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EDF : panique à bord ?

EDF : panique à bord ?
EDF : panique à bord ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — D'ici quelques jours, lors d'un conseil d'administration prévu le 27 janvier, EDF doit prendre sa décision d'investissement dans son projet de construction de deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point, en Grande-Bretagne. Toutefois, en interne, ce projet géant estimé à 23,7 milliards d'euros, suscite des inquiétudes, en particulier auprès du syndicat des cadres, la CFE-CGC. Selon le quotidien 'Les Echos', la CFE-CGC a ainsi prévu d'interpeller ce mercredi les salariés et le conseil d'administration. Selon le syndicat, "Hinkley Point représente un investissement énorme au regard de la capitalisation boursière du groupe (22,5 MdsE) et de sa situation financière. Nous y voyons des risques financiers, industriels et juridiques".

En attendant, le titre en Bourse poursuit sa dégringolade, en recul de 2,5% à 11,40 euros. Alors qu'EDF est très endetté et que le groupe est appelé au secours d'Areva, son cours de Bourse est au plus bas historique, après des craintes concernant un coût plus élevé que prévu du stockage des déchets nucléaires (projet Cigeo). Début janvier, 'Les Echos' écrivaient que l'électricien avait programmé pas moins de 6,5 milliards d'euros de cessions d'actifs dans son budget 2016, afin de financer ses investissements.

Le droit d'alerte déclenché par le CCE en décembre

Face à la multiplication des risques, le syndicat des cadres n'est pas le seul à tirer la sonnette d'alarme en interne... Le 11 décembre dernier, les élus du comité d'entreprise (CCE) d'EDF ont déclenché pour la première fois un droit d'alerte devant la situation économique et sociale préoccupante de l'entreprise. Parmi les points "les plus préoccupants", les élus CGT, FO et CFDT du CCE ont demandé des explications sur "les modalités économiques de la construction d'Hinkley Point C, le détail des dépenses, l'engagement et le financement du projet".

Le coût du projet d'EPR britanniques est évalué à 18 milliards de livres (en coût courant, soit 23,7 milliards d'euros au cours actuel), dont EDF prendra 66,5%. La CFE-CGC s'inquiète cependant d'un dérapage de ces coûts, en cas de retard dans le calendrier de construction, comme ce fut le cas en Finlande (projet mené par Areva), puis en France à Flamanville et dans une moindre mesure en Chine. "Il y a eu ces dernières années des décalages de temps de construction sur les trois sites où un EPR est en construction. Or, la direction ne prend pas en compte ces dérives de calendrier pour son projet", pointe la CFE-CGC.

Selon 'Les Echos', EDF prévoirait une durée de construction de 72 mois (six ans) entre le "premier béton" et la mise en exploitation commerciale (prévue en 2025) du premier EPR d'Hinkley Point, avec une seule marge possible de six mois supplémentaires. Or, le chantier de Flamanville est désormais prévu pour durer 132 mois, après plusieurs reports, et celui de Taishan, en Chine devrait durer 86 mois au bas mot. La direction d'EDF assure toutefois qu'elle a tiré les leçons du passé, ce qui lui permettra d'accélérer certaines tâches pour ses futurs chantiers.

Brokers inquiets

Côté brokers, RBC a réduit son cours cible de 15 à 11 euros en restant à "sous-performance" sur le dossier. En plus d'avoir un avis négatif sur EDF, le dossier est celui que Bernstein apprécie le moins dans la spécialité... Le titre a pourtant des atouts : valeur au plus bas historique, parc faiblement émetteur de CO2, objectifs de cash-flow intéressants pour 2018, volonté d'étendre l'exposition aux énergies renouvelables, la stratégie de simplification des activités internationales... Pour autant, ils ne suffisent pas à compenser les éléments négatifs. L'analyste cite en premier lieu le trou d'air industriel qui risque d'être causé par l'évolution du cours des matières premières et en second lieu le niveau très élevé d'incertitude réglementaire qui sévit en France. En outre, la nouvelle stratégie reste floue... Alors bien sûr, la publication des résultats 2015 et des perspectives 2016 en février pourraient constituer un catalyseur positif, mais cela ne modifie pas l'opinion fondamentale "performance de marché" du spécialiste sur le dossier, valorisé 13 euros par action...

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