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Renault : le patron de Nissan charge Carlos Ghosn !

Renault : le patron de Nissan charge Carlos Ghosn !
Renault : le patron de Nissan charge Carlos Ghosn !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — C'est une première : le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, s'est exprimé pour la première fois dans la presse française depuis l'incarcération de Carlos Ghosn par la justice japonaise, le 19 novembre dernier. Ainsi, dans un entretien publié lundi soir sur le site internet des 'Echos', le dirigeant de Nissan charge l'ex-président de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi : il affirme que le conseil d'administration de Renault, lorsqu'il aura accès au dossier complet sur Carlos Ghosn, tirera les mêmes conclusions que Nissan, à savoir que ce dernier s'est livré à des activités répréhensibles.

"Tout ce que je souhaite, c'est que les administrateurs de Renault aient eux aussi accès au dossier complet, aux faits", a dit Hiroto Saikawa dans une interview au journal économique. "Je pense que, lorsque ce sera le cas, ils tireront la même conclusion que nous."

"Il y a des comportements qui ne sont pas acceptables pour un dirigeant"

"Nous avons partagé ces informations avec les avocats de Renault mais à ce stade, nous comprenons que le conseil d'administration de Renault n'a pas eu accès au contenu du dossier lui-même, semble-t-il en vertu de ce principe de présomption d'innocence", a-t-il ajouté. "De nouveau, je reconnais la complète validité de ce principe mais je considère aussi qu'(...) il y a des comportements qui ne sont pas acceptables pour un dirigeant si bien qu'il était de notre devoir de mettre fin à ses fonctions."

Contrairement à Nissan et Mitsubishi, Renault a maintenu Carlos Ghosn dans ses fonctions de PDG, en nommant une direction intérimaire bicéphale depuis son arrestation au Japon le 19 novembre. Jeudi dernier, la firme au losange a indiqué que son enquête interne n'avait pas découvert de fraude sur les exercices 2017 et 2018, et que la mission se poursuivrait sur les exercices antérieurs.

Stabiliser les choses et renforcer l'alliance Renault-Nissan

Hiroto Saikawa a par ailleurs réaffirmé son attachement à l'alliance industrielle entre Renault et Nissan, qu'il a qualifiée de "cruciale". Il a ajouté que la priorité était de "stabiliser les choses et de travailler en confiance, pas de savoir si Nissan doit pouvoir exercer des droits de votes chez Renault". Il a également assuré que le fait que l'Etat français soit actionnaire de Renault "ne (pose à Nissan) aucun problème."

"Notre préoccupation du jour n'est pas une fusion, mais de renforcer en permanence l'Alliance pour que les générations futures de managers puissent en bénéficier comme nous en bénéficions aujourd'hui", a aussi précisé le dirigeant japonais.

Accusé de dissimuler des rémunérations, Carlos Ghosn clame son innocence

Incarcéré à Tokyo, Carlos Ghosn à clamé son innocence, le 8 janvier dernier. Pour la première fois, il a pu s'exprimer en public pendant une dizaine de minutes face à un tribunal de Tokyo. "J'ai été accusé à tort et injustement détenu sur la base d'accusations infondées", a-t-il déclaré.

"Contrairement aux accusations des procureurs, je n'ai jamais reçu de compensation de la part de Nissan qui n'ait pas été révélée, de même que je n'ai pas établi avec Nissan de contrat visant à recevoir une rémunération fixe non divulguée", a-t-il ajouté.

Trois chefs d'accusation au Japon et des soupçons aux Pays-Bas

Carlos Ghosn a été mis en examen le 10 décembre pour avoir minimisé, dans les rapports de Nissan remis aux autorités boursières, une partie de ses revenus : environ 5 milliards de yens (40 millions d'euros) sur cinq années, de 2010 à 2015.

Il a aussi été inculpé la semaine dernières pour deux autres chefs d'accusation. Il aurait d'une part minimisé ses revenus sur la période de 2015 à 2018, pour un montant de 4 MdY (32 ME). D'autre part, il aurait tenté de faire couvrir par Nissan "des pertes sur des investissements personnels" au moment de la crise financière d'octobre 2008, pour un montant de 1,85 MdY (15 ME).

Selon des informations publiées lundi dans 'Les Echos', Carlos Ghosn se serait aussi fait rémunérer 7 millions d'euros de façon dérobée par la structure Nissan Mitsubishi BV (NMBV), fondée en juin 2017 aux Pays-Bas par Nissan et Mitsubishi, afin notamment de distribuer des bonus aux employés et managers des constructeurs.

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