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Tesla : Musk dézingue la SEC et les vendeurs à découvert

Tesla : Musk dézingue la SEC et les vendeurs à découvert
Tesla : Musk dézingue la SEC et les vendeurs à découvert
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Tesla est retombé de 4,4% hier en clôture à Wall Street dans un énorme volume, et perd encore environ 5% ce vendredi à 268$. Il faut dire qu'Elon Musk, inénarrable patron du groupe, a une fois de plus perdu son sang-froid en s'attaquant à la SEC, gendarme du marché boursier américain, et aux vendeurs à découvert, ses ennemis jurés ! Le DG de Tesla aurait pu se contenter hier soir de relayer le rapport de sécurité des véhicules du groupe pour le troisième trimestre 2018, mais c'était apparemment trop lui demander (ou pas assez). Dans une série de tweets, Elon Musk s'en est donc pris hier soir à la SEC et aux investisseurs vendant le titre Tesla à découvert. Ces attaques intervenaient moins d'une semaine après la conclusion d'un accord avec cette même autorité des marchés financiers américains, preuve que décidément, Musk ose tout.

La SEC, une Commission d'enrichissement des vendeurs à découvert ?

Le patron de Tesla, qui aurait toutes les chances de construire la plus grande entreprise mondiale s'il oubliait un instant les réseaux sociaux et les médias, a préféré hier dézinguer la SEC (Securities & Exchange Commission), qualifiant l'autorité de marché de 'Shortseller Enrichment Commission', autrement dit de Commission d'enrichissement des vendeurs à découvert. "Juste pour dire que la Commission d'enrichissement des vendeurs à découvert fait un travail formidable. Et ce changement de nom lui va si bien", s'est amusé Musk, 47 ans, sur Twitter. Effectivement, l'acronyme est le même, mais il n'est pas certain que la Commission apprécie vraiment, surtout quelques jours après avoir accepté un arrangement plutôt favorable à Musk dans l'ensemble (même si telle ne semble pas être sa perception de la chose).

Une juge demande des précisions sur l'accord

Hier, une juge fédérale américaine avait laissé à Musk et à la SEC une semaine pour argumenter et justifier leur fameux accord du 29 septembre prévoyant que Tesla et son patron payent chacun une amende de 20 millions de dollars, que Musk abandonne son fauteuil de président, que le groupe nomme des administrateurs indépendants et... qu'il contrôle mieux les interventions de son leader - en particulier sur les médias sociaux (visiblement la partie de l'accord la mieux respectée !). L'accord mettait un terme à l'enquête de la SEC pour fraude. Alison Nathan, la juge en question, qui officie au tribunal fédéral de Manhattan, a indiqué qu'il était habituel dans ce genre d'affaires que les parties lui remettent une lettre commune expliquant en quoi l'arrangement est équitable et ne nuira pas à l'intérêt général, précise l'agence Reuters. Elle attend donc une réponse au plus tard le 11 octobre.

Les vendeurs à découvert, ces méchants spéculateurs

Musk, lui, a visiblement d'autres (gros) chats à fouetter, à savoir les vendeurs à découvert. Sans rompre avec ses habitudes, et apparemment sans contrôle préalable, Musk s'est livré hier à une série de Tweets visant la SEC et les affreux 'shortsellers' jouant la baisse des actions (en particulier celle de Tesla) en bourse.

Un actionnaire lui a d'ailleurs expliqué sur Twitter que lui aussi travaillait contre les investisseurs de long terme en agissant de la sorte, ce à quoi Musk a répliqué : "Tenez-bon. Si vous êtes vraiment long-terme, cela ira bien".

Une autre actionnaire s'est plainte d'avoir été à cause de Musk "scotchée à court terme". Le leader de Tesla lui a répondu en mode gestionnaire de patrimoine : "Si vous pensez que Tesla est survalorisé en comparaison de la probable valeur des flux futurs de trésorerie, vendez. Sinon, achetez"... L'actionnaire en question a jugé que ces distractions étaient "mesquines et inutiles" et nuisaient aux actionnaires. Musk s'est lui montré confiant concernant la future valeur de Tesla : "Les gens oublient parfois qu'une compagnie est juste un groupe de personnes rassemblées pour concevoir des produits. Tant qu'elle fait de bons produits, sa valeur s'améliorera".

Pour Musk, une telle activité devrait être interdite

A propos des vendeurs à découvert, Musk estime qu'ils sont "des destructeurs de valeur" et que l'activité de vente à découvert devrait être illégale...

Musk est aussi revenu sur un vieux tweet dans lequel il défendait alors ces vendeurs, qu'il jugeait alors (en 2012) "injustement décriés". Depuis, Musk a changé d'avis. "Les dernières années m'ont appris qu'ils sont en fait raisonnablement décriés".

Répondant à un autre intervenant sur Twitter, qui se présente notamment comme un ancien de BlackRock et juge "assez absurde" de suggérer que la vente à découvert devrait être illégale, Musk a rétorqué : "Il n'existe aucun motif rationnel pour qu'un actionnaire long (acheteur) prête ses actions à des shorts, car cela dilue l'actionnariat et incite fortement les vendeurs à découvert à attaquer la société par tous les moyens possibles, y compris les régulateurs".

Ce tweet de Musk est assez fort, puisqu'il insinue qu'il pourrait éventuellement y avoir collusion entre des vendeurs à découvert et des régulateurs... "Lorsque cela se produit, c'est dans les fonds indiciels passifs, qui constituent la majeure partie du marché. Les détenteurs de ces fonds, principalement des petits investisseurs et des fonds de retraite, ne réalisent pas que leurs actions sont prêtées à des vendeurs à découvert, ce qui diminue leur rendement réel", assure encore Musk. "Les gestionnaires d'indices comme BlackRock empochent et réalisent des profits excessifs avec des prêts à découvert tout en prétendant n'imposer que de faibles frais pour le suivi indiciel "passif"', dit le patron de Tesla dans un autre tweet...

Tout à refaire ?

Tesla avait pourtant débuté très fort la semaine, s'enflammant de 17,3% lundi à Wall Street - après avoir toutefois dévissé le vendredi 28 septembre de 13,9% à l'annonce de poursuites de la Securities & Exchange Commission américaine (SEC). Le gendarme de la bourse américaine, qui accusait de fraude le CEO du groupe, Elon Musk, et voulait l'empêcher d'exercer en tant que dirigeant ou administrateur d'une société cotée, avait finalement annoncé durant le week-end passé un accord avec Musk. Tesla et Musk doivent verser chacun 20 M$. Le dirigeant et fondateur du constructeur californien de voitures électriques doit quitter ses fonctions de président du conseil d'administration, mais peut conserver la direction opérationnelle en tant que directeur général (CEO), a précisé la Securities and Exchange Commission. L'accord dévoilé samedi, deux jours seulement après l'annonce des poursuites contre Musk, était une réelle bonne nouvelle pour Tesla, comme l'ont reconnu les investisseurs et analystes. Par ses nouveaux excès de la veille sur Twitter, Elon Musk a quelque peu gâché cet accord, se remettant peut-être la SEC à dos.

Very bad tweet

L'affaire initiale était déjà en rapport avec un message de Musk sur Twitter, le fameux tweet du 7 août par lequel le patron de Tesla avait alors surpris en fin de séance - pendant les horaires de cotation -, en dévoilant un supposé projet de sortie de la cote de son groupe à 420$ par action. La Securities and Exchange Commission accusait ainsi le CEO de Tesla d'avoir fraudé et trompé les investisseurs en tweetant à propos de cette sortie de la bourse. La SEC jugeait que Musk avait affirmé de manière erronée qu'il pouvait sortir Tesla de la cote à un prix reflétant une prime substantielle sur les cours alors cotés. L'affirmation du patron de Tesla concernant le financement garanti du 'deal' potentiel était également fausse, selon la SEC. De même, Musk ne pouvait assurer que la seule contingence était le vote des actionnaires, précisait alors le gendarme de marché.

©2018,

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