74% des Français considèrent que le système de santé s'est dégradé

74% des Français considèrent que le système de santé s'est dégradé

Cette sensibilité accrue aux questions de santé doit beaucoup à la crise du Covid-19, mais était déjà bien ancrée chez les Français.

74% des Français considèrent que le système de santé s'est dégradé
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — A moins de 100 jours du premier tour, les questions de santé s'imposent largement en tête des enjeux de l'élection présidentielle : 80% des potentiels votants détermineront leur vote en fonction de ces enjeux, soit nettement plus qu'en fonction des problèmes identitaires ou sécuritaires - 74% pour l'insécurité, 74% pour le terrorisme 56% pour l'immigration - qui ont récemment saturé le débat public.

Selon les résultats de l'observatoire Ifop-Biogaran de la santé du quotidien, cette sensibilité accrue doit beaucoup à la crise du Covid-19 (+18 points par rapport à 2017). Mais il faut rappeler que la santé pesait déjà beaucoup dans le vote des Français aux derniers scrutins présidentiel (2017), européen (2019) et régional (premier motif du vote, à 67% en juin 2021).

Dégradation de l'accès au soin

"Une préoccupation qui n'est pas que le fruit de la crise du Covid-19 mais aussi le produit d'une dégradation structurelle et continue de l'accès aux soins en France", écrivent les auteurs de cette étude. La dégradation du système de santé s'est accrue ces dernières années à cause des difficultés croissantes d'accès à la médecine de ville comme aux structures d'urgence : 74% des Français observent ce phénomène, soit une proportion largement supérieure à celle que l'Ifop pouvait mesurer il y a 15 ans (57% en février 2007).

Une large majorité de Français (70%) ont déjà dû renoncer au moins une fois à des soins pour des motifs de délais, de coût ou de distance. Près de la moitié d'entre eux (45%) ont renoncé à un soin au cours des deux dernières années et 15% en ont fait l'expérience il y a entre deux et cinq ans.

Le phénomène a même explosé en une quinzaine d'années... La proportion de Français ayant dû se résoudre à ne pas consulter un médecin en raison de délais trop longs a, par exemple, doublé en quinze ans chez les généralistes (51% en 2021 contre 23% en 2007). Révélateur de l'ampleur de la " désertification médicale ", le nombre de patients ayant renoncé à un RDV médical pour des questions de distance est, quant à lui, quatre fois plus élevé qu'il y a quinze ans.

Les pharmaciens mis en avant

Dans ce contexte de dégradation de l'accès aux différentes professions, les pharmaciens se distinguent en étant jugés "faciles d'accès" par la quasi-totalité des Français (95%) contre 67% pour les généralistes (-21 points depuis 2007) et 48% pour les dentistes.

Les sondés se montrent très massivement favorables à un élargissement des missions des pharmaciens qui "ont pu en faire la preuve durant la crise du Covid-19", estime l'Ifop. Aujourd'hui, 80% des Français adhèrent à l'idée que les pharmaciens puissent procéder à des vaccinations (+10 points depuis 2018) ou aient le droit de modifier des ordonnances (+8 points depuis 2018), soit des hausses significatives en moins de 3 ans...

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