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Brexit : certaines grandes entreprises se préparent au pire

Brexit : certaines grandes entreprises se préparent au pire

Pernod Ricard s'est joint cette semaine aux entreprises se préparant à un Brexit "dur". L'Union européenne a refusé toute renégociation de l'accord actuel, après un vote du parlement de Londres exigeant le retrait du "backstop" irlandais...

Brexit : certaines grandes entreprises se préparent au pire
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Alors que la classe politique britannique semble toujours incapable de s'entendre sur les modalités du Brexit, le patronat français comme les pouvoirs publics se préparent au pire, à savoir une sortie désordonnée, sans accord, du Royaume-Uni de l'Union européenne, le 29 mars prochain...

Dans la foulée du vote du parlement britannique exigeant une renégociation de l'accord conclu en novembre entre Theresa May et l'Union européenne, cette dernière a refusé catégoriquement, mercredi un tel scénario. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a averti que ce vote "avait accru le risque d'un retrait désordonné" du Royaume-Uni de l'UE...

Eviter les perturbations dans la distribution de produits

Du côté des entreprises, les états-majors se préparent désormais à tous les scénarios, y compris le pire, celui du retour des barrières douanières, avec son cortège de taxes et procédures administratives, qui entraîneraient des retards et des pénuries.

En France, Pernod Ricard a fait avoir à son tour que le groupe avait commencé à faire des stocks supplémentaires de vins et spiritueux des deux côtés de la Manche pour parer à d'éventuels retards aux passages en douanes à l'import comme à l'export, si le Royaume-Uni quitte l'UE sans accord commercial...

Le numéro deux mondial des spiritueux, propriétaire notamment du whisky Chivas Regal en Ecosse, du champagne Perrier-Jouet en France ou encore du vin Campo Viejo en Espagne, a pris graduellement des mesures sur certains marchés ces derniers mois, a déclaré un porte-parole du groupe français, cité par l'agence 'Reuters'

"Sur certains marchés, nous l'avons déjà fait, mais pas sur d'autres", a-t-il dit en parlant des stocks supplémentaires, sans donner plus de précisions. "Il n'y a pas de panique. C'est juste un plan pour éviter toute perturbation de notre distribution."

L'Oréal, Airbus, Mondelez... se préparent au pire

De nombreuses entreprises ont anticipé autant que possible un Brexit sans accord, même si elle espèrent que ce scénario du pire pourra être évité. Le PDG de L'Oréal Jean-Paul Agon a notamment dit à 'Reuters' la semaine dernière que le leader mondial des cosmétiques s'était préparé "à tous les scénarios". Le groupe, qui n'a plus de centres de production outre-Manche, a déjà constitué des stocks sur place...

Airbus, Nestlé, Mondelez (Cadbury, Oreo...) ou encore Burberry ont eux aussi indiqué avoir gonflé leurs stocks en prévision de la date butoir du 29 mars. Le patron d'Airbus, Tom Enders, a lancé la semaine dernière une sévère mise en garde à Londres. Il a prévenu que le groupe, qui produit les ailes de ses avions outre-Manche, devrait prendre des "décisions potentiellement très préjudiciables pour le Royaume-Uni" en cas de Brexit "dur".

Theresa May priée de renégocier l'accord avec Bruxelles

Mardi soir à Londres, le parlement britannique a adopté deux amendements qui compliquent encore la situation. L'un de ces amendements s'oppose à une sortie sans accord (un "no deal") mais il n'est pas contraignant. L'autre amendement exige de la Première ministre Theresa May qu'elle renégocie l'accord conclu de haute lutte avec l'UE en novembre dernier, après 17 mois de rudes pourparlers.

Les députés britanniques refusent en l'état le "backstop", ce mécanisme de sauvegarde prévu pour éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande du Nord (province britannique) et la République d'Irlande (membre de l'UE).

L'UE refuse toute révision du "backstop" irlandais

Dès mardi soir, un porte-parole du président du Conseil européen Donald Tusk a réaffirmé que 'l'accord de retrait n'est pas renégociable. Les conclusions du sommet européen de décembre sont très claires sur ce point".

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a affirmé mercredi, devant le parlement européenne à Bruxelles, que le vote du parlement britannique "a accru le risque d'un retrait désordonné" du Royaume-Uni de l'UE.

De son côté, le négociateur européen Michel Barnier a lui aussi exclu toute renégociation. "Nous avons besoin du 'backstop' tel qu'il est. Rejeter le 'backstop' tel qu'il est aujourd'hui reviendrait à rejeter la solution qui a été trouvée avec les Britanniques, mais le problème demeurerait", a-t-déclaré.

Vers un report du Brexit ?

Il a en outre souligné que "le calendrier est trop court" pour renégocier l'accord, alors que le Royaume-Uni est supposé quitter l'UE dans 59 jours, le 29 mars.

Sur les marchés financiers, les analystes des grandes banques semblent d'ailleurs tabler sur un report du Brexit, plutôt que sur une sortie désordonné, qui serait très préjudiciable pour Londres mais aussi pour ses partenaires européens.

La probabilité d'un Brexit "dur" a certes augmenté depuis le vote de mardi, mais elle reste limitée entre 10% et 30%, estiment les stratégistes des grandes banques...

©2019,

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