»
»
»
Consultation

Brexit : l'oeil de Moscou ?

Brexit : l'oeil de Moscou ?

De nombreux observateurs accusent désormais purement et simplement Dominic Cummings de diriger le pays à la place de Boris Johnson...

Brexit : l'oeil de Moscou ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — "Qui dirige le pays ?". La question peut surprendre mais tourne désormais en boucle outre-Manche et pas seulement dans les rangs de l'opposition travailliste... Alors que les démissions au sein du gouvernement de Boris Johnson s'accélèrent, avec le départ fracassant de son frère la semaine passée, ce dernier expliquant ne plus pouvoir concilier loyauté familiale et intérêt national, c'est la ministre britannique du Travail et des Retraites, Amber Rudd, qui a mis les pieds dans le plat en quittant le gouvernement et le Parti conservateur ce week-end...

Malgré ses récents revers au Parlement, Boris Johnson veut toujours que le Royaume-Uni quitte l'Union européenne au 31 octobre, avec ou sans accord de sortie... Johnson a cependant perdu sa majorité parlementaire la semaine passée et a exclu dans la foulée 21 députés conservateurs "rebelles" qui ont refusé de soutenir sa stratégie sur le Brexit.

Amber Rudd a déclaré pour sa part qu'il lui était impossible de demeurer chez les Tories après l'exclusion de députés "loyaux" du parti, une manoeuvre qu'elle a décrite comme "atteinte à la décence et la démocratie"..."Je ne peux pas rester les bras croisés alors que de bons, loyaux et modérés députés conservateurs sont exclus", a-t-elle expliqué sur Twitter en annonçant avoir démissionné du gouvernement et de sa fonction de "whip" des conservateurs à la Chambre des communes.

Le Sunday Times rapporte qu'au moins 6 autres membres du gouvernement partagent l'opinion de Rudd et qu'au moins l'un d'entre eux envisage lui aussi de démissionner...

Elections en question

Boris Johnson estime que la seule solution pour sortir de l'impasse est d'organiser de nouvelles élections, lesquelles lui permettraient selon lui d'obtenir un nouveau mandat et de disposer de deux semaines pour préparer le divorce avec l'UE au 31 octobre comme prévu. La Chambre des communes s'est opposée au scrutin anticipé réclamé par le Premier ministre...

La crise que traverse le pays s'est encore illustrée avec la décision de la direction des Tories de présenter un adversaire au désormais célèbre John Bercow, le président de la Chambre des Communes, lors des prochaines élections législatives...

Dans une tribune publiée par le "Mail on Sunday", la ministre des Entreprises a justifié cette mesure par le "manque d'impartialité" et les "abus de pouvoir flagrants" dont John Bercow, issu comme elle des rangs du Parti conservateur aurait fait preuve ces derniers temps...

L'homme de l'ombre

Mais celui dont tout le monde parle sans oser le dénoncer clairement reste Dominic Cummings, le sulfureux conseiller spécial de Boris Johnson. De nombreux parlementaires l'accusent désormais purement et simplement de diriger le pays à la place de Boris Johnson.

L'homme clé de la campagne pour le Brexit est l'initiateur du fameux "bus rouge", qui proclamait pouvoir économiser 350 millions de livres par semaine en quittant l'Union européenne afin de les affecter à la Sécurité social et l'inventeur du non moins fameux "Take back control".

Cummings, fraîchement diplômé d'Oxford dans les années 90, avait tenté de monter une compagnie aérienne en Russie. Ce dernier conserve des liens forts avec Moscou selon ses nombreux détracteurs. L'échec de son projet aérien l'avait fait rentrer en 1999 en Grande-Bretagne pour faire campagne contre l'adoption de l'euro.... avec succès !

Plus récemment, en 2018, Cummings avait refusé d'être entendu par une commission parlementaire britannique qui l'avait convoqué dans le cadre d'une enquête sur la campagne en faveur du Brexit et de possibles manipulations d'opinion via le dossier Cambridge Analytica sur fond de connexion avec Moscou.

Amende honorable

Mark Zuckerberg, le fondateur du plus grand réseau social du monde, avait pour sa part fait amende honorable dans cette affaire... Nous avons la responsabilité de protéger vos données, et si nous n'y parvenons pas, nous ne vous méritons pas. Devant le Congrès américain, le dirigeant avait reconnu que Facebook avait fait des erreurs mais que les actions pour prévenir ce type de situation avaient été engagées... Les conditions d'accès des développeurs aux données personnelles sont désormais plus restrictives selon le patron du groupe.

Le PDG de Facebook avait aussi présenté ses excuses devant les députés européens en admettant que le réseau social n'avait pas fait tout ce qu'il fallait pour empêcher les abus. Lors d'une audition au Parlement européen, il s'était dit disposé à réaliser d'importants investissements pour protéger les données des utilisateurs de Facebook...

Cambrige Analytica et sa société-mère britannique SCL Elections se sont depuis déclarées en faillite et ont mis la clé sous la porte...

©2019,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com