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Cotation du 18/02/2019 à 12h26 Vinci -0,65% 80,000€

Une manipulation boursière inédite sur Vinci, l'AMF enquête

Une manipulation boursière inédite sur Vinci, l'AMF enquête
Une manipulation boursière inédite sur Vinci, l'AMF enquête
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — A qui profite le crime ? Hier, une ou plusieurs personnes sont parvenues à monter une opération qui a eu de graves répercussions sur l'action Vinci, un poids-lourd de 36,5 milliards d'euros à la Bourse de Paris. Enfin 35,11 MdsE après cet épisode qui a coûté 3,8% au titre à la clôture hier, mais qui aurait pu avoir un bilan bien plus lourd puisque l'action a baissé de plus de 20% peu après 16h00, réduisant la capitalisation à 29,9 MdsE. Au plus fort de la tempête, plus de 6,6 MdsE sont partis en fumée.

Comment les "plaisantins" s'y sont-ils pris ? Ils ont simplement diffusé à plusieurs agences et médias un communiqué imitant une annonce officielle du groupe, dans lequel Vinci révélait à la fois des malversations comptables, l'éviction de son directeur financier et la saisine de l'AMF. Le rédacteur s'est même fait un petit plaisir en plaçant dans la bouche de PDG Xavier Huillard une déclaration selon laquelle "les rumeurs qui circulent sur une procédure d'insolvabilité sont totalement fausses". De quoi évidemment accroître encore la suspicion. Le communiqué était plutôt bien tourné, suffisamment en tout cas pour qu'il paraisse réel. Il intégrait aussi un lien vers une page de communiqués du groupe (fausse) et les coordonnées d'un contact médias (faux lui aussi), comme les vrais.

Un démenti aussi faux que l'annonce initiale

A la suite de la diffusion de ce communiqué, que nous avons reçu à 16h03, un démenti est paru à 16h26. Le titre est alors remonté en flèche, passant de 50 à 59 euros. Mais ce démenti était lui aussi un faux ! Correctement rédigé lui aussi, il reprenait les standards du genre. Il faudra d'ailleurs attendre 17h02 pour que Vinci, le vrai cette fois, publie son propre démenti. Le premier communiqué annonçant les malversations pouvait laisser penser à un groupe d'activistes opposés au géant de la construction et des concessions. Mais le faux démenti tend à démontrer que les auteurs ont voulu faire chuter l'action pour mieux la faire remonter, ce qui serait assez typique d'une manipulation de cours. A moins que les deux hypothèses ne se rejoignent... Nous avons reçu à 17h34 une "revendication" non signée reprochant pêle-mêle à Vinci d'exploiter des travailleurs népalais et indiens au Qatar, d'opérer sur un chantier controversé en Russie ou d'être le monstre de béton de Notre-Dames-des-Landes. Le procédé est le même : un message envoyé à la rédaction. Mais à la différence des deux premiers, celui-ci est plutôt mal rédigé et son orthographe est approximative. Reste à savoir si c'est volontaire, pour écarter la piste financière, ou si Vinci a été la cible d'opposants bien organisés.

Le démenti publié par Vinci hier soir est plus sobre. En deux lignes, le groupe explique qu'un faux communiqué a été relayé par Bloomberg, contenant des "informations" formellement démenties dans leur totalité. La direction étudie toutes les actions judiciaires à donner suite à cette publication.

L'AMF a réagi en début d'après-midi le 23 novembre, en annonçant une enquête après les graves dysfonctionnements de marché relatif au titre Vinci. L'Autorité des marchés financiers considère qu'il s'agit d'un grave dysfonctionnement du marché dont elle va s'attacher à déterminer toutes les responsabilités, indique le régulateur, qui promet de travailler avec l'ensemble des parties concernées pour éviter que cela se reproduise.

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