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Brexit : accord (enfin) en vue entre Bruxelles et Londres ?

Brexit : accord (enfin) en vue entre Bruxelles et Londres ?

L'Union européenne aurait proposé vendredi à Londres un accord de libre-échange ambitieux après le Brexit. En outre, l'épineuse question irlandaise pourrait également trouver une issue ces prochains jours, selon des proches des négociations...

Brexit : accord (enfin) en vue entre Bruxelles et Londres ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après des mois de tensions, les négociations sur le Brexit pourraient enfin s'orienter vers un accord... Vendredi, s'est tenue à Bruxelles une réunion entre Michel Barnier, le négociateur en chef des Européens et les ambassadeurs des Vingt-sept membres de l'UE afin de cadrer la dernière mouture de l'offre européenne au Royaume-Uni.

La livre sterling monte dans l'espoir d'un accord

Sans aller jusqu'à accepter l'idée d'un commerce, à terme, dépourvu de toute contrainte avec le Royaume-Uni, les 27 se seraient entendus sur l'idée de proposer à la Première ministre britannique Theresa May l'accord de libre-échange le plus ambitieux que l'Union ait jamais signé, selon des sources citées par l'agence 'Bloomberg'. Pourtant, selon ces sources, l'offre des Européens ne contiendrait que 30% à 40% des attentes initiales de Theresa May.

Ces informations ont fait bondir la livre sterling vendredi soir, qui gagnait 0,7% face au dollar à 1,3114$, après avoir déjà progressé de la veille sur des premières rumeurs positives. En effet, jeudi soir déjà, l'agence d'informations 'Reuters' avait cité des sources évoquant un "accord très proche" sur les conditions du divorce entre le Royaume-Uni et le l'UE, qui prendra effet le 29 mars prochain.

Le Royaume-Uni entend être traité "avec respect"

Ces dernières semaines, les négociations étaient dans l'impasse, et la proposition de Theresa May (dite "Plan de Chequers") avait été rejetée par l'UE lors d'un sommet informel à Salzbourg en Autriche, le 20 septembre. La presse britannique avait crié à l'"humiliation" de la Première ministre, et cette dernière, qui fait face à une fronde dans son propre parti sur les conditions du Brexit, avait rejeté sur l'UE la responsabilité de l'impasse. Theresa May avait ainsi jugé "inacceptable de rejeter la proposition de l'autre partie sans explication détaillée et sans contre-proposition", demandant à être traitée "avec respect" par les dirigeants européens.

Le risque d'un "hard Brexit" s'est alors accru, poussant les entreprises à accélérer la mise en place de plans d'urgence. Theresa May est apparue très affaiblie face aux frondeurs du parti conservateur qui jugent depuis le départ son plan pour le Brexit trop conciliant envers l'UE.

L'accord de libre-échange le plus ambitieux que l'Union ait jamais signé ?

Trois semaines plus tard, l'appel de la Première ministre semble toutefois avoir été entendu de l'autre côté de la Manche. La nouvelle proposition européenne d'un accord très étendu de libre-échange (avec des contreparties à détailler de la part de Londres) paraît désormais plus présentable pour le Parlement britannique, qui doit de prononcer sur cet accord. Les négociateurs évoquaient même "l'accord de libre-échange le plus ambitieux que l'Union ait jamais signé".

Un tel accord pourrait être acceptable par les partisans d'un Brexit dur (les "hard Brexiters") du parti conservateur qui réclament depuis des mois un accord de libre-échange avec l'UE sur le modèle de celui qu'elle a conclu avec le Canada.

Une dizaine de pages

Le projet tiendrait en une dizaine de pages, et affirmerait le principe selon lequel aucun droit de douane, ni aucun quota, ne devraient entraver, à l'avenir, la relation commerciale entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.

La délicate question des contreparties que cela induit pour les Britanniques (obligation de continuer de s'aligner sur la plupart des règles du marché unique européen), serait reportée à plus tard...

Vers des contrôles a minima à la frontière irlandaise ?

Par ailleurs, la question irlandaise, principale pierre d'achoppement dans la négociation, pourrait elle aussi connaître des développements positifs dans les jours qui viennent... Comme le propose Michel Barnier, les contrôles seraient réduits à leur strict minimum entre la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord, c'est-à-dire dans les domaines phytosanitaire et vétérinaire - le reste des marchandises étant contrôlées en amont ou en aval...

Il reste à convaincre le DUP, le parti unioniste nord-irlandais allié de Theresa May, d'accepter ce scénario. Le DUP s'est jusqu'ici opposé à toute mesure tendant à séparer Belfast de la Grande-Bretagne.

Theresa May optimiste, sur l'air de "Dancing Queen"

Sur le plan intérieur, Theresa May est parvenue a ramener un semblant d'unité dans le parti des Tories, lors d'un discours volontaire et optimiste prononcé lors de la clôture de la Conférence annuelle du parti conservateur...

"Je crois passionnément que le meilleur est à venir et que l'avenir est plein de promesses", a-t-elle lancé après avoir esquissé des pas de danse très remarqués, sur l'air d'Abba, "Dancing Queen".

"Mais si nous allons tous dans des directions différentes à la poursuite de ce que nous jugeons être le Brexit parfait, nous risquons de ne pas avoir de Brexit du tout", a-t-elle mis en garde. Elle a appelé les conservateurs à "conserver leur sang-froid" alors que les négociations entrent dans leur phase la plus difficile.

Un sommet des dirigeants européens est prévu les 17 et 18 octobre à Bruxelles, qui devait initialement permettre de boucler les négociations sur le Brexit... Toutefois, des fonctionnaires et diplomates européens estiment que si un accord de principe pourrait être prêt à cette date, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE pourraient se retrouver pour un sommet extraordinaire les 17 et 18 novembre pour s'entendre avec Londres sur les termes précis de la relation future entre le Royaume-Uni et l'UE...

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