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Brexit : La Banque d'Angleterre s'inquiète d'un scénario "pire que 2008"

Brexit : La Banque d'Angleterre s'inquiète d'un scénario "pire que 2008"

La banque centrale britannique a tiré le signal d'alarme sur l'impact d'un Brexit sans accord. Dans ce "scénario du pire", l'économie souffrirait plus que lors de la crise de 2008, avec une chute du PIB de 8% d'ici à 2024...

Brexit : La Banque d'Angleterre s'inquiète d'un scénario 'pire que 2008'
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Alors que le projet d'accord sur le Brexit risque d'être rejeté par le Parlement britannique le mois prochain, la Banque d'Angleterre tire le signal d'alarme.

Dans un rapport, la banque centrale a ainsi estimé qu'un Brexit sans accord provoquerait un choc plus violent pour l'économie britannique que la crise financière de 2008.

Un plongeon de 8% du PIB en cas de "hard Brexit"

Dans ce "scénario du pire", le PIB britannique se contracterait de 8% d'ici à 2024, le taux de chômage monterait à 7,5% et l'inflation à 6,5%. De même, poursuit l'estimation de la BOE, les prix de l'immobilier chuteraient de 30% et la livre perdrait un quart de sa valeur !

Au cours de la crise financière de 2008, l'économie britannique s'était contractée de plus de 6%, dont 4,2% en 2009, la pire année de cette crise.

La BOE précise que ce scénario du pire n'est pas celui que les économistes de la banque jugent le plus probable, mais elle estime qu'il reste une issue plausible, dans la mesure où la Première ministre Theresa May a beaucoup de mal à convaincre le Parlement d'approuver l'accord conclu entre son gouvernement et l'Union européenne. Le Parlement doit se prononcer le 11 décembre prochain sur ce texte.

L'équivalent des chocs pétroliers des années 1970

Un "hard Brexit" entraînerait selon la BOE une perte de confiance des investisseurs vis-à-vis des institutions britanniques et le retour des contrôles douaniers aux frontières entre le Royaume-Uni et l'UE entraînerait des retards de livraison, des pénuries de nombreux produits et des tensions sociales.

La semaine dernière, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, avait déjà apporté son soutien à l'accord négocié par Theresa May avec les Européens, soulignant que dans le cas contraire, une sortie de l'UE sans transition serait équivalente "aux chocs pétroliers des années 1970".

Des scénarios plus roses en cas d'accord

La Banque d'Angleterre envisage aussi un "scénario gris" (appelé "disruptive Brexit"), où les marchandises continueraient de franchir les frontières mais seraient soumises à des droits de douanes. Le PIB chuterait alors de 3%, le chômage monterait à 5,75% et l'inflation à 4,25%, tandis que l'immobilier perdrait 14% et la livre 15%.

En revanche, en cas d'accord permettant une relation "étroite" entre Londres et l'UE, l'étude d'impact de la BOE table sur une croissance supplémentaire de 1,75%. Dans ce scénario, il n'y aurait dans ce scénario-ci ni contrôles aux frontières, ni droits de douane.

Enfin, dans l'hypothèse d'un accord, mais cette fois accompagné de relations "moins étroites" (rétablissement de contrôles aux frontières, mais sans droits de douanes), le PIB serait réduit de 0,75%, selon les estimations de la BOE...

©2018,

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