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Bruxelles inflige 2,42 MdsE d'amende à Google, mais pourrait corser l'addition

Bruxelles inflige 2,42 MdsE d'amende à Google, mais pourrait corser l'addition
Bruxelles inflige 2,42 MdsE d'amende à Google, mais pourrait corser l'addition
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La sanction est tombée, et le terme de "record" qui était utilisé depuis plusieurs semaines n'était pas frelaté. Google va devoir verser 2,424 milliards d'euros pour avoir violé les règles de concurrence de l'Union européenne en profitant de sa position dominante dans les moteurs de recherche pour favoriser son propre service de comparaison de prix. Le groupe américain a 90 jours pour faire cesser cette pratique, sans quoi la Commission le menace d'astreintes pouvant atteindre 5% de son chiffre d'affaires quotidien à l'échelle mondiale. L'amende initiale a été calculée sur la base de la valeur des recettes que Google réalise grâce à son service de comparaison de prix dans les 13 pays de l'Espace économique européen concernés. La décision est évidemment susceptible d'appel.

Google est à l'origine d'un grand nombre de produits et de services innovants qui ont changé notre vie, ce qui est positif, a souligné la commissaire à la concurrence Margrethe Vestager. Mais sa stratégie relative à son service de comparaison de prix ne s'est pas limitée à attirer des clients en rendant son produit meilleur que celui de ses concurrents. En effet, Google a abusé de sa position dominante sur le marché des moteurs de recherche en favorisant son propre service de comparaison de prix dans ses résultats de recherche et en rétrogradant ceux de ses concurrents, a-t-elle expliqué.

Etouffer la concurrence

L'enquête de la Commission a montré que le service de comparaison de prix, baptisée initialement Froogle en 2004, avant de devenir Google Shopping en 2013, avait bénéficié d'une surexposition de la part du groupe sur son moteur de recherche à partir de 2008. Avant que l'artillerie lourde ne soit sortie, il végétait. Un mémo interne de 2006 soulignait même que le système était en échec. Mais la magie du haut de page a permis à Google de réaliser des gains importants de trafic aux dépens de ses concurrents. Notamment, le régulateur a noté qu'après le démarrage de l'abus de position dominante, c'est à dire quand Google Shopping a trusté le haut de la première page du moteur de recherche, le trafic du comparateur du californien a été multiplié par 45 au Royaume-Uni ou par 35 en Allemagne. A la suite des rétrogradations, les moteurs concurrents ont enregistré des chutes spectaculaires, de l'ordre de 85% au Royaume-Uni et jusqu'à 92% en Allemagne. Certains concurrents se sont adaptés par la suite et sont parvenus à regagner une part du trafic, mais jamais la totalité.

Android et AdSense toujours dans le collimateur

La Commission traque Google depuis plusieurs années. La procédure avait été ouverte en novembre 2010 concernant le traitement favorable réservé par le groupe américain à son propre service de comparaison de prix. Puis l'enquête a porté sur les restrictions imposées aux sites tiers concernant les publicités contextuelles de la concurrence. Le régulateur s'inquiétait également du traitement favorable que réservait la société, dans les résultats de recherche générale, à ses autres services de recherche spécialisée, et s'alarmait de la pratique du "scraping" (extraction du contenu web des concurrents) et des restrictions indues appliquées aux publicitaires. Google n'en a pas fini avec Bruxelles. La Commission enquête toujours sur le système d'exploitation Android et sur AdSense, qui permettrait à l'américain de protéger sa position dominante dans la publicité contextuelle en ligne. Le montant global de l'amende pourrait ainsi encore enfler.

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