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Alstom : quelles sont les alternatives à l'offre de General Electric ?

Alstom : quelles sont les alternatives à l'offre de General Electric ?

"L'Etat pourrait racheter la part de Bouygues" suggère Mailly

Alstom : quelles sont les alternatives à l'offre de General Electric ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Alors que les dirigeants d'Alstom et de General Electric ont prévu de se rencontrer aujourd'hui à Paris pour finaliser les modalités d'une cession de la partie électrique d'Alstom au groupe américain, Siemens pointe son nez dans la négociation... L'Allemand a adressé une lettre au Conseil d'administration d'Alstom, qui se réunira en soirée, afin lui signifier qu'il est prêt "à discuter de futures opportunités stratégiques". Siemens AG ne souhaite pas faire d'autres commentaires, mais voit son rapprochement avec Alstom sous forme de collaboration et non de rachat. Sur Europe 1, Jean-Claude Mailly a, pour sa part, souhaité une nationalisation temporaire et partielle d'Alstom pour éviter la mainmise immédiate de General Electric, et préserver les intérêts stratégiques de la France.

Une envie vieille de 10 ans

L'intérêt de Siemens pour Alstom n'est pas nouveau puisque déjà en 2004, au moment du sauvetage du groupe français, l'Allemand s'était montré intéressé par le rachat des activités énergie d'Alstom. A l'époque, Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l'Economie, s'était opposé à cette cession. Siemens revient donc à la charge aujourd'hui en transmettant au Conseil d'administration d'Alstom "une correspondance, dans laquelle l'entreprise fait part de sa disposition à échanger sur les questions stratégiques soulevées par une coopération future", mais sans vouloir "dans le contexte actuel" donner "dans l'immédiat de plus amples précisions". Selon Reuters, une porte-parole d'Alstom n'a pas souhaité confirmer la réception de ce courrier, se refusant par ailleurs à tout commentaire.

Une offre américaine à près de 10 MdsE

Alors que Bercy s'agite, General Electric et Alstom entendent avancer vite dans leurs négociations. "Les discussions avancent à grands pas ; la structure du 'deal' est définie et tout est presque prêt", déclarait vendredi une source proche du dossier à Reuters. Le groupe américain, qui dispose dans ses caisses d'une colossale force de frappe de 87 milliards dollars de trésorerie et équivalents de trésorerie (62,9 milliards d'euros), aurait formulé une offre à 13Mds$ à Alstom (9,4 MdsE). Cependant bien que n'étant pas actionnaires du groupe Alstom, les autorités françaises ne souhaitent pas voir sortir ces activités du périmètre français. Arnaud Montebourg avait déclaré, vendredi, travailler à "d'autres solutions" sans pour autant énoncer ses pistes. A travers son Ministre de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique, le Gouvernement français souhaite obtenir des garanties sur "l'emploi, la localisation des activités et l'indépendance énergétique". Mais contrairement à ce qui avait été initialement indiqué, Arnaud Montebourg ne rencontrera pas aujourd'hui Jeffrey Immelt, le PDG de General Electric.

Siemens, un risque de casse sociale

En disant creuser d'autres pistes de travail, Arnaud Montebourg agite le drapeau du patriotisme économique et entend gagner du temps. Mais sur le fond, il n'a guère d'emprise sur le dossier puisque l'Etat n'est plus actionnaire d'Alstom depuis la cession de sa participation à Bouygues. Le Gouvernement a été surpris de cette annonce, quelque peu pris à contre-pied par ces négociations menées directement entre Patrick Kron et Jeffrey Immelt. L'objectif de ces gesticulations est d'éviter un démantèlement partiel d'Alstom, qui emploie 90.000 personnes dans le monde dont 18.000 en France. La branche Energie du groupe représente en effet près de 70% de son chiffre d'affaires, soit 14 MdsE. L'option européenne Siemens n'est pas non plus la solution la plus indiquée sur le plan social. Les synergies et nombreux doublons entre les activités des deux groupes risquent de générer une profonde casse sociale... En revanche sur le plan stratégique, une éventuelle alliance avec le grand rival germanique Siemens donnerait corps à cet "Airbus franco-allemand de l'énergie" souhaité par François Hollande lors de sa Conférence stratégique de janvier 2014.

Vers une nationalisation d'Alstom ?

Areva pour l'éolien et Schneider Electric pour l'activité 'réseaux et distribution d'électricité' pourraient jouer les chevaliers blancs. Toutefois ce matin, Jean-Claude Mailly a évoqué une autre piste, appelant à une nationalisation partielle et temporaire des intérêts d'Alstom. "Que le Gouvernement s'en préoccupe paraît logique", a déclaré le Secrétaire général de FO lors du Grand jury Europe 1/ Le Monde/ i-Télé. Jean-Claude Mailly voit "une dimension européenne" à l'entrée en course de Siemens. Jean-Claude Mailly compte sur l'interventionnisme de l'Etat, estimant que le "Gouvernement à des moyens d'agir", car "Alstom est stratégique pour la France en terme de stratégie industrielle". En particulier, une nationalisation partielle contribuerait à "gagner du temps dans ce dossier". Le patron de FO a par ailleurs estimé que "l'Etat pourrait, pour peser dans le dossier, racheter la part de Bouygues" au capital d'Alstom, indiquant que FO n'est aucunement "effarouché par la notion de nationalisation, surtout si elle doit avoir un caractère temporaire". Le groupe de BTP et de communication est entré au capital d'Alstom en 2006, en rachetant pour 2 MdsE les 21% de capital détenus par l'Etat depuis le sauvetage de 2004. Il s'agirait d'ailleurs d'une belle opportunité de sortie pour le groupe de BTP qui, dans ses comptes 2013, a dû déprécier de 1,4 MdE sa participation dans Alstom...

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