Affaire Pegasus : Amazon coupe les serveurs de NSO Group

Affaire Pegasus : Amazon coupe les serveurs de NSO Group

"Lorsque nous avons appris la nature de ces activités, nous avons agi rapidement pour fermer toutes les infrastructures et les comptes concernés", a expliqué Amazon Web Services à la suite des révélations sur l'affaire Pegasus...

Affaire Pegasus : Amazon coupe les serveurs de NSO Group
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Au coeur de la tempête après les révélations sur l'une des plus graves affaires de surveillance généralisée, l'entreprise israélienne NSO, à l'origine du puissant logiciel d'espionnage "Pegasus", n'aura plus accès aux services informatiques que lui vendait Amazon, par le biais de sa filiale Amazon Web Services (AWS).

"Lorsque nous avons appris la nature de ces activités, nous avons agi rapidement pour fermer toutes les infrastructures et les comptes concernés", a expliqué AWS au média 'Vice'. Un porte-parole du géant américain a également confirmé lundi au 'Monde' avoir coupé l'accès de NSO Group à ses serveurs...

Pour rappel, un consortium de 17 médias a révélé dimanche dernier, dans un dossier très complet baptisé le "Pegasus Project", qu'un logiciel espion développé par NSO a été utilisé pour des tentatives de piratage, dont certaines ont réussi, de smartphones appartenant à des responsables gouvernementaux, des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme à travers le monde.

Le "CloudFront" d'AWS utilisé

L'entreprise israélienne assure de son côté que le logiciel espion n'est destiné qu'à être utilisé contre les grands criminels et les terroristes. "Pegasus" est d'ailleurs officiellement utilisé par une dizaine d'Etats pour surveiller ces activités...

Selon un rapport technique du Security Lab d'Amnesty International, le service d'AWS utilisé par l'entreprise israélienne est le "CloudFront". Il s'agit d'un ensemble de serveurs permettant de délivrer du contenu plus rapidement et de façon sécurisée aux clients.

L'ONG affirme que 23 des 67 smartphones soupçonnés d'avoir été la cible de 'Pegasus", avaient été infectés avec succès par le logiciel et 14 autres présentaient des signes d'une tentative de piratage.

Plaintes de Mediapart et de deux de ses journalistes

Selon Amnesty International affirme, le logiciel de NSO avait envoyé des informations "à un service dirigé par Amazon CloudFront, laissant penser que NSO Group s'est mis à utiliser les services AWS ces derniers mois". Le rapport explique également que l'entreprise israélienne s'appuierait également, pour ses activités, sur l'infrastructure du Français OVH et celle des Américains Linode et Digital Ocean.

Il s'agit sans doute de l'affaire de cyberespionnage la plus importante depuis l'affaire Snowden. A l'Assemblée nationale mardi, le Premier ministre Jean Castex a affirmé que ces allégations d'espionnage sont d'"une très grande gravité" si elles sont avérées. Par ailleurs, le parquet de Paris a par ailleurs annoncé l'ouverture d'une enquête à la suite de plaintes de Mediapart et de deux de ses journalistes liées à ces révélations...

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