été diffusée en début de semaine dernière par ses avocats, dans laquelle il clame haut et fort son innocence. L'ancien patron de l'alliance Renault - Nissan se dit victime d'un complot dans cette vidéo "face caméra" enregistrée juste avant sa nouvelle arrestation.

L'ancien dirigeant ne cite aucun nom dans la vidéo, mais parle à plusieurs reprises de "conspiration". Son avocat principal, Junichiro Hironaka, a expliqué que les références nominatives avaient été supprimées volontairement "par précaution" au montage... Carlos Ghosn dénonce une manoeuvre pour empêcher la fusion plus profonde des deux entités Renault et Nissan qui inspirait de la peur au Japon. "Les accusations contre moi sont subjectives, sorties de tout contexte et déformées" a expliqué Ghosn qui dément être le personnage "dictatorial et avide" que tentent de dépeindre ses accusateurs.

"Poignardé dans le dos"

Dans ce document, Carlos Ghosn dit également craindre un "manque de vision" pour le devenir de l'alliance Renault-Nissan tout en réaffirmant son attachement à Nissan et au Japon ("J'aime le Japon !")... "J'ai été poignardé dans le dos (...) car plus de convergence au sein de l'alliance menaçait les intérêts de certaines personnes en interne chez Nissan". Mettant en avant les contre-performances du constructeur japonais, Carlos Ghosn souligne que sa seule motivation était de servir les intérêts du groupe et de ses actionnaires et que la "vérité gagnera à la fin"...

Les avocats de Carlos Ghosn ont répété pour leur part, que l'arrestation de leur client la semaine dernière était une tentative de le museler, car l'ancien patron avait prévu de prendre la parole le 11 avril en convoquant les journalistes lors d'une conférence de presse...

En début de semaine dernière, les actionnaires de Nissan ont révoqué Carlos Ghosn du conseil d'administration en assemblée générale extraordinaire...

"Apaiser les craintes"

Les mêmes actionnaires ont aussi approuvé la nomination en tant qu'administrateur du président de Renault Jean-Dominique Senard, une élection qui était attendue pour apaiser les craintes concernant l'avenir de l'alliance automobile franco-japonaise, dont il est président de droit... Ce dernier a insisté sur l'importance de l'alliance. "Je proposerai constamment les meilleures évolutions possibles dans le cadre de l'alliance", a-t-il dit... "Nous voulons assurer à Nissan l'avenir qui convient."

"Stabiliser Nissan"

Le directeur général de Nissan Hiroto Saikawa qui s'exprimait devant les actionnaires pour la première fois depuis le début de l'affaire en novembre dernier, a expliqué de son côté qu'avant de céder sa place à la tête du groupe, il ferait en sorte de "stabiliser" Nissan... Ce qui prendra du temps, a-t-il ajouté... "Ce n'est pas un problème que nous pourrons régler du jour au lendemain... Nous devons améliorer la gouvernance et préparer l'entreprise pour les prochaines étapes, puis passer le flambeau de la direction" a-t-il expliqué.

Hiroto Saikawa a également déclaré que Nissan envisageait de réclamer des dommages et intérêts à Carlos Ghosn pour inconduite financière présumée. Il a également déclaré aux actionnaires qu'il n'était pas question de lui verser d'indemnités de rupture...

Carlos Ghosn a été mis en examen le 10 décembre, pour dissimulation de revenus. Il aurait minimisé, dans les rapports de Nissan remis aux autorités boursières, une partie de ses revenus, à hauteur de 5 milliards de yens (40 millions d'euros) sur cinq années, de 2010 à 2015.

La même opération aurait été effectuée sur la période de 2015 à 2018, pour une enveloppe de 4 milliards de yens (32 millions d'euros environ). L'intéressé nie les faits qui lui sont reprochés. Il aurait aussi transféré temporairement à Nissan des pertes financières personnelles durant la crise financière mondiale...

Procès équitable ?

Les avocats de Carlos Ghosn ont demandé à la justice japonaise de dissocier le procès de leur client de celui de son ex-bras droit Greg Kelly et de celui de Nissan, arguant qu'il n'aurait pas sinon un procès équitable...

En France, la justice a de son côté ouvert une enquête préliminaire sur les conditions de financement de son mariage au château de Versailles, dont Renault est mécène. Renault a signalé par ailleurs au parquet la semaine dernière avoir découvert l'existence de flux financiers suspects vers Oman...

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