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Iliad (Free) au plus bas depuis 5 ans et demi en Bourse de Paris

Iliad (Free) au plus bas depuis 5 ans et demi en Bourse de Paris
Iliad (Free) au plus bas depuis 5 ans et demi en Bourse de Paris
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Sale temps pour les opérateurs télécoms ! La semaine aura été particulièrement éprouvante pour Altice qui a corrigé de 16% hier dans la foulée de l'annonce de ses semestriels et pour Iliad qui se retrouve au plus bas depuis 5 ans en Bourse de Paris, sous les 130 euros, alors que le groupe a fait l'objet de rumeurs de pertes importantes d'abonnés mobile au deuxième trimestre au profit d'Orange... C'est ce que rapportait en début de semaine l'agence Bloomberg qui citait des sources expliquant que ce "déplacement" d'abonnés vers Orange serait le plus important sur un trimestre depuis qu'Iliad est arrivé sur le marché de la téléphonie mobile en 2012... L'opérateur télécoms aurait aussi de grosses difficultés à recruter des abonnés dans le fixe face aux tarifs particulièrement agressifs de ses concurrents SFR (Altice Europe), Bouygues Telecom et Orange.

En guise de réponse, suite à ces rumeurs, le Groupe Iliad a précisé dans un bref communiqué que "dans la continuité des annonces du mois de mai, le groupe a clairement défini comme priorité d'augmenter sa base d'abonnés au Forfait Free 4G... L'environnement a été extrêmement concurrentiel au 2e trimestre, entraînant une baisse de la base d'abonnés aux Forfaits 0 euro et 2 euros, mais le nombre d'abonnés au Forfait Free 4G, a lui continué sa progression constante".

Brokers fébriles

Pas de quoi forcément rassurer les brokers, à l'image de Berenberg qui a maintenu sa recommandation à l'achat sur le dossier Iliad, mais qui a réduit son objectif de cours de 210 à 199 euros. En vue de la publication des comptes semestriels du groupe le 4 septembre prochain, l'analyste table sur une baisse de 27.000 forfaits de la base abonnés mobiles du groupe. Dans le fixe, Berenberg anticipe une perte de 11.000 abonnés... "Avec l'intensité promotionnelle enregistrée au deuxième trimestre, nous pensons que l'ensemble du marché du mobile va demeurer sous pression", explique le broker.
Berenberg estime donc que le consensus de place est trop généreux concernant en particulier le chiffre d'affaires d'Iliad en France. L'analyste table ainsi sur une baisse de 3,6% du CA dans le fixe et sur une croissance de 2,4% du mobile. Concernant l'Ebitda, Berenberg est en revanche plutôt d'accord avec le consensus de place qui attend une hausse très modeste de 0,7% au premier semestre...

Iliad ne publiera donc ses résultats du premier semestre que le 4 septembre prochain, de quoi laisser en attendant la porte ouverte à la spéculation... Rappelons que l'annonce de ses comptes du premier trimestre marqués par des pertes d'abonnés internet pour la première fois de son histoire, avait déjà secoué le marché et inquiété les analystes...

Sous haute pression

Iliad qui a tardé à s'adapter à un marché des télécoms français ultra-concurrentiel du fait du maintien de quatre acteurs, après l'échec de plusieurs tentatives de consolidation, a annoncé au printemps dernier un renouvellement de son équipe de direction avec la nomination de son directeur financier Thomas Reynaud au poste de directeur général. Le groupe entend également revoir sa politique commerciale... Iliad souhaite désormais rendre accessibles ces promotions au plus grand nombre, mais sans forcément "casser ses prix".

Le conseil d'administration a également procédé à la nomination de Maxime Lombardini, en qualité de Président du conseil d'administration. Le conseil d'administration a aussi ratifié la nomination de Cyril Poidatz au poste de Secrétaire Général. Thomas Reynaud a par ailleurs procédé aux nominations de Nicolas Jaeger devenu Directeur Financier. Il exerçait précédemment les fonctions de Trésorier et de Responsable des Relations Investisseurs.
La mise en place de cette nouvelle équipe de direction, réunissant à la fois les fondateurs historiques du groupe (Xavier Niel, Rani Assaf, Antoine Levavasseur, Cyril Poidatz) et de nouveaux talents, "vise à faire face aux nouveaux défis du Groupe et à l'inscrire dans une nouvelle dynamique de croissance pour les années à venir". La nouvelle gouvernance est entrée en vigueur le 21 mai dernier...

Orange rit, Altice chute

Du côté de la concurrence, Orange a publié la semaine passée une nouvelle amélioration de sa rentabilité en dépit d'un ralentissement de la croissance de ses ventes en France face à une concurrence toujours plus rude. Altice Europe, maison mère de SFR, continue en revanche de flancher ce vendredi, encore en repli de près de 3%, alors que le titre a abandonné plus de 16% hier en clôture, dans la foulée de ses comptes semestriels... Les données commerciales d'Altice Europe poursuivent pourtant leur redressement, mais sans que, pour le moment, cela ne se concrétise dans les comptes du groupe qui a dégagé un résultat d'exploitation (Ebitda) ajusté semestriel en baisse de -9,1% à 1,32 milliard, donnant une marge opérationnelle en recul à 37,8% comparé à 40,1% lors de la même période l'année précédente. De son côté, le chiffre d'affaires consolidé a baissé de -4,8% à 3,48 milliards d'euros.

Ce recul de la profitabilité était néanmoins attendu. Bryan Garnier se veut malgré tout prudent : "La France est le seul pays à battre les estimations du côté de l'Ebitda, mais la tendance des recettes soulève des questions malgré un bonne performance commerciale (progression des abonnés)", a souligné le broker qui reste acheteur d'Altice en visant 3,70 euros dans l'attente de la concrétisation pleine et durable de la 'recovery' dans l'Hexagone. Barclays de son côté a prudemment abaissé ce matin à 2,90 euros son objectif de cours sur Altice Europe.

Objectifs confirmés

A noter qu'Altice Europe a confirmé ses objectifs pour 2018, précisant que son cash flow opérationnel en France se situerait dans le bas de la fourchette initialement anticipé, à savoir entre 1,5 et 1,6 milliard d'euros...
Rappelons que le groupe a pris la décision de tailler dans ses tarifs pour tenter de faire revenir la clientèle déçue.
Altice Europe avait en effet perdu pas moins de 1,6 million d'abonnés mobile depuis le rachat de SFR fin 2014. Le groupe s'est donc donné pour priorité de regagner des parts de marché en remettant à niveau ses réseaux via de lourds investissements et en adoptant une politique tarifaire très agressive... Cette stratégie de reconquête devrait se traduire par un recul des revenus et de la marge cette année en France avant un retour à la croissance espéré l'an prochain, a prévenu le nouveau PDG Alain Weill lors d'une conférence hier.

Sur la période d'avril à juin, SFR a regagné des abonnés dans le fixe (+13.000) pour le deuxième trimestre d'affilée... Dans le mobile, l'opérateur a conquis 211.000 nouveaux clients à la faveur du lancement de nouvelles offres agressives au printemps et de la réduction du rythme de défection de ses clients dont les réclamations ont baissé de 50%.
Les prix bas consentis par SFR pour attirer ces nouveaux clients ont toutefois fait flancher le revenu moyen par abonné fixe de près de 2,6 euros en l'espace de trois mois.
Au global, Altice Europe a vu son chiffre d'affaires reculer de 3,8% en données publiées à 3,48 milliards d'euros tandis que le résultat d'exploitation (Ebitda) a reculé de 9,1% à 1,32 milliard, donnant une marge opérationnelle en repli à 37,8% (vs 40,1% au deuxième trimestre 2017). L'endettement net du groupe a dans le même temps atteint près de 32 milliards d'euros !

Regagner les clients perdus

"Pour pouvoir augmenter les revenus, nous devons d'abord regagner les clients que nous avions perdus l'an dernier", a commenté Alain Weill, propulsé à la tête des actifs européens d'Altice depuis la séparation avec la branche américaine...
Les prix bas de SFR ont fait souffrir ses concurrents, dont Free mobile (Iliad) en particulier, qui a confirmé hier avoir subi une baisse de sa base d'abonnés sur son forfait d'entrée de gamme au deuxième trimestre, tandis que le nombre de ses clients 4G a continué de progresser...

La guerre des tarifs en France, qui pèse sur les marges et les cours de bourse des opérateurs, a ravivé les spéculations sur une possible consolidation du marché qui repasserait de 4 à 3 intervenants. "Nous pensons qu'une consolidation va arriver en France", a expliqué Alain Weill aux analystes sans en dire plus pour le moment. Assez en tous les cas pour alimenter les rumeurs qui circulent sur la place depuis plusieurs mois dans le secteur, à l'image d'un possible rachat de SFR par Bouygues Télécom....

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