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Tesla : les tweets d'Elon Musk, la SEC en a plus qu'assez !

Tesla : les tweets d'Elon Musk, la SEC en a plus qu'assez !
Tesla : les tweets d'Elon Musk, la SEC en a plus qu'assez !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le titre Tesla décrochait de 3,6% après bourse hier à Wall Street, sur une nouvelle controverse concernant des tweets de son patron Elon Musk à propos des perspectives du groupe. L'affaire remonte au 20 février. Le charismatique patron de Tesla s'était alors embrouillé sur le réseau social média Twitter, au sujet des objectifs unitaires de son groupe. "Tesla a fabriqué 0 voiture en 2011, mais en concevra environ 500k en 2019", avait lancé le CEO dans un premier tweet, avant de corriger quelque peu le tir, quelques heures plus tard : "Cela signifie un rythme annualisé de production à fin 2019 probablement autour des 500k, ie 10k voitures/semaine. Les livraisons pour l'année sont toujours estimées à environ 400k".

La Securities & Exchange Commission, gendarme américain des marchés financiers, a sollicité une ordonnance pour outrage à l'encontre du directeur général de Tesla, estimant que ce dernier aurait enfreint l'accord précédemment conclu il y a près de cinq mois. Le gendarme de la bourse américaine accusait alors de fraude le CEO du groupe, Elon Musk, et voulait l'empêcher d'exercer en tant que dirigeant ou administrateur d'une société cotée, suite à un tweet douteux du mois d'août à propos d'une potentielle sortie de la cote de Tesla au financement supposé garanti (suivi d'un tweet évoquant un prix potentiel de transaction de 420$).

Évidemment, la sortie de la cote n'avait jamais eu lieu. Un accord avait finalement été trouvé, obligeant Tesla et Musk a payer des amendes de 20 millions de dollars chacun, et contraignant par ailleurs le CEO et fondateur de Tesla à abandonner la présidence du conseil d'administration. Dans le cadre de l'accord alors conclu, Musk ne devait pas tweeter d'informations importantes à propos de Tesla sans autorisation préalable. La SEC juge donc que tel n'a pas été le cas le 20 février, lorsque l'incontrôlable Musk s'est permis d'intervenir sur son réseau social préféré à propos des perspectives du groupe. Avec 25 millions d'abonnés sur Twitter, toute information distillée par le milliardaire retient bien entendu toute l'attention des marchés.

Dans une plainte déposée lundi devant les tribunaux, la SEC a donc signalé le tweet de Musk du 20 février concernant cet objectif d'environ 500.000 livraisons, soulignant que Musk n'avait pas demandé ou reçu d'autorisation préalable avant de publier ce tweet. Le gendarme américain de marché juge par ailleurs l'information inexacte. "Musk a ainsi enfreint le jugement final de la cour en adoptant le comportement même que la disposition d'approbation préalable du jugement final visait à empêcher", écrit la SEC dans sa requête déposée hier devant un tribunal fédéral à Manhattan. L'autorité de marché demande au juge de rendre une ordonnance qui imposerait à Musk de démontrer pourquoi il ne devrait pas être jugé coupable d'outrage pour avoir violé le règlement.

Tesla n'a pas répondu à la SEC. En revanche, Musk n'a pas résisté à la tentation sur Twitter hier soir: "La SEC a oublié de lire le compte rendu des résultats de Tesla, qui indique clairement (un objectif) de 350k à 500k. Que c'est embarrassant..."

Le CEO du groupe fait ici référence aux commentaires faits en début d'année devant les analystes, selon lesquels Tesla ferait "peut-être de l'ordre de 350.000 à 500.000 Model 3 (cette année), quelque chose comme cela".

Dans sa lettre aux actionnaires du quatrième trimestre, Tesla avait en outre indiqué que, sauf imprévus relatifs à la nouvelle usine de Shanghai, Tesla prévoyait d'atteindre une production annualisée de Model 3 de plus de 500.000 unités entre le quatrième trimestre et le deuxième trimestre de l'année suivante.

Le règlement trouvé entre la SEC, Tesla et Musk en septembre, suite à l'affaire de la sortie supposée de la cote au financement garanti, avait été approuvé par un juge américain en octobre. Ce dernier peut désormais juger si les conditions de l'accord ont été violées. L'affaire est donc assez tendue pour Musk, qui avait sauvé de justesse son fauteuil de dirigeant opérationnel (CEO) dans le cadre de cet accord, et semble donc poursuivre avec la même insolence et indépendance ses interventions sur Twitter. Musk affirme tout de même, sur le réseau social, son "profond respect pour les juges" et le système américain de justice. Quoi qu'il en soit, les prochaines semaines s'annoncent délicates pour l'homme d'affaires et le constructeur de voitures électriques.

Musk, qui a affirmé encore récemment qu'il ne respectait pas la SEC, et l'avait auparavant affublée du surnom de 'Shortseller Enrichment Commission' (Commission d'Enrichissement des Vendeurs à Découvert), va devoir se faire un peu plus discret s'il ne veut pas déstabiliser encore son groupe, aux performances commerciales et financières par ailleurs remarquables.

©2019,

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