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Bourse : le yuan envoie LVMH, Peugeot et ArcelorMittal au tapis

Bourse : le yuan envoie LVMH, Peugeot et ArcelorMittal au tapis

La Banque populaire de Chine a continué à laisser filer le yuan ce matin, après avoir déprécié hier sa monnaie de 1,9%...

Bourse : le yuan envoie LVMH, Peugeot et ArcelorMittal au tapis
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Banque populaire de Chine a continué à laisser filer le yuan ce mercredi matin, après avoir déprécié hier sa monnaie de 1,9%... On ne peut pas vraiment parler d'une seconde dévaluation volontaire, même si objectivement le résultat est à peu près le même : le yuan a glissé de 3,5% en deux jours face au dollar. A la Bourse de Paris, l'automobile, le luxe et les matières premières piquent encore du nez...

Dévaluation ou pas ?

La banque centrale avait hier fixé le taux de change de référence à 6,2298 contre 6,1162 la veille, en cherchant explicitement à affaiblir sa monnaie. Mais le prix de clôture du 11 août a atteint 6,3231 sur le marché, si bien qu'il était déjà 1,5% plus élevé que le cours pivot. En fixant ce matin son taux de référence à 6,3306, la Banque Populaire de Chine n'a fait que déterminer une marge de 0,1% sur le cours de la veille, mais qui correspond à un décalage de 1,6% sur le cours de référence de mardi matin. Aujourd'hui, le yuan s'est d'ailleurs affaibli jusqu'à 6,4465 face au dollar, soit un décalage de 5,4% par rapport au cours de référence du lundi 10 août !

La rapidité de la remontée du dollar n'a pas laissé la banque centrale chinoise insensible. Elle a publié une de ses fameuses notes pédagogiques qui explique notamment qu'il est clair que sous ce régime de taux de change flottant encadré, la fluctuation du cours de référence du renminbi est normale, en ce qu'elle reflète non seulement une meilleure prise en compte des évolutions du marché, mais aussi le rôle clef joué par l'offre et la demande dans la formation des taux de change. Vous ne rêvez pas, vous êtes bien en Chine. La banque centrale pense qu'une période d'ajustement sera nécessaire pour calmer la volatilité, avant que les parités de change ne convergent vers une zone raisonnablement stable.

Des conséquences tous azimuts

La baisse du yuan n'est probablement pas encore terminée, estime François Duhen, du CM-CIC Securities, dans une note à ses clients. Cela devrait continuer à avoir des conséquences sur la compétitivité relative entre les pays et sur le maintien de la pression sur les prix des matières premières. De surcroît, selon le spécialiste, cela complique la tâche des banques centrales aussi bien des pays émergents que des pays développés, dans leurs politiques monétaires. Enfin, cela pose des problèmes de valorisation des marchés actions, notamment pour les pays réalisant des profits élevés dans ces pays.

Luxe, Auto, Matières Premières, le trio à éviter

Le marché action français, parlons-en... Hier, LVMH, Peugeot et consorts, tous exposés à la Chine, ont volé en éclats. Un peu trop, selon François Duhen, qui juge que leur plongeon correspond à une dévaluation plus forte que ce qui est en train de se produire. Berenberg pense que la situation est légèrement négative pour le secteur du luxe. Les sociétés les plus exposées sont les suisses Swatch et Richemont, selon le bureau d'études allemand, qui rappelle que les dernières données sur le marché chinois étaient faibles et que les ventes les plus dynamiques proviennent des touristes chinois à l'étranger. La dévaluation pourrait donc avoir un impact négatif sur le tourisme, explique l'analyste, qui pense malgré tout que cela ne suffira pas à compenser les bienfaits de l'affaiblissement de l'euro ces derniers mois. À terme, dans la mesure où la dévaluation est destinée à relancer l'exportation et donc la croissance, elle pourrait également avoir un impact positif sur la demande en provenance des consommateurs chinois...

Le luxe et l'automobile sont bien les secteurs les plus exposés à la volatilité du yuan, précise de son côté Kepler Cheuvreux ce matin. D'ailleurs, les dossiers les plus attaqués de la veille à Paris sont encore aux premières loges ce matin. Peugeot, Valeo et Faurecia chutent de -2,5 à -3% dans les premiers échanges, tandis que LVMH, sa maison-mère Christian Dior et Hermès International abandonnent environ -2%. L'autre compartiment en difficultés est celui des matières premières, dont les représentants se font rares à Paris. Le groupe minier Eramet n'en perd pas moins -2,7%, après -3,2% de repli la veille. Pour ArcelorMittal, à la fois aciériste et groupe minier, la facture atteint -3,1% ce matin, à peine moins lourde que la veille (-4,5%).

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