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Tesla : face à la SEC, Elon Musk ne lâche rien

Tesla : face à la SEC, Elon Musk ne lâche rien
Tesla : face à la SEC, Elon Musk ne lâche rien
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Tesla est finalement remonté hier soir de 2,4% à Wall Street sur un marché bienveillant, après être quelque peu revenu sur ses plans de transfert 'en ligne' de la quasi-totalité de ses ventes. Le groupe californien fait encore l'actualité ce jour, puisque son patron Elon Musk vient de démentir à nouveau les accusations de la Securities & Exchange Commission, gendarme financier américain, qui estime que le CEO aurait enfreint les termes de leur accord antérieur en tweetant à propos des perspectives de production de sa société. Dans un message du 20 février sur Twitter, Musk avait affirmé que Tesla allait produire environ 500.000 véhicules en 2019. Le directeur général de Tesla assure, par l'intermédiaire de ses avocats, que ce message était bien conforme à la politique de communication du groupe. C'est du moins ce qui ressort d'un document déposé au tribunal fédéral à Manhattan, dont a eu connaissance l'agence Reuters.

Le tweet de trop ?

La SEC soutient pour sa part que le tweet incriminé enfreint l'accord antérieur conclu. Un juge fédéral a laissé à Musk jusqu'au 11 mars pour se justifier face aux accusations de la SEC et démontrer pourquoi il ne devrait pas être jugé coupable d'outrage.

Le charismatique patron de Tesla s'était embrouillé fin février sur le réseau social média Twitter, au sujet des objectifs unitaires de son groupe. "Tesla a fabriqué 0 voiture en 2011, mais en concevra environ 500k en 2019", avait lancé le CEO dans un premier tweet, avant de corriger quelque peu le tir, quelques heures plus tard : "Cela signifie un rythme annualisé de production à fin 2019 probablement autour des 500k, ie 10k voitures/semaine. Les livraisons pour l'année sont toujours estimées à environ 400k".

La Securities & Exchange Commission, gendarme américain des marchés financiers, avait alors sollicité une ordonnance pour outrage à l'encontre du directeur général de Tesla, estimant que ce dernier aurait enfreint l'accord précédemment conclu il y a près de cinq mois. Le gendarme de la bourse américaine accusait alors de fraude le CEO du groupe, Elon Musk, et voulait l'empêcher d'exercer en tant que dirigeant ou administrateur d'une société cotée, suite à un tweet douteux du mois d'août à propos d'une potentielle sortie de la cote de Tesla au financement supposé garanti (suivi d'un tweet évoquant un prix potentiel de transaction de 420$).

Évidemment, la sortie de la cote n'avait jamais eu lieu. Un accord avait finalement été trouvé, obligeant Tesla et Musk a payer des amendes de 20 millions de dollars chacun, et contraignant par ailleurs le CEO et fondateur de Tesla à abandonner la présidence du conseil d'administration. Dans le cadre de l'accord alors conclu, Musk ne devait pas tweeter d'informations importantes à propos de Tesla sans autorisation préalable. La SEC juge donc que tel n'a pas été le cas le 20 février, lorsque l'incontrôlable Musk s'est permis d'intervenir sur son réseau social préféré à propos des perspectives du groupe. Avec 25 millions d'abonnés sur Twitter, toute information distillée par le milliardaire retient bien entendu toute l'attention des marchés.

Musk est-il allé trop loin ?

Dans une plainte déposée fin février devant les tribunaux, la SEC a signalé le tweet de Musk du 20 février concernant cet objectif d'environ 500.000 livraisons, soulignant que Musk n'avait pas demandé ou reçu d'autorisation préalable avant de le publier. Le gendarme américain de marché juge par ailleurs l'information inexacte. "Musk a ainsi enfreint le jugement final de la cour en adoptant le comportement même que la disposition d'approbation préalable du jugement final visait à empêcher", écrivait la SEC dans sa requête déposée devant un tribunal fédéral à Manhattan.

Le règlement trouvé entre la SEC, Tesla et Musk en septembre, suite à l'affaire de la sortie supposée de la cote au financement garanti, avait été approuvé par un juge américain en octobre. Ce dernier peut désormais juger si les conditions de l'accord ont été violées. L'affaire est donc assez tendue pour Musk, qui avait sauvé de justesse son fauteuil de dirigeant opérationnel (CEO) dans le cadre de cet accord, mais avait perdu celui de président pour trois ans.

©2019,

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