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Affaire Tapie : rendra-t-il l'argent... ?

Affaire Tapie : rendra-t-il l'argent... ?

Volte-face ou énième coup de bluff...

Affaire Tapie : rendra-t-il l'argent... ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Alors que Bernard Tapie s'était abstenu depuis les auditions de Christine Lagarde par la Cour de Justice de la République de commenter le fond de l'affaire du règlement de l'arbitrage rendu en sa faveur en 2008, l'homme d'affaires a fait volte-face cette semaine dans un entretien de presse.

Tapie prêt à renoncer ?
Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, Bernard Tapie affirme ainsi "qu'il annulerait" l'arbitrage de la République pour lequel il a perçu 403 Millions d'Euros. Si on découvre la moindre entourloupe, le moindre dessous de table ou quoi que ce soit d'anormal, alors dans la seconde, à mon initiative, j'annule l'arbitrage, dit-il... Dans cet entretien, l'homme d'affaires dément le versement de pots-de-vin ou autre commission aux personnalités liées au dossier. Il précise que Jean-Louis Borloo (Président de l'UDI et son avocat dans les années 1990), Jean-François Copé (Président de l'UMP et auteur en 2007 d'un projet législatif favorable à l'arbitrage), et Claude Guéant (ex-Secrétaire général de l'Elysée sous Nicolas Sarkozy) n'ont pas perçu d'argent pour le règlement de cette affaire. Pas un centime ne leur a été versé !, dit Bernard Tapie.

"L'un des plus gros scandales de la République"
Alors que l'Etat a pris cette semaine la décision de se porter partie civile dans le volet non ministériel de cette affaire pour veiller à ce que les intérêts patrimoniaux de l'Etat ne soient pas lésés, Jean Peyrelevade mène campagne pour une révision de cet arbitrage. Le patron du Crédit Lyonnais au moment de la vente d'Adidas estime en effet que cette décision constitue l'un des plus gros scandales de la République et se dit heureux de voir que la justice commence à se poser des questions sérieuses sur un arbitrage dont j'ai toujours dit qu'il était premièrement illégal, et deuxièmement, à mes yeux, le résultat d'une gigantesque manipulation. Interrogé samedi sur France Inter, Jean Peyrelevade concède cependant tout recours difficile mais estime, qu'en tant que partie civile, l'Etat pourra avoir accès à tous les éléments de l'instruction car la conviction d'une manipulation ne suffit pas. Il faut faire la preuve d'une connivence entre le défenseur de Bernard Tapie et quelqu'un à l'intérieur de la sphère arbitrale.

Coup de bluff ?
L'instruction de l'affaire n'est pas close, mais quoi que laisse entendre Bernard Tapie par voie de presse, cette décision d'annulation ne lui appartient pas et reste de l'apanage de la justice. Jusqu'à présent la position affichée de l'homme d'affaires était de ne pas restituer le moindre centime à l'Etat. Selon ses dires, il lui resterait d'ailleurs moins de 100 ME sur les 403 ME perçus... Ces déclarations ressemblent donc à un nouveau coup de bluff de l'homme d'affaires d'autant que sur le fond juridique, il semble difficile pour l'Etat de recouvrer les montants versés.

Recours marathon ?
Selon Christophe Seraglini, avocat spécialisé en contentieux est arbitrage international, Pour que Bernard Tapie ait à rendre l'argent, il faudrait qu'un recours soit déposé, que ce recours soit jugé recevable, qu'il aboutisse, c'est-à-dire que le juge considère qu'il y a bien eu une fraude qui a affecté le sens de la décision des arbitres, et enfin que ce contentieux soit rejugé, cette fois dans un sens favorable au Consortium de Réalisation. Il estime encore dans Le Monde : Il n'est pas exclu qu'à l'issue de ce nouveau jugement, il soit décidé que le CDR doit bien de l'argent à Bernard Tapie. Avant la décision en 2008, une Cour d'appel de Paris avait condamné le CDR à payer prêt de 135 ME à Bernard Tapie...

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