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"Brexit dur" : au pire moment !

"Brexit dur" : au pire moment !

Moins de la moitié des produits alimentaires consommés par les Britanniques sont fabriqués sur place...

'Brexit dur' : au pire moment !
Crédit photo © Suzanne Plunkett

(Boursier.com) — Un Brexit sans accord fin octobre pourrait entraîner des perturbations profondes dans la chaîne de distribution qui impacteraient profondément le Royaume-Uni, estiment certains économistes. Parmi les secteurs les plus touchés figureraient la santé et l'alimentation...

"Il y aura forcément des pénuries", a expliqué Tim Rycroft, responsable de la "Food and Drink Federation" à la BCC ce mercredi... "Nous pensons même qu'il y aura de graves perturbations qui se poursuivront pendant des semaines ou des mois après le Brexit" (...) "Le 31 octobre est la pire des date pour le secteur qui prépare à cette époque les fêtes de fin d'année. Les entrepôts seront pleins et les entreprises pourront donc difficilement constituer des réserves", d'autant que l'UE mettra rapidement en place des contrôles douaniers qui retarderont l'acheminement de nombreuses denrées qui viennent du continent...

Stockages délicats

Parmi les groupes qui ont communiqué sur cette incertitude, Mondelez International, propriétaire des chocolats Cadbury et des biscuits Oreo, redoute ainsi plus que jamais un Brexit sans accord. Le président de la division européenne du groupe, Hugh Weber, avait expliqué en vue de cette sortie de l'UE que le groupe "stockerait des ingrédients et des produits finis à des niveaux plus élevés", pour parer à toute éventualité...

Mondelez international a d'ailleurs mis en place un plan d'urgence, car le Royaume-Uni n'est pas autosuffisant en termes d'ingrédients alimentaires nécessaires à la fabrication de ses produits, loin de là !....

Moins de chocolat

Le groupe alimentaire avait déjà fait des vagues en octobre 2016, en réduisant le poids de ses barres de Toblerone afin d'éviter une augmentation du prix des produits. Il s'agissait déjà d'un effet indirect du référendum sur le Brexit, en juin 2016, qui avait directement entraîné une baisse de la livre sterling et par conséquent, une hausse des prix des ingrédients importés par Toblerone.

"Comme beaucoup d'autres compagnies, nous sommes confrontés à une hausse des coûts des ingrédients. Nous l'avons supportée aussi longtemps que possible, mais pour garantir que Toblerone reste abordable en rayon et garde sa forme triangulaire, nous avons dû réduire le poids de deux de nos barres au Royaume-Uni seulement" avait alors expliqué le groupe...

Risque réel de pénurie alimentaire, selon une étude universitaire

Dans une étude publiée par l'université du Sussex, un groupe d'universitaires britanniques spécialistes des politiques alimentaires a déjà mis en garde de gouvernement de Londres contre un "risque réel" de pénurie de nombreux produits alimentaires en cas de sortie de l'Union européenne sans accord...

La question est cruciale, car moins de la moitié des produits alimentaires consommés par les Britanniques sont fabriqués sur place, et le Royaume-Uni importe près d'un tiers (31%) de son alimentation de l'UE, une chaîne d'approvisionnement qui pourrait donc être bouleversée en cas de "Brexit dur". Le retour des contrôles aux frontières et des taxes d'importation renchérirait les produits et ralentirait leur acheminement depuis le continent...

Mesures d'urgence

Outre l'alimentation, d'autres produits comme les médicaments et les carburants, pourraient aussi venir à manquer à cette occasion, selon plusieurs rapports d'experts...

Sanofi aurait fait depuis plusieurs mois des réserves supplémentaires de médicaments afin d'être prêt à faire face aux éventuelles conséquences d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne sans accord entre les deux parties. Les réserves ont été augmentées dans tous les domaines thérapeutiques - à 14 semaines d'approvisionnement contre 10 en temps normal - à l'exclusion des médicaments qui sont constamment dans une situation de pénurie, avait rapporté le WSJ.

Le directeur général du géant pharmaceutique AstraZeneca, Pascal Soriot, cité par le Sunday Times avait de son côté expliqué qu'il ferait des stocks de médicaments en vue du Brexit... "Nous avons des produits qui font des aller-retours entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne à de différents stages de fabrication. S'ils sont bloqués quelque part, nous allons avoir un problème" avait-il commenté...

©2019,

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