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Cotation du 20/10/2020 à 16h54 Altice -0,28% 4,215€

Michel Combes évincé d'Altice, Patrick Drahi reprend les commandes

Michel Combes évincé d'Altice, Patrick Drahi reprend les commandes
Michel Combes évincé d'Altice, Patrick Drahi reprend les commandes
Crédit photo © Altice

(Boursier.com) — Les investisseurs sentaient bien que quelque chose clochait chez Altice, au-delà de résultats décevants sur neuf mois. Depuis la publication des chiffres il y a une semaine, le titre est passé de 16,16 à 10,66 euros, avec deux séances particulièrement difficiles, vendredi dernier (-22,6%) et hier (-9,7%). Les dissensions internes sont apparues au grand jour avec la démission hier de Michel Combes, l'ancien patron d'Alcatel-Lucent, à qui Patrick Drahi avait donné de larges pouvoirs, de la direction générale d'Altice NV, la filiale européenne de son groupe, à la présidence de SFR en passant par un poste de directeur d'Altice USA. Il paie les mauvais résultats de l'opérateur de téléphonie mobile français, dont la stratégie ne convainc ni les analystes... ni les clients ! Michel Combes et Patrick Drahi ont beau déclarer dans le communiqué diffusé hier soir qu'ils se quittent bons amis, personne n'est dupe.

Reprise en main

Patrick Drahi va reprendre la présidence d'Altice NV et prévoit de fixer un cadre stratégique et un agenda pour la reprise en main des affaires, notamment chez SFR. Il a rappelé sa garde rapprochée : Dexter Goei, qui reste aux commandes de la division américaine, prend aussi la direction générale européenne. Le directeur financier d'Altice, Dennis Okhuijsen, devient cumulard avec le poste de CEO d'Altice Europe. Armando Pereira va se concentrer sur les télécoms avec son nouveau rôle de chef des opérations (COO) de la division, tandis qu'Alain Weill devient PDG (président et CEO) de SFR Group, et COO d'Altice Media en plus de son rôle de CEO de SFR Media. Enfin, Jérémie Bonnin arrive au poste de secrétaire général d'Altice. La nouvelle organisation aligne davantage les intérêts des fondateurs et du management, peut-on lire dans le communiqué.

Cette reprise en mains musclée intervient dans une période de doute marquée sur les performances opérationnelles du groupe. Or le doute n'a pas sa place dans un modèle économique qui s'appuie très largement sur l'endettement. Le bilan d'Altice est très lourd, notamment après son développement aux Etats-Unis, qui semble très bien fonctionner. Les ressources pour y faire face sont là, mais le management ne peut s'offrir le luxe de laisser planer un doute sur les capacités financières de la structure, au risque de susciter la défiance des investisseurs. Cela suffira-t-il à apaiser les craintes ?

Prudence des analystes

Le changement de pilote n'entraîne pas, ce matin, de violent rebond du titre. Il grappille 0,8% peu après 10h00, à 10,75 euros, mais a déjà fait deux incursions dans le rouge en trente minutes. Quelles sont les réactions des analystes à ces bouleversements ? Pour Bryan Garnier, la nouvelle gouvernance soulève plus d'interrogations qu'elle n'apporte de réponses. Le bureau d'études se demande si la situation de SFR n'est pas pire que prévu, et s'interroge sur la capacité du groupe à attirer des talents extérieurs à ses postes clefs. L'exception qui confirme la règle est Alain Weill, mais sa nomination aux commandes de l'opérateur de télécommunications français laisse le spécialiste dubitatif, compte tenu de son expérience limitée dans le domaine. Bryan Garnier considère que le contexte actuel rend plus difficile les opérations d'acquisition ou de refinancement, ce qui pourrait accroître les tensions sur la société. Il note cependant qu'il n'y a pas d'échéance majeure sur la dette d'ici 2022, ce qui laisse une marge de manoeuvre conséquente. Oddo BHF a ramené ce matin d'achat à neutre sa recommandation, tout en plaçant sa valorisation sous revue. Le grand chambardement devrait entraîner des turbulences pendant plusieurs mois, ce qui pousse le bureau d'études à se mettre en retrait du dossier, même s'il considère toujours qu'Altice a des atouts uniques.

Depuis l'avertissement, l'objectif de cours moyen est passé de 24,14 à 19,73 euros, même si 61% des analystes qui suivent le dossier sont encore positifs.

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