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Nucléaire : incident sur un EPR chinois, EDF demande une réunion

Nucléaire : incident sur un EPR chinois, EDF demande une réunion
Nucléaire : incident sur un EPR chinois, EDF demande une réunion
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — EDF a annoncé lundi soir avoir été informé d'une augmentation de la concentration de certains gaz rares dans le réacteur EPR no1 de la centrale nucléaire de Taishan, dans le sud de la Chine. Dans un communiqué, l'électricien public français a ajouté avoir demandé une réunion avec son partenaire chinois à ce sujet.

EDF a précisé avoir sollicité la tenue d'un conseil d'administration extraordinaire de TNPJVC - propriétaire et exploitant de cette centrale et coentreprise d'EDF (30%) et de China General Nuclear Power Group ou CGN (70%) - afin que les dirigeants de la société présentent l'ensemble des données du problème et les décisions nécessaires pour y remédier.

L'EPR de Taishan est le premier de ce type à être entré en service, fin 2018. La centrale dispose d'un deuxième réacteur du même modèle - lui aussi conçu par l'ex-Areva, devenu Framatome et contrôlé par EDF -, dont l'exploitation commerciale a commencé en septembre 2019.

La chaîne d'information américaine 'CNN' avait rapporté plus tôt dans la journée que le gouvernement des Etats-Unis avait procédé la semaine dernière à des vérifications d'informations faisant état d'une fuite radioactive "imminente" à la centrale de Taishan, située dans la province de Guangdong. Le défaut aurait été signalé aux autorités américaines par Framatome, concepteur du réacteur de troisième génération.

Des rejets atmosphériques "maîtrisés" ?

'CNN', qui cite des documents qu'elle a passés en revue et des responsables américains ayant requis l'anonymat, a ajouté que l'administration Biden pense que la situation de cette centrale "ne pose pas de risque de sécurité sévère pour les employés de la centrale ou pour la population chinoise".

Dans son communiqué, EDF, qui "a pris contact avec les équipes de TNPJVC et apporte son expertise", évoque pour sa part "la présence de certains gaz rares dans le circuit primaire (qui) est un phénomène connu, étudié et prévu par les procédures d'exploitation des réacteurs". Selon un porte-parole du groupe, interrogé par 'Reuters', des analyses préliminaires suggèrent que le problème provient de fuites au niveau de quelques gaines d'assemblages de combustibles, au coeur du réacteur, qui présenteraient des défauts d'étanchéité.

Des rejets atmosphériques "maîtrisés" et respectant les normes locales ont été réalisés sur le site, a également indiqué EDF, précisant que les premières mesures laissant penser à des problèmes d'étanchéité, dont l'origine reste à déterminer, remontaient à octobre 2020.

Les combustibles de Taishan ont été fabriqués en France par Framatome sur son site de Romans-sur-Isère (Drôme), a aussi fait savoir EDF, qui juge prématuré de dire s'il faudra arrêter le réacteur no1 de Taishan pour régler le problème.

Des informations divergentes côté américain et chinois

'CNN', qui cite un mémo daté du 8 juin signé par un expert de Framatome, et adressé au département américain de l'Énergie, s'était montré moins rassurant sur la situation. Selon ce mémo, "la situation est une menace radiologique imminente pour le site et pour le public et Framatome demande urgemment la permission de transférer les données techniques et l'assistance nécessaires pour remettre l'usine en état de fonctionnement normal".

Selon les documents obtenus par CNN, Framatome reprocherait également au gendarme nucléaire chinois d'avoir rehaussé le niveau de radiations accepté à l'extérieur de la centrale nucléaire. Cette démarche aurait permis aux autorités chinoises d'éviter l'arrêt du site. Les industriels américains ne détiennent pas de participation dans l'entreprise TNPJVC, mais Framatome aurait contacté les États-Unis dans le but d'obtenir une assistance technique.

De son côté, le géant chinois CGN a déclaré que les opérations au niveau de la centrale respectaient les règles de sécurité et que l'environnement du site était sûr. "Les données de surveillance régulière montrent que la centrale de Taishan et son environnement immédiat présentent des paramètres normaux", a écrit la société dans un communiqué publié sur son site dans la nuit de dimanche à lundi.

Nouvel écueil pour la filière EPR

Mis en service en 2018 et 2019, les EPR de Taishan restent pour l'instant les seuls en service dans le monde. Quatre autres réacteurs de type EPR sont encore en cours de construction dans le monde : un en Finlande (Olkiluoto), un en France à Flamanville (Manche) et deux au Royaume-Uni (Hinkley Point).

EDF ne s'est pas exprimé sur l'impact potentiel du problème de Taishan sur ses projets. Cet incident tombe mal pour le groupe, qui espère vendre ses réacteurs EPR à l'étranger, et vise notamment la construction de six réacteurs EPR en Inde.

EDF fait déjà l'objet de critiques sur les multiples retards du chantier EPR de Flamanville, ainsi que sur le chantier finlandais. Des déboires qui ont amené le gouvernement à faire pression sur EDF pour rétablir l'excellence de l'industrie nucléaire française. Par ailleurs, l'Etat (qui contrôle 83,7% du capital d'EDF) mène depuis des mois des négociations difficiles avec Bruxelles en vue d'une nouvelle régulation du parc nucléaire d'EDF, qui s'accompagnerait d'une refonte du groupe.

Ce projet (initialement baptisé "Hercule") passerait par la séparation des activités du groupe en trois entités distinctes : un EDF "Bleu" pour le parc nucléaire et une branche "Azur" pour l'hydroélectricité, qui seraient détenus à 100% par l'Etat, ainsi qu'un "EDF Vert" pour les énergies renouvelables, la distribution et la commercialisation, dont le capital serait ouvert.

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