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Brexit : le Royaume-Uni divorce de l'UE après 47 ans de mariage

Brexit : le Royaume-Uni divorce de l'UE après 47 ans de mariage

Trois ans et demi après le référendum de juin 2016, la Royaume-Uni a quitté officiellement l'Union européenne vendredi soir. Le plus dur commence cependant, car il faut négocier un accord encadrant les futures relations entre les 2 blocs...

Brexit : le Royaume-Uni divorce de l'UE après 47 ans de mariage
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le divorce est désormais consommé. Le Royaume-Uni a quitté l'Union européenne vendredi soir à 23h, heure de Londres (minuit à Paris), trois ans et demi après le référendum qui a dit "non" à Bruxelles. L'épisode a mis fin à une aventure commune de 47 ans, ponctuée de péripéties, le Royaume-Uni ayant toujours exprimé sa spécificité au sein de l'Union.

Très symboliquement, le drapeau britannique a été retiré vendredi soir du Conseil européen à Bruxelles, vers 18h30 GMT (19h30 à Paris), puis simultanément une demi-heure plus tard des deux sièges du Parlement européen, à Strasbourg et Bruxelles.

Course contre la montre

Une nouvelle page s'ouvre désormais, une période de transition pendant laquelle il faudra négocier la future relation entre Londres et l'Union européenne. Or, le calendrier du Brexit est très serré : il prévoit qu'un accord encadrant les futures relations entre le deux blocs soit conclu avant la fin 2020, c'est à dire 11 mois seulement après le divorce effectif, compte tenu du retard pris lors de la première phase du processus. Faute d'accord, c'est le spectre du "hard Brexit" qui reviendrait, avec son cortège de droits de douane et de lourdeurs administratives.

De nombreux experts tablent d'ores et déjà sur un report de cette date, étant donné la complexité des sujets à traiter, qui nécessite de mener des discussions secteur par secteur. Londres dispose en effet de la possibilité de demander une prolongation d'un an, voire de deux ans, mais cette demande doit impérativement être faire avant le 1er juillet prochain.

Boris Johnson exclut toute prolongation au-delà de 2020

Toutefois, le Premier ministre britannique Boris Johnson a exclu toute prolongation des discussions au-delà de la fin 2020... Le 9 janvier, le négociateur en chef européen Michel Barnier se montrait très sceptique : "nous ne pouvons tout simplement pas nous mettre d'accord sur chaque point de ce nouveau partenariat en moins d'un an", a-t-il déclaré lors d'un discours à Stockholm.

"Nous sommes prêts à faire de notre mieux et le maximum en onze mois pour parvenir à un accord sur les grands principes avec le Royaume-Uni mais nous aurons besoin de plus de temps pour nous entendre sur chaque point de cette déclaration politique", avait-il ajouté.

La veille, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait elle aussi jugé impossible de parvenir à un accord d'ici au 31 décembre. Elle a averti qu'il serait impossible de s'accorder sur "tous les aspects" et qu'il faudrait choisir des "priorités".

Londres entend mettre la pression sur l'UE

Selon le 'Daily Telegraph' publié samedi, Boris Johnson prévoit d'annoncer le rétablissement de contrôles douaniers aux frontières pour les biens importés en Grande-Bretagne à compter de l'année prochaine, dans le but de faire pression sur l'Union européenne en vue des négociations commerciales à venir.

"Nous prévoyons d'imposer des contrôles complets sur toutes les importations de l'UE - déclaration en douane d'exportation, déclaration de sûreté, certificat sanitaire pour les animaux et passage de tous les biens vendus en supermarché par les services d'inspection aux frontières", a ainsi déclaré au journal un responsable gouvernemental.

Les priorités des deux camps dévoilées dès la semaine prochaine

Dès lundi, Michel Barnier doit présenter les priorités de son mandat et le modus operandi de cette seconde phase. Il a rencontré vendredi après-midi à Paris le président Emmanuel Macron. Dans un message vidéo, le président français a estimé que "ce départ est un choc, un signal d'alarme historique pour l'Europe toute entière qui doit nous faire réfléchir".

De son côté, Boris Johnson doit également annoncer la semaine prochaine, peut-être dès lundi, son programme de négociation.

Dans l'immédiat, le Brexit ne changera pas grand-chose dans la vie quotidienne des Britanniques et des Européens, tant que durera la période de transition. Le Royaume-Uni continuera à bénéficier, mais aussi à contribuer, au budget pluriannuel européen voté en 2013 pour la période 2014-2020. En 2018, Londres avait contribué pour 16,4 milliards d'euros au budget européen, pour des retours estimés à 6,6 milliards. Cela en faisait alors le deuxième contributeur net, avec 9,8 milliards d'euros de déficit.

Concernant les droits des citoyens, les quelque 3,4 millions d'Européens vivant déjà au Royaume-Uni (dont près de 350.000 Français) et les Britanniques installés dans l'UE, devraient voir leurs droits maintenus après le Brexit. Pour les nouveaux arrivants en revanche, les règles pourraient évoluer.

©2020,

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