Cotation du 26/10/2021 à 14h42 Hermes International +0,63% 1 352,50€

Luxe : un jeudi noir

Luxe : un jeudi noir
Luxe : un jeudi noir
Crédit photo © Reuters

-9% pour Kering, -5,5% pour LVMH, -5% pour Hermès. Il est rare de voir les grands noms du luxe français chuter autant en Bourse. D'autant que ce repli marqué fait suite à plusieurs séances de baisse. Après l'incroyable rallye des derniers mois et les niveaux de valorisation très élevés atteints par le trio français, il était à craindre que toute mauvaise nouvelle vienne fortement pénaliser ces titres. C'est ce qui est en train de se passer depuis quelques jours.

(Boursier.com) — Outre les craintes relatives à un 'tapering' (réduction des achats d'actifs) de la Fed d'ici la fin de l'année, la principale inquiétude vient de Chine. En plus du probable ralentissement de l'activité en lien avec la résurgence de la pandémie de Covid-19, les dernières déclarations de Xi Jinping en faveur d'une "prospérité commune" ont jeté un froid. Le président chinois souhaiterait en effet limiter les "revenus déraisonnables", augmenter les salaires et développer la classe moyenne, selon le compte rendu d'une réunion du comité central des Affaires financières et économiques du Parti communiste qui s'est tenue mardi. Un projet qui affecterait en premier lieu les ménages les plus aisés, les principaux clients des grandes maisons françaises.

"La croissance explosive d'une classe moyenne chinoise a été l'un des principaux moteurs des marques de luxe au cours des deux dernières décennies", explique à 'Bloomberg' Alasdair McKinnon, gestionnaire principal du Scottish Investment Trust. "Les consommateurs nouvellement aisés voulaient le meilleur et voulaient montrer qu'ils pouvaient se permettre le meilleur. Les investisseurs sont donc très sensibles à tout ce qui pourrait nuire aux habitudes de dépenses des Chinois".

Les consommateurs chinois représentent un tiers des ventes mondiales des entreprises de luxe, selon Grace Smalley, analyste chez JPMorgan Chase & Co. Les ventes dans ce pays ont été particulièrement fortes au deuxième trimestre, alors que les affaires ont repris après les interruptions dues à la pandémie. "Il faut plus de détails sur les changements de politique proposés par le gouvernement pour juger de leur impact sur l'industrie", ajoute toutefois la spécialiste. "Nous reconnaissons que cela représente un risque supplémentaire pour la forte reprise observée dans le secteur jusqu'à présent et nous surveillerons tout effet d'entraînement sur la richesse et la conscience accrue des consommateurs concernant l'étalage de la richesse".

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