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Brexit : pas d'accord, pas de chocolat ?

Brexit : pas d'accord, pas de chocolat ?

Le géant de la confiserie Mondelez a commencé à stocker des chocolats Cadbury et d'autres produits au Royaume-Uni pour faire face aux conséquences d'un possible "Brexit dur". Alors les discussions patinent, des rapports pointent le risque de pénuries

Brexit : pas d'accord, pas de chocolat ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Mondelez International, propriétaire des chocolats Cadbury et des biscuits Oreo, a commencé à stocker des produits au Royaume-Uni dans la crainte d'un "Brexit" sans accord, a révélé mardi le journal britannique 'The Times'.

Le quotidien conservateur cite le président de la division européenne du groupe, Hugh Weber, qui a précisé que le groupe stockait "des ingrédients et des produits finis à des niveaux plus élevés", pour parer à toute éventualité. "Mondelez préfèrerait un bon accord sur le Brexit, un qui permettrait une libre circulation des produits", a déclaré M. Weber... "Cependant, nous nous préparons également à un Brexit difficile et (...) nous stockons des ingrédients et des produits finis à des niveaux plus élevés", a-t-il ajouté.

Theresa May face à la fronde des partisans d'un Brexit sans concessions

Mondelez international, né en 2012 de la scission de Kraft Foods en deux entités, a mis en place un plan d'urgence, car le Royaume-Uni n'est pas autosuffisant en termes d'ingrédients alimentaires nécessaires à la fabrication de ses produits, selon le 'Times'.

Le Royaume-Uni doit quitter l'Union européenne le 29 mars prochain, mais il n'y a pour le moment pas d'accord de sortie en bonne et due forme et le parti au pouvoir semble très divisé sur la question.

La Première ministre, Theresa May doit affronter la fronde des partisans d'un Brexit sans concessions, menés par Boris Johnson, son ex-ministre des Affaires étrangères. Lundi cependant, le Commissaire européen Michel Barnier a relancé l'espoir en évoquant un possible accord dans "6 à 8 semaines"...

Mondelez a déjà réduit le poids de ses Toblerone

Mondelez avait déjà fait des vagues en octobre 2016, en réduisant le poids de ses barres de Toblerone afin d'éviter une augmentation du prix de la barre. Il s'agissait déjà d'un effet indirect du référendum sur le Brexit, en juin 2016, qui a entraîné une baisse de la livre sterling et par conséquent, une hausse des prix des ingrédients importés par Toblerone.

"Comme beaucoup d'autres compagnies, nous sommes confrontés à une hausse des coûts des ingrédients. Nous l'avons supportée aussi longtemps que possible, mais pour garantir que Toblerone reste abordable en rayon et garde sa forme triangulaire, nous avons dû réduire le poids de deux de nos barres au Royaume-Uni seulement" avait alors expliqué le groupe.

Risque réel de pénurie alimentaire, selon une étude universitaire

Deux ans plus tard, les négociations sur les conditions de départ de Londres de l'UE sont dans l'impasse persistante et le risque existe de voir les négociations s'achever sur un "no deal", à savoir une sortie du marché unique et de l'union douanière est élevé...

Dans une étude publiée en juillet dernier par l'université du Sussex, un groupe d'universitaires britanniques spécialistes des politiques alimentaires a mis en garde de gouvernement contre un "risque réel" de pénurie de nombreux produits alimentaires en cas de sortie de l'Union européenne sans accord.

La question est cruciale, car moins de la moitié des produits alimentaires consommés par les Britanniques sont produits sur place, et le Royaume-Uni importe près d'un tiers (31%) de son alimentation de l'UE, une chaîne d'approvisionnement qui pourrait donc être bouleversée en cas de "Brexit dur". Le retour des contrôles aux frontières et des taxes d'importation renchérirait les produits et ralentirait leur acheminement depuis le continent...

Des mesures d'urgence envisagées par le gouvernement

Le nouveau ministre du Brexit, Dominic Raab, a pourtant affirmé fin juillet que le gouvernement allait s'"assurer qu'il y ait un approvisionnement alimentaire adéquat" en cas de Brexit sans accord. Outre l'alimentation, d'autres produits comme les médicaments et les carburants, pourraient aussi venir à manquer à cette occasion, selon des rapports d'experts.

Selon le journal 'The Sun', qui n''a pas été démenti, l'Etat britannique a prévu des mesures d'urgence en cas de "hard Brexit", dont la réquisition d'une portion de l'autoroute M26 afin d'en faire une "zone d'attente" capable d'accueillir 1.400 véhicules de marchandises et de désengorger le port de Douvres, par lequel transitent la plupart des marchandises importées.

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