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Cotation du 26/02/2021 à 17h35 Suez +0,52% 17,250€

Veolia / Suez : la bataille devient hostile, Bercy en arbitre

Veolia / Suez : la bataille devient hostile, Bercy en arbitre
Veolia / Suez : la bataille devient hostile, Bercy en arbitre
Crédit photo © Suez Environnement

(Boursier.com) — La bataille entre Veolia et Suez a pris une nouvelle dimension ces dernières heures. Antoine Frérot a décidé de passer à l'offensive en lançant une OPA sur son concurrent au prix de 18 euros par action, coupon attaché, alors que les deux groupe sont opposés depuis de longues semaines dans un bras de fer où aucune des deux parties ne veut lâcher du lest. Une annonce surprenante, au premier abord, puisque que les deux frères ennemis semblaient vouloir renouer le dialogue et que Veolia s'était jusqu'ici attaché au caractère amical de son approche.

"Le Conseil d'administration de Veolia a considéré que le dépôt formel d'une offre publique était la seule décision de nature à répondre à la fois aux sollicitations répétées de la direction de Suez et à apporter aux salariés, aux clients et aux actionnaires des deux groupes une clarification univoque, transparente et définitive", a indiqué Veolia au cours du week-end.

"Une manoeuvre déloyale de Veolia" pour Suez

Réagissant rapidement à cette annonce, Suez a évoqué "une manoeuvre déloyale de Veolia en violation manifeste de ses engagements d'amicalité". "L'annonce de Veolia constitue une nouvelle irrégularité majeure et un mépris à l'égard de l'Etat qui s'efforce de promouvoir une solution amicale, meilleure pour les actionnaires, les salariés et l'ensemble des parties prenantes de Suez", a également souligné le groupe dirigé par Bertrand Camus.

La Justice bloque l'opération

La Justice n'a également pas traîné, le Tribunal de commerce de Nanterre interdisant ce matin à Veolia de déposer son offre publique hostile qui valorise Suez 11,3 milliards d'euros. Le Tribunal ordonne à Veolia "de ne pas rendre l'Autorité des marchés financiers destinataire d'un projet d'offre public ni d'initier d'offre publique sur les titres de Suez non préalablement approuvée par le conseil d'administration de Suez", peut-on lire dans la décision en référé.

Bercy veut une offre amicale

Du côté de Bercy, on semblait également être surpris de l'annonce de Veolia, Bruno Le Maire dénonçant l'offre publique "inamicale" de Veolia sur Suez et annonçant la saisine de l'Autorité des marchés financiers : "cette opération entre deux champions industriels français ne peut réussir que si elle est amicale... Cette offre contrevient aux engagements pris à plusieurs reprises par Veolia. (...) Nous allons saisir l'AMF (Autorité des marchés financiers NDLR) dès ce matin", a déclaré le ministre de l'Economie et des Finances sur 'Europe 1'.

Antoine Frérot y croit

Seul contre tous, Antoine Frérot est prêt à aller au bout de sa démarche, le dirigeant estimant que "toutes les conditions légales sont satisfaites" : "nous maintenons que notre dépôt est valable et, pour les suites (...), elles concerneront la décision de l'Autorité des marchés financiers sur la conformité de cette offre", a déclaré le patron du numéro un mondial des services à l'environnement. Lors d'une conférence téléphonique, Antoine Frérot a précisé que l'AMF devrait rendre sa décision dans un délai d'un mois environ.

L'OPA sous-évalue Suez selon Philippe Varin

Veolia tente depuis la fin de l'été 2020 de mettre la main sur Suez, dont il a déjà acquis 29,9% du capital auprès d'Engie, un scénario que rejette farouchement son concurrent en évoquant les risques de démantèlement et de suppressions d'emplois. Philippe Varin, le président de Suez, vient d'indiquer que le Conseil d'administration est "unanime" sur le fait que l'OPA de Veolia est à ce stade hostile et sous-évalue l'entreprise. Le dirigeant ajoutant que le Conseil veut préserver l'indépendance de la société.

Veolia sous pression ?

Bryan Garnier explique avoir le sentiment que Veolia est sous pression pour conclure l'accord le plus rapidement possible. En effet, Suez devrait annoncer une nouvelle série de désinvestissements, qui pourraient concerner des actifs considérés comme stratégiques par Veolia (eau en Espagne, au Chili et aux États-Unis et déchets au Royaume-Uni et en Australie). Or, plus l'étendue des activités acquises est réduite, plus il est difficile pour Veolia de justifier un prix de 18 euros par action, car les synergies seraient plus limitées. Si les cessions étaient trop importantes, Veolia pourrait être contrainte d'ajuster le prix proposé...

Veolia a probablement aussi peur d'un scénario dans lequel Suez pourrait parvenir à structurer une offre alternative. La lettre d'intention d'Ardian et du GIP n'est pas encore une contre-offre, mais elle démontre l'intérêt d'autres investisseurs. Dans son scénario central, l'analyste estime que Veolia devra attendre l'assemblée générale. Les investisseurs auront alors la possibilité de révoquer le conseil d'administration de Suez et de voter ensuite en faveur de son homologue.

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