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Aigle Azur : rectification et démenti de la direction

Aigle Azur : rectification et démenti de la direction

La compagnie aérienne se veut rassurante après les rumeurs qui ont circulé dans la presse...

Aigle Azur : rectification et démenti de la direction
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Face à la polémique naissante, Aigle Azur a tenu à réagir à l'article du journal "Le Figaro" intitulé "Aigle Azur menacée d'être clouée au sol" et a apporter rectifications démenti aux informations publiées... "Aigle Azur dispose aujourd'hui d'une flotte de 11 aéronefs (9 A320 et 2 A330 long-courrier). Il est vrai que début juin, un seul loueur d'avion a repris un appareil A320 en sortie d'entretien qu'elle exploitait, utilisant des moyens fallacieux. Aigle Azur a affrété un appareil similaire cet été pour assurer les vols et entend reprendre un de ses deux appareils qu'elle loue à la TAP dès cet hiver 2019" explique la direction de compagnie aérienne.

"Depuis, contrairement à ce qu'indique 'Le Figaro', aucun propriétaire d'avion qu'elle exploite ne presse Aigle Azur de lui rendre un appareil. La compagnie affiche près de 25 millions d'euros de trésorerie à date", poursuit le groupe...

Records en vue ?

Aigle Azur assure et entend assurer tout son programme de vol, le mois d'août 2019 devant en outre être un mois record en termes de chiffre d'affaires, "battant tous les précédents chiffres d'affaires mensuels réalisés" affirme la direction.

"À l'instar de bon nombre d'acteurs du secteur, notamment en Europe, Aigle Azur ne nie aucunement avoir des difficultés dans un contexte particulièrement difficile (flygscam, projet d'éco contribution, sur-capacité hiver dernier en Europe, impact pétrole automne 18). La compagnie travaille sur différents projets pour assurer sa pérennité à la fois à moyen et long terme" poursuit la direction.

Son Comité d'Entreprise en est actuellement saisi et l'étudie dans les prérogatives qui sont les siennes... "Toutes les forces vives d'Aigle Azur sont mobilisées pour assurer le transport, le confort et la sécurité de ses milliers de passagers".

Situation d'antan

Toujours selon la direction du groupe "la stratégie passée d'Aigle Azur était adaptée à sa situation d'antan... Lorsque son nouveau management en a pris la direction il y a deux ans, l'entreprise avait une structure trop lourde doublée d'une activité trop faible pour celle-ci... Avec l'appui et surtout les assurances de ses partenaires : le chinois Hainan Airlines (filiale de son actionnaire de référence le groupe HNA) et le brésilien Azul, le développement des vols longs courriers sur ces destinations était la meilleure réponse à apporter car garanti par ces partenariats et donc sans risques".

"Imprévisible, des évolutions récentes dans le soutien apporté à Aigle Azur par ses actionnaires a mis à mal cette stratégie" souligne le management qui rappelle par ailleurs que si la compagnie a souffert dans le passé de nombreux conflits sociaux qui se sont déroulés régulièrement jusqu'en 2017, la nouvelle direction avec le concours de la majorité des syndicats y a justement mis un terme en privilégiant la paix sociale au travers du dialogue.

"Par ailleurs, les pilotes d'Aigle Azur sont effectivement mieux payés et traités que dans d'autres compagnies, comme chez Ryanair par exemple, en France ils ne sont pas les mieux rémunérés après ceux d'Air France. Ce "classement" publié est donc faux" tient encore à préciser le groupe...

Bercy surveille le dossier de près

Toujours selon cet article du 'Figaro', Bercy qui surveille le dossier de très près voudrait gagner du temps... Deuxième compagnie aérienne française derrière Air France, Aigle Azur compte en effet pas moins de 1.400 salariés.

Créée en 1946, 'Air Journal' rappelle que le groupe transporte chaque année près de 2 millions de passagers sur près de 300 vols réguliers par semaine au départ de 5 villes françaises. La compagnie dessert tout particulièrement l'Algérie (Alger, Bejaïa, Constantine, Oran, Sétif et Tlemcen), l'Allemagne, le Brésil, l'Italie, mais aussi le Liban (Beyrouth), le Mali, le Portugal, la Russie, le Sénégal et l'Ukraine.

Tour de table en question

Rappelons que le premier actionnaire est le chinois HNA (près de 49% du capital) traverse lui-même une zone de turbulences depuis plusieurs mois... Il y a un an, Wang Jian, président et co-fondateur du conglomérat chinois à l'époque, s'est tué accidentellement en France alors qu'il était en voyage d'affaires.

Ce dernier est en effet "tombé" en voulant se faire prendre en photo sur un muret surplombant le vide dans le village de Bonnieux dans le Vaucluse. Les pompiers appelés sur place n'avaient pu ranimer l'homme d'affaires de 57 ans...

Une chute de 10 mètres

"Nous pleurons la perte d'un dirigeant exceptionnellement doué et d'un modèle, dont la vision et les valeurs continueront à servir de guide pour tous ceux qui ont eu la chance de le connaître", avait indiqué HNA dans un communiqué, ajoutant que M. Wang était en voyage d'affaires en France...

La fortune personnelle de M. Wang était alors estimée à 1,7 milliard de dollars dans le dernier classement Forbes des milliardaires chinois, publié en novembre 2017.

50 milliards de dollars d'acquisitions

HNA, qui a démarré son parcours en contrôlant simplement la compagnie aérienne chinoise Hainan Airlines s'est transformé au fil des ans en conglomérat, et s'était illustré ces dernières années en multipliant les investissements à l'étranger, à hauteur de 50 Mds$ . Le groupe avait notamment pris 9,9% de la banque allemande Deutsche Bank en mai 2017, devenant même son premier actionnaire devant le Qatar. Le conglomérat avait aussi acquis un quart du capital des hôtels Hilton, pour 6,25 Mds$...

HNA était également entré au capital de plusieurs compagnies aériennes étrangères dont Aigle Azur (France), Virgin Australia (Australie), TAP (Portugal) ou encore Azul(Brésil). Dans la logistique, il contrôle le suisse Gategroup, prestataire de services à bord pour le transport aérien.

Prié par Pékin de réduire son lourd endettement

Cette boulimie d'achats s'est faite au prix d'un lourd endettement, qui s'élevait fin 2017 à environ 638 milliards de yuans (81,5 Mds d'euros).

A la demande du gouvernement chinois, HNA s'est efforcé depuis de réaliser des cessions et de se désengager de coûteux actifs immobiliers pour renflouer sa trésorerie...

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