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Wall Street : tout comprendre à la folle épopée des actions "BANG"

Wall Street : tout comprendre à la folle épopée des actions "BANG"
Wall Street : tout comprendre à la folle épopée des actions 'BANG'
Crédit photo © Tous droits réservés par Eutelsat SA

(Boursier.com) — Les "meme stocks", ces actions choyées par les nouveaux actionnaires individuels présents sur les réseaux sociaux, viennent de vivre une nouvelle semaine agitée, avec de fortes hausses à la clé à Wall Street. La plupart de ces titres sont pourtant ceux d'entreprises en difficulté financière, ciblées par les "hedge funds" vendeurs à découvert, qui parient sur la baisse voire sur la faillite de ces sociétés.

Mais une nouvelle génération d'actionnaires individuels, souvent arrivés en Bourse au moment des confinements liés au Covid-19, a changé la donne depuis le début de l'année. En se coordonnant en ligne via le forum WallStreetBets, qui revendique non moins 5 millions de membres sur le réseau social Reddit, ils se sont rués sur des titres comme AMC Entertainment, GameStop, Nokia, Blackberry, ou encore la chaîne de vêtements Express Inc.

En achetant des actions en direct ou des options, via des courtiers en ligne à zéro commission comme Robinhood, ces nouveaux actionnaires ont pris les fonds "short" à contre-pied ("short squeeze"), alimentant une volatilité extrême, et créant des bulles sur certains titres, dont la valorisation stratosphérique est désormais déconnectée des réalités financières...

Au point que dans les salles de marchés, le groupe est désormais ironiquement baptisé "BANG" (Blackberry, AMC, Nokia, GameStop), une onomatopée désignant à la fois la flambée boursière et le risque d'explosion de la bulle...

AMC profite de l'engouement pour lever plus de 1,2 milliard de dollars

Ainsi, cette semaine l'action AMC Entertainement a flambé de 83% (et a fait +95% sur la seule séance de mercredi !), pour finir autour de 48$, contre 2$ début janvier, et alors que les analystes financiers valorisent les fondamentaux du groupe à... environ 7$ par action en moyenne. Et pourtant, la hausse du titre atteint désormais... 2.300% depuis le début de l'année !

Au passage, le premier exploitant américain de salles de cinéma a pu profiter de l'engouement pour lever cette semaine près de 820 millions de dollars en actions nouvelles en deux étapes, portant à 1,246 Md$ l'argent frais levé depuis 6 mois. Le groupe semble avoir désormais échappé à la faillite, et se montre optimiste pour l'avenir, ses salles de cinéma ayant pu rouvrir au printemps avec l'amélioration de la situation sanitaire aux Etats-Unis et ailleurs.

Jeudi soir, le groupe a encore annoncé son intention d'émettre 25 millions de titres supplémentaires (environ 1,2 Md$ au cours actuel) à l'avenir, sans préciser de calendrier... Pour remercier ses nouveaux actionnaires individuels (ils sont plus de 3 millions et détiennent 80% des titres cotés...), AMC leur a réservé mercredi un programme d'offres spéciales, dont du popcorn gratuit et l'accès à des avant-premières dans ses cinémas.

Un marché boursier devenu casino

Les autres "actions meme" ont aussi vécu une semaine de montagnes russes, et affichent des gains substantiels sur la semaine, dont Blackberry (+39% sur la semaine), GameStop (+12%), Express Inc (+14%) Bed Bath & Beyond (+13%) ou encore Nokia (+6,5%). Depuis le début de l'année, elles affichent respectivement les performances suivantes : +109%, +1.217%, +442%, +78% et +40% pour l'ADR Nokia coté à Wall Street.

En janvier dernier, lors de la première envolée des "meme stocks", le 'Wall Street Journal' avait titré que "Wall Street ressemble de plus en plus à un casino. Plus que jamais".

Face à cette spéculation d'un nouveau type, les autorités boursières et politiques américaines se sont inquiétées en janvier des risques de déstabilisation de l'ensemble du système financier. En cas d'emballement, les pertes des "hedge funds" et les risques pris par les courtiers en ligne sur les opérations à crédit pourraient en effet potentiellement s'étendre à d'autres établissements financiers suivant un effet de domino...

La secrétaire au Trésor américaine, Janet Yellen, et les principaux régulateurs financiers américains, ont cependant estimé en janvier que les infrastructures de base des marchés financiers ont démontré leur solidité lors de cet épisode spectaculaire.

Prendre conscience du risque de tout perdre

Une autre alerte a eu lieu en mars dernier, avec la défaillance soudaine du fonds familial Archegos, qui a entraîné de lourdes pertes pour des grandes banques, dont 4,7 Mds$ pour le seul Crédit suisse. Si aucune menace systémique de grande ampleur ne s'est matérialisée jusqu'ici, un certain nombre d'experts mettent en garde contre les excès spéculatifs, facilités par l'abondance de liquidités et la politique monétaire ultra-accommodante de la Réserve fédérale.

Même la direction d'AMC s'est fendue d'un avertissement mercredi, dans son prospectus d'augmentation de capital. Evoquant la récente envolée du titre, AMC a écrit que "nous ne savons pas combien de temps ces dynamiques dureront". La hausse reflète les dynamiques du marché et de trading,"sans rapport avec l'activité réelle ou les fondamentaux économiques et industriels du groupe" a aussi admis AMC, qui a rappelé que sa capitalisation boursière actuelle, autour de 28 Mds$, est bien plus élevée qu'elle ne l'était avant la crise du coronavirus.

Avant de conclure très clairement : "nous vous mettons en garde contre un investissement dans nos actions de Class A, à moins d'être préparés au risque de perdre tout, ou une partie substantielle, de votre investissement".

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