»
»
»
»
Consultation
Cotation du 22/03/2019 à 16h05 Tarkett -1,90% 18,570€

Tarkett va réduire ses coûts et augmenter ses prix, face à l'érosion des marges

Tarkett va réduire ses coûts et augmenter ses prix, face à l'érosion des marges
Tarkett va réduire ses coûts et augmenter ses prix, face à l'érosion des marges
Crédit photo © Tarkett

(Boursier.com) — Le chiffre d'affaires de Tarkett ressort à 2,84 MdsE en 2018 et bénéficie d'une croissance organique de 2,1% par rapport à 2017, nourrie par des volumes en hausse ainsi que des augmentations de prix de vente, principalement en EMEA et en Amérique du Nord. Le segment Sport a de nouveau connu une forte croissance organique (+11,7%), soutenue par toutes les catégories de produits dans toutes les zones géographiques. Dans le segment Amérique du Nord, les hausses de prix de vente permettent de réaliser une croissance organique de +1,3% en 2018 en dépit d'un retrait au T4 (-2,2%). Les ventes du segment EMEA sont restées stables (-0,1%) en 2018 et ont crû de +1,9% au T4. Le segment CEI, APAC & Amérique latine est en léger recul (-1,5%).

Les ventes en données publiées sont restées stables par rapport à 2017 (-0,2%). Les taux de change ont pesé à hauteur de -3,6%, principalement du fait de la dépréciation du dollar, de la couronne suédoise et du réal brésilien face à l'euro. L'effet périmètre de +1,3% reflète principalement les acquisitions de Lexmark, l'un des leaders de la moquette pour le secteur de l'hôtellerie en Amérique du Nord, et de Grassman, un leader australien de la fabrication de gazon synthétique.

Dégradation de la rentabilité

L'EBITDA ajusté s'est élevé à 249 ME contre 315 ME en 2017, alors que la marge d'EBITDA ajusté s'est établie à 8,8% vs. 11,1% en 2017. Le recul de l'EBITDA ajusté reflète d'abord la hausse très significative du coût des matières premières et du transport dans tous les segments, compensée presque pour moitié par les hausses de prix de vente réalisées au cours de l'année en Europe et en Amérique du Nord. L'effet de ces hausses de prix a augmenté graduellement tout au long de l'année et le groupe a pu compenser près de 60% de l'effet de l'inflation sur le second semestre. L'effet volume et mix est négatif sur l'EBITDA de l'année, principalement du fait du retrait des volumes de certains produits à forte contribution, comme la moquette commerciale en Amérique du Nord, ainsi que de la réduction des stocks en EMEA.

L'évolution défavorable des taux de change, hors pays de la CEI, a également pesé. En revanche, l'impact net de l'évolution des taux de change et des prix de vente dans les pays de la CEI est positif grâce à la bonne gestion des prix dans la région.

Les gains de productivité nets s'élèvent à +19 ME, en deçà des objectifs compte tenu de difficultés rencontrées dans deux sites industriels en Amérique du Nord sur la seconde partie de l'année. Ils permettent cependant de compenser les hausses de salaires. Les 'SG&A' récurrents (frais commerciaux, administratifs et R&D) sont stables. Un certain nombre d'effets ponctuels conduisent le total des SG&A à la hausse, et notamment des subventions reçues en 2017, ainsi que des provisions liées au crédit client plus importantes en 2018.

Les acquisitions contribuent favorablement pour +8 ME à l'EBITDA groupe... A titre de rappel, l'EBITDA ajusté 2017 du segment Sport avait bénéficié du règlement favorable d'un litige pour 12 M$.

Le résultat net part du groupe s'est élevé à 49 ME (vs. -39 ME en 2017). L'endettement net a atteint 754 ME, représentant 2,8 fois l'EBITDA ajusté pro-forma des douze derniers mois (1,6x à fin décembre 2017). Cette augmentation est en partie liée aux acquisitions réalisées sur l'année dont celles de Lexmark en Amérique du Nord et de Grassman en Australie.

Dividende maintenu

Le Directoire proposera au titre de l'exercice 2018 le versement d'un dividende de 0,60 euro par action, stable par rapport à l'exercice 2017. Ce dividende sera proposé avec une option de paiement en actions, au choix de l'actionnaire, et sera soumis à l'approbation de l'Assemblée générale du 26 avril. La famille Deconinck, actionnaire à hauteur de 50,8% du capital, a indiqué qu'elle optera pour le paiement en actions nouvelles.

Applicable au 1er janvier, la norme IFRS16 va conduire à comptabiliser la plupart des contrats de location sous forme de droit d'utilisation à l'actif du bilan. Ceci aura pour conséquence d'augmenter la dette financière (environ +100 ME en 2019), de réduire les charges de location et d'augmenter l'EBITDA ajusté (environ +28 ME en 2019, soit près de 100pbs de marge d'EBITDA). L'effet sur le levier d'endettement (dette nette/EBITDA ajusté) reste très limité (environ +0.1x d'EBITDA ajusté).

Prévisions timorées

Les perspectives de croissance économique pour 2019 sont plus modérées qu'en 2018. Le marché résidentiel en Amérique du Nord (construction neuve et rénovation) ainsi que la construction neuve en Europe montrent des signes de ralentissement. Dans les pays de la CEI, le contexte du début d'année est plus incertain, sans que cela ne remette en question le potentiel de croissance à moyen terme.

Malgré la baisse des prix de certains produits dérivés du pétrole, l'environnement est toujours inflationniste. Sur la base des prix actuels des matières premières, de l'énergie et du transport, le groupe estime que l'impact défavorable de ces achats pourrait atteindre environ 15 ME sur l'ensemble de l'année 2019, principalement sur le premier semestre. Les augmentations de prix de vente seront donc poursuivies avec pour objectif de compenser l'inflation sur l'ensemble de l'année.

Réduction des coûts

En outre, la priorité est mise sur le redressement de la performance industrielle des sites qui ont pénalisé le groupe en 2018, ainsi que la mise en oeuvre de mesures de réduction des coûts, "afin d'améliorer significativement le niveau de rentabilité". Le groupe met par ailleurs en place une gestion serrée du besoin en fonds de roulement et des investissements pour réduire le niveau d'endettement.

Plan stratégique en vue

Une "revue des priorités stratégiques et du dispositif industriel" est également engagée. Au-delà de l'amélioration structurelle de la rentabilité, l'objectif est de rendre l'organisation "plus agile" et de "saisir les opportunités offertes par le digital", pour accélérer l'innovation et apporter des solutions qui feront la différence. La priorité sera aussi donnée au renforcement du leadership du groupe dans l'économie circulaire... Un nouveau plan stratégique reprenant ces éléments sera présenté en juin 2019.

©2019,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com